Ferrari Hublot Esports Series


J’ai été invité à une e-conférence Ferrari. J’ai beau de pas être un tifoso, cela me fait toujours quelque chose, de recevoir un e-mail de Ferrari. Comme d'habitude, j’ai cliqué sur j’accepte, avant même de voir de quoi la conférence parlait !

Et pour la première fois, c'est à Joest F1 que le mail a été envoyé ! Ferrari apprécie Joest F1 !

Le jour J, Ferrari nous présente sa nouveauté esport, en direct du musée de Maranello.
Je devais y organiser une visite cette année, avec un groupe de riches Chinois. Encore un projet tombé à l'eau.

En attendant, c'est le plus près que je n'en sois jamais été.

L’actualité du jour, c’est le lancement de la Ferrari Hublot Esports Series. Des gamers pourront s’affronter au volant de Ferrari 488 Challenge Evo virtuelles, sur Assetto Corsa. Le championnat sera ouvert aux pro et aux amateurs. Les amateurs devront avoir plus de 18 ans. Le meilleur amateur affrontera les pros. Le vainqueur absolu sera intégré à la Ferrari Driver Academy Esports Team.

Voilà, c’est tout.

Ferrari est relativement nouveau dans l’esport. Il a lancé sa Ferrari Driver Academy Esports Team sus-citée, l’an dernier. David Tonizza remportant le championnat F1 Esports Pro-Series.

Curieusement, Tonizza était absent. Il aurait pourtant pu montrer concrètement ce que Ferrari a apporté à l'esport.

La vedette américaine du jour, c’est Charles Leclerc, en duplex depuis chez lui. Il est ambassadeur de la Ferrari Hublot Esports Series. A 22 ans, il dispute sa deuxième saison avec Ferrari (et sa troisième saison de F1.) Il s’est déjà imposé deux fois et il a poussé son quadruple champion du monde d’équipier vers la sortie. Derrière un volant, c’est probablement l’un des trois ou quatre meilleurs pilotes de la F1 actuelle. Par contre, en communication, c’est zéro. Certes, il porte bien en évidence sa montre Hublot (sponsor-titre de la Ferrari Driver Academy Esports Team.) Mais le discours est monocorde, le visage crispé. Un boulot digne d’un poulain de Timo Jouhki !

Trêve de plaisanterie, l’esport, c’est un tournant historique pour le marketing de Ferrari et des constructeurs de GT, en général. Faisons un peu d’historique. Pendant longtemps, les constructeurs ont dédaigné, voire méprisé, les jeux vidéo. Par exemple, la voiture d’Out Run, tout le monde savait que c’était une Testarossa cabriolet. Mais Ferrari se contenta de protester mollement auprès de Sega. Vers le milieu des années 90, les constructeurs réalisèrent que les licences (jouet, textile, jeux vidéo…) représentaient une source de revenus supplémentaire. Néanmoins, ils avaient une approche purement financière. Les budgets restants constants, les licences grevaient le développement des jeux. Vous aviez ainsi d’un côté des jeux pas mal, mais avec des voitures ne ressemblant à rien (comme Ridge Racer ou Screamer) et de l’autre, des jeux pas terribles, mais avec des licences officielles. Ferrari se perdant ainsi dans la plateforme Vodafone Live. Puis on vit l’émergence de mastodontes du jeu. Polyphony (Sony) et Studio 10 (Microsoft) avaient les moyens de dicter leurs lois aux constructeurs. Surtout, c’étaient l’aube de l’esport. La Gran Turismo Academy avait vocation à transformer des gamers en pilotes professionnels. Lucas Ordoñez et Jann Mardenborough en ont été les révélations. Depuis, il y a eu Igor Fraga. Tandis que des pilotes de F1 comme Max Verstappen ou Lando Norris aiment jouer entre deux Grand Prix. Les jeux vidéo sont devenus incontournables, y compris dans le monde du sport auto.
L’esports, c’est l'un des moyens de communiquer vis-à-vis d’une population de 15-25 ans, qui est en permanence connectée. Une population qui ne visite pas les salons de l’auto et ne suit pas les médias traditionnels. Les influenceurs sont à la recherche de marqueurs de richesse ; c’est l’école Kim Kardashian : le luxe doit être opulent et bien visible, car la gloire y est éphémère. C'est donc une clientèle potentielle. Porsche, McLaren, Ferrari et Bugatti se battraient presque pour capter l’attention des « rich kids of Instagram ».
Aussi, il y a l’idée du long terme. Aujourd’hui, combien d’acheteurs de Ferrari un peu grisonnant, se remémorent qui un poster au-dessus du lit, qui une miniature qu’ils chérissaient. Et ils s’étaient promis d’en acheter une, un jour. Comme disait Robert Goddard : "Il est bien difficile de définir ce qui est impossible, car le rêve d'hier devient l'espoir d'aujourd'hui et la réalité de demain." Ainsi, le gamer d’aujourd’hui sera donc peut-être un acheteur, après-demain…

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