mercredi 2 juillet 2014

Une Lotus sur l'A86

Une autre voiture capturée durant les bouchons ! Une jolie Lotus Elise (NDLA : en existe-t-il des moches ?)
noire.

Ah, Lotus... Pour comprendre la situation d'un constructeur, il faut souvent aborder l'angle financier. C'est assez basique : recettes (donc ventes de voitures) et dépenses. Du temps de Dany Bahar, on a bien vu que le poste "dépense" a explosé. Alors que les constructeurs vendait moins de voitures qu'avant. Si ça avait été des investissements, ça aurait été justifié. Mais Bahar a voulu faire du clinquant et aller au plus vite. Par exemple, au lieu de créer un véritable département compétition "usine", il a posé des autocollants "Lotus" partout (F1, endurance, Indycar, F3 allemande, GP3...) Il n'y avait aucune stratégie globale ; aucune cohérence. Donc forcément, ça n'allait nul part. Sans avoir d'espions, on pouvait facilement deviner que tôt ou tard, l'argent allait manquer...
Jaguar-Land Rover ? Héritage de Ford oblige, ils utilisaient nombres de composants de l'ovale bleu (moteurs, plateformes...) Ce qui leur pendait au nez, c'était que Ford décide de couper le robinet. Donc, ils se mettre à fabriquer leurs propres moteurs, leurs propres plateformes, etc. Mais les volumes de JLR étaient insuffisants. Solution : croitre en élargissant la gamme. A l'arrivée, ça fait beaucoup d'investissements. Pour les financer, il faut des crédits. JLR se retrouve sur une corde raide : ils faut qu'ils doublent leurs ventes (au moins) pour couvrir les dépenses. Aucun droit à l'erreur. Si la future XE est un flop façon X-Type, JLR aura un gros trou sur son compte. Et Tata, contrairement à Ford, n'a pas les moyens d'éponger l'ardoise...
Caterham est une petite entreprise. Tony Fernandes n'a pas fait de folie "baharesque". Il a surtout fait des investissements. Il faut se souvenir que Caterham était un artisan, qui vendait des voitures à ceux qui voulaient en acheter. Il a fallu le doter d'un bureau d'études, d'un vrai service export... C'est une opération sur le long terme. Concevoir un nouveau modèle demande des moyens énormes et constants. L'échec de l'alliance avec Alpine/Renault le coupe d'un moyen de partager les coûts (ainsi que d'une banque d'organes.) Ce qui semblait logique, c'est que Fernandes en aurait marre de faire des chèques, en attendant un hypothétique retour sur investissement. Le premier à en faire les frais, c'est la F1. L'abnégation n'a pas payé : Caterham F1 est englué en fond de grille, avec 0 point. Sauf erreur, c'est la plus malchanceuse des équipes de F1 (après Coloni ?) Quoi qu'il en soit, c'était évident que Fernandes allait vendre. A qui ? Moi, j'aurais bien vu Tommy Suharto. Ces derniers mois, le fils du dictateur indonésien déchu s'est attelé à mettre sur pied une équipe indonésien en Formula Masters China et à ressusciter Sentul. Comme par hasard, Ryo Haryanto obtient un "vendredi" au Grand Prix de Grande-Bretagne (où Caterham devait officialiser son nouvel acquéreur.) Mais non, finalement, c'est d'obscures businessmen menés par Christijan Albers et Collin Kolles. En d'autres temps, ils avaient été les pierres angulaires de Spyker F1. Là, le nom de "Caterham F1" devrait être préservé... Jusqu'à la fin de saison (impossible de changer un nom d'écurie en court de route.) A suivre...

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