Plein les poches pour pas un rond (ou presque)

Ces derniers mois, j'ai fait quelques achats de miniatures. Plutôt que de vous montrer chaque véhicule, un par un, les voici tous ensemble !
A l'aéroport de Munich, j'avais du temps à tuer avant de prendre mon vol pour Paris. Alors pourquoi ne pas faire un peu de lèche-vitrine ? A la boutique du Deutsche Museum, il y avait plusieurs camions de pompiers au 1/43e.
Ils sont commercialisés par Lucky Die-Cast, ce fabricant Chinois au catalogue très générique (Américaines des années 50, Cox, Combi VW, Jaguar Type E...) propose toute une série de camions de pompiers des années 60. Des véhicules d'un beau rouge vif, avec de belles chromes. J'ai hésité entre un Mercedes-Benz et un Magirus-Deutz pour finalement m'offrir ce Magirus-Deutz 150D 10F TFL16 de 1964.

Magirus-Deutz est un vieux fabricant de camions. En 1866, un pompier d'Ulm, Conrad Magirus, inventait la grande échelle ; une échelle pliable, montée sur un calèche. Le véhicule servait de support, ce qui permettait d'intervenir avec davantage de sécurité, à une époque où l'on construisait des immeubles toujours plus hauts.
Les fils du fondateurs prirent le relais et en 1910, ils créent leur premier camion de pompiers. En 1936, Klöckner-Humbolt-Deutz (KHD), le roi du moteur industriel, racheta Magirus. Grâce à cela, il devint un constructeur de camions à part entière. La belle époque, ce fut les années 50-60. Mais, KHD était un groupe très diversifié et surtout, trop germano-germanique. Quant à Magirus-Deutz, il manqua le virage des semi-remorques. Il se tourna vers Fiat pour des cabines, avant de participer au projet "club des quatre". En 1974, Fiat, qui souhaitait se développer en Europe du Nord, racheta Magirus-Deutz. En 1980, la marque fut fondu dans Iveco. Le constructeur vendit son outil industriel à l'URSS. La marque resta un temps, mais uniquement pour rebadger des Iveco sur le marché allemand. Depuis, Magirus s'est concentré sur la construction de camions de pompiers (y compris sur des base autre qu'Iveco.)
Mon gros problèmes, en matières de miniatures, c'est que j'ai tendance à être un acheteur compulsif. J'achète de tout, sans me focaliser sur une époque ou un type de véhicule. A la longue, les modèles au 1/18e, au 1/24e et même au 1/43e finissent par prendre de la place... Alors désormais, j'ai tendance à me concentrer sur les petites échelles, notamment les "two inches".

Hot Wheels propose de tout, depuis les véhicules fantaisistes pour enfants, jusqu'à des modèles plus finement réalisés, comme cette Porsche 917 "Gulf". Elle rejoint deux autres "Gulf" : une McLaren F1 GTR et une Ford GT.
Je trouve que l'on en fait beaucoup autour de la 917 et de Gulf. Certes, c'était un beau boulot d'ingénieur, mais elle était loin d'être parfaite. La saison 1969 fut d'ailleurs catastrophique. En 1970, avec l'arrivée de la 917K, Porsche connu enfin les podiums. Il faut dire qu'à l'époque, Ferrari traversait une crise. La Scuderia se faisait dominer en F1 par les voitures à moteur Cosworth et Enzo Ferrari négociait une revente partielle à Fiat. La marque manquait de moyens pour développer la 512S. Quant à Matra, il était encore trop vert. En 1971, l'ACI avait annoncé un nouveau règlement pour 1972. Ferrari et Matra choisirent d'attendre. Porsche disposait d'une armada et la 917 se balada.
Au début des années 70, Porsche n'était encore qu'un ETI. L'entreprise sut tirer parti de l'arrivée de sponsors, comme Gulf ou le comte Rossi, qui jouèrent les mécènes. Porsche avait également compris l'intérêt des médias et de l'image. Helmut Marko embarqua une caméra lors des essais des 24 heures du Mans 1971. Et il y eu bien sûr le film Le Mans, où Porsche fournit des voitures. Le constructeur arriva à maximiser le battage autour de la 917.
On reste dans le "two inches" avec Norev. Le fabricant Français a opté pour une approche très "collection" avec de vraies boites (et non des blisters) et des modèles plutôt finement réalisées. Cette Citroën SM est digne de certaines créations au 1/43e.

Je ne suis pas particulièrement un nostalgique des années 70. Je suis davantage nostalgique de la créativité des années 70. Les constructeurs tâtonnaient. D'où cette idée folle, d'une espèce de super-DS avec un V6 Maserati, entrainant les roues avants. Sans oublier la direction à assistance variable et bien sûr, les suspension hydropneumatiques. Des technologies innovantes. Mais en cas de panne, c'était un vrai cauchemar avec un capot rempli à ras-bord...
La crise de 1973 et les problèmes économiques de Citroën et de Maserati plombèrent le développement de la SM. Elle resta une voiture inachevée. Quant à la CX, elle traina une image de "sous-SM" (faute de V6.) Elle aurait du être le fleuron d'un Citroën ambitieux ; elle fut la danseuse d'un Citroën complètement autiste.

Parmi toutes les Citroën, c'est sans conteste ma préférée. Je rêverais de conduire une SM. Néanmoins, elles sont devenues très rares. Cela fait des années que je n'en ai pas vu une dans la rue...
Pour finir, on va dans le minuscule avec ces deux Français à l'échelle HO ! Norev commercialise cette Alpine A310 V6 et cette Matra Bagheera. Une époque, mais deux constructeurs dans deux directions opposées.

Avec l'A310, Alpine tentait de parachever sa mutation en constructeur, alors qu'à l'origine, il était davantage un assembleur. Le V6, c'était également une montée en gamme. A la fin des années 70, l'heure n'était plus aux 1300, voire aux 1600. Après tout, la "petite" Porsche 924 avait un 2l.
Quelques années plus tôt, la Bagheera remplaçait la 530. Au milieu des années 70, Matra devait faire face au déclin de Simca. La marque avait quitté les 24 heures du Mans ; son projet F1 fut longtemps une Arlésienne. Faute de V6 ou de V8 chez Simca, Matra avait songé à coller deux blocs 4 cylindres pour créer un U8. Mais la crise du pétrole torpilla l'idée. Le constructeur se relança avec le Rancho, abandonnant les coupés...

Commentaires

Articles les plus consultés