samedi 23 septembre 2017

Mise au point post-francfortoise sur l'électrique...

Les voitures électriques, j'en parle régulièrement. De plus, je vais régulièrement prendre le pouls des professionnels. Donc, je sais (à peu près) de quoi je parle.

L'un des thèmes à retenir du salon de Francfort, c'est que l'électrique était omniprésent. Avec beaucoup d'annonces, quelques prototypes... Mais aucun véhicule de série.
Parmi les annonces, il faut bien distinguer celles du types "dans 5 ans, toute notre gamme sera déclinée en électrique et en hybrides" (Jaguar, Volkswagen, Volvo...) et celles disant "en 2030, on ne produira plus aucun véhicule thermique" (ce qu'aucun constructeur n'a dit.)

L'annonce 1) signifie simplement que demain, chaque véhicule sera décliné en hybride ou en électrique. Les modèles essence et diesel resteront au catalogue. Mitsubishi nous promettait déjà cela en 2011. La SpaceStar électrique et le Pajero hybride, on les attend encore...
a) La norme Euro 6c sera très contraignante, avec un cycle d'homologation plus "réaliste". De plus, la communauté européenne impose une moyenne des émissions à 98g de CO2 par constructeurs. Avec de l'électrique, on fait baisser la moyenne, quand bien même on en vend 10 par an... D'où cette envie d'électrifier les gammes.
b) Le dieselgate et les annonces type vignette crit'air ont été autant de coups durs pour le diesel. En Grande-Bretagne, un gros quart des possesseurs de diesel s'est promis de ne pas racheter un diesel. Un autre gros quart hésite. L'avenir à court-terme, ça sera des petits moteurs équipés de turbo et d'un super-stop&start, qui fonctionnera quasiment comme un moteur électrique auxiliaire (mais en basse-tension.) De quoi pouvoir accéder aux centre-ville.
c) L'électrique progresse. Les téléphones portables servent d'accélérateur sur les recherches concernant les batteries. Non seulement elles ont plus d'autonomie, moins "d'effet mémoire", elles sont plus légères, moins chères... Et plus stables (la leçon des incendies de Samsung Galaxy Note 7 a été retenue.) Après, bien sûr, on parle de quelques pourcents de progrès. Mais les 100km en utilisation réelle ne sont plus inatteignables.
d) Cette année, il se vend environ 10 000 voitures électriques par mois en Europe, c'est 30% de mieux qu'en 2016... Mais ça ne représente que 1% des ventes totales de voitures particulières. Et encore, si on enlevait les flottes et les voitures de direction, il ne resterait plus grand chose. Dire qu'avec la Zoe, Renault tablait sur 100 000 ventes par an... La plupart des constructeurs (généralistes et premium) avait un "plan électrique" vers 2010-2015. Renault est celui qui a été le plus loin et ça lui a couté très cher (y compris politiquement, au sein de l'Alliance.) Ils sont tous un peu échaudés. Néanmoins, Tesla fait un carton. Aujourd'hui, le premium US qui fait rêver, ce n'est plus Cadillac ou Lincoln, c'est Tesla ! Demain, Byd, Detroit Electric et l'un des 1001 constructeurs chinois d'électrique (dont au moins 1000 n'ont plus donné de nouvelles ces derniers mois...) pourraient débarquer. Les constructeurs ne peuvent pas attendre les bras croisés que des nouveaux venus s'installent dans l'électrique et verrouillent le marché...

Le cas 2), ce sont essentiellement des politiciens qui déclarent qu'en 2030, ils chasseront les voitures thermiques de leur contrée. Pour l'instant, aucune loi n'a été votée. Les mandats électoraux ne vont pas aussi loin et les politiciens ont beau jeu de faire de telles annonces. Demain, on rase gratis...
a) 2030, c'est loin et c'est proche. C'est aussi proche que 2004. 2004, c'était hier, non ? Sauf que la planète automobile était très différente. GM était un grand groupe mondialisé disposant d'une vingtaine de marques. Ford possédait PAG, son pole luxe (Aston Martin, Jaguar, Land Rover et Volvo.) Volkswagen était le roi du pétrole avec ses TDI. C'était l'apogée des monospaces compacts ; la plupart des constructeurs n'avaient pas de SUV à leur catalogue. Personne n'avait entendu parler de Tata, Mahindra ou Geely (à part les pervers qui lisent le "tour du monde de l'insolite"...) Bref, l'air de rien, ça n'avait rien à voir avec la situation actuelle. Bien malin, qui, en 2004, pouvait prévoir la situation de 2017. Les constructeurs payent cher des analystes pour anticiper. Néanmoins, ces analystes doivent faire face à des facteurs macro-économiques et culturels difficile à anticiper. Donc, du tout-électrique en 2030, pourquoi pas ?
b) On nous promet éternellement une "vague" d'adoption de l'électrique. Le diesel a décollé suite au choc pétrolier de 1973. Quelle sera l'étincelle de l'électrique ? Aura-t-elle lieu en 2018 ? 2020 ? 2025 ?
c) L'électrique pourrait profondément redessiner les paysages. Il faudrait des bornes de recharges partout, bien sûr. Mais aussi, les stations services disparaitraient. Avec elles, les camions-citernes et les raffineries. Les voitures électriques n'ont ni pot d'échappement, ni parties à vidanger : ça serait la fin des centres autos. Et à quoi serviraient les autoroutes s'il n'y a plus de voitures capables de faire de longues distances ? Le trafic autoroutier s'effondrerait ; terminées, les grandes migrations estivales. Et ainsi de suite. L'enjeu est de taille. Et beaucoup d'acteurs se retrouvent impliqués. D'où de grandes incantations...

Voilà, j'espère que vous y voyez plus clair...

mardi 19 septembre 2017

Voitures Chinoises : c'est signé !

Enfin du neuf sur mon livre consacré aux voitures Chinoises ! Depuis la mise en page, j'essayais de convaincre un éditeur. Ca y est, c'est officiellement officiel, les éditions Complicité vont publier mon livre ! Prochaine étape : le bon à tirer...

Reid Hoffman (le fondateur de Linkedin) a déclaré qu'un entrepreneur, c'est quelqu'un qui saute d'une falaise et se crée un parachute durant la descente.
Moi, en juillet 2015, je me suis jeté d'une falaise avec un parasol. Je pensais que j'allais me débrouiller tout seul. J'ai eu la chance d'être rejoint par des gens et des gens qui m'ont présenté d'autres gens. Parfois, ça s'est mal passé et il a fallu dire stop. Mais souvent, ça a permis de transformer mon fichier Word en véritable livre. Je remercie donc toutes ces personnes qui m'ont aidé à construire mon parachute. Y compris celles avec qui ça s'est mal passé.

vendredi 15 septembre 2017

Another break...

Le titre est une référence à Another brick de Fake. Le clip (à voir ici) est un gros moment de n'importe quoi. Apparemment, le groupe avait implosé quand le 45t est sorti. La production a embauché trois personnes, qui ont assuré la promo. Le chanteur est un Breton. La chanteuse originelle avait un profil de radio, d'où celle-ci, avec son regard de merlan frit. Le clavier (qui a une guitare !) est par contre un membre du groupe. En même temps, quand on s'appelle "Fake", on ne va pas faire de l'authentique... Le tout avec les figures imposées du début des années 80 que sont les costumes affreux, les teintures affreuses et les effets stroboscopiques ridicules... Dans le genre très 80s, il y a Shout de Tears for Fears (à voir ici.) Avec un Roland Orzabal qui en fait des tonnes devant la caméra (euphémisme.)

Another brick est sorti en 1985. Du haut de mes 6 ans, j'avais un anglais très limité et ma grande-sœur (qui avait 9 ans) faisait guère mieux. En prime, avec le son mono de la TV (couleur !) JVC, ça avait tendance à saturer... Donc, de ce qu'on avait compris, ils se plaignaient des breaks. Je pensais que tout le monde parlait tout le temps de voiture, comme moi. Que les Rita Mitsouko disaient que c'est la mode, qui a tué Mazda. Ou que Money for nothing, c'est Datsun way to do it...

L'autre jour, dans Paris, j'ai croisé deux breaks de poche. La première, c'est une Subaru Justy J2X. La Justy originelle était l'ultime avatar d'une lignée de citadines Subaru. En 1994, le constructeur à la constellation décida de faire des Suzuki maladroitement rebadgées. La Justy était une Swift. L'importateur français, dans un souci de cohérence, ne proposait que les versions 4WD. En 2004, c'était cette fois l'Ignis qui prit le relais, avec "Justy J2X". Celle-ci est immatriculée en Suisse. Emil Frey y possédait une force de frappe suffisamment importante pour séduire les Suisses. Alors qu'en France, personne n'en voulait. De mémoire, l'importateur allemand avait osé une Justy J2X aux couleurs STI...
Notez qu'ensuite, Subaru et Suzuki arrêtèrent leurs collaborations (même si les liens capitalistiques durèrent jusqu'en 2016.) Toyota étant à la barre, la Justy devint une Daihatsu Sirion. Puis ce fut la Trezia. Notez qu'au Japon, la Justy est revenue depuis peu, sous la forme d'une Daihatsu Thor rebadgée. Mais là, Emil Frey a semble-t-il décidé d'arrêter les conneries.
Autre break gris, une 500 Giardiniera. Fiat ou Autobianchi ? A l'avant, il y a un trou à l'endroit du logo...

mercredi 13 septembre 2017

La Citroën E-Mehari "designed by Courrèges" à la Paris Design Week

L'automobile vit une période troublée. Le "c'est quand qu'on va où ?" Le diesel est carbonisé depuis l'affaire du "dieselgate". Mais à la place, on met quoi ? Des 3-cylindres turbo essence à la fiabilité très incertaine ? Des électriques dont personne ne veut ? Les SUV arrivent en fin de cycle ; le marché est saturé. Mais par quoi on les remplace ? Quelle est la mission d'un généraliste, alors que les différenciations en terme de gammes, de positionnement prix et de design disparaissent ? Les grands salons ne font plus rêver. A Paris, les organisateurs avaient tous les prétextes du monde pour expliquer que la fréquentation augmente parce qu'elle baisse. Francfort s'ouvre avec des défections et je parie que la fréquentation sera à la baisse. Pour aller chercher des clients, il faut chercher des salons correspondants à son "univers". Ainsi, Mazda est présent à Jardins Jardin et Citroën s'invite à la galerie Joseph, dans le cadre de la Paris Design Week. On est dans le porte à porte.
Face aux incertitudes, les constructeurs ont tendance à aller vers des valeurs sûres. L'une des valeurs sûres, c'est le passé. Le nom de l'E-Mehari fait référence à la fameuse Mehari des années 60. Même si les deux voitures n'ont pas grand chose à voir. L'E-Mehari n'est qu'une Bluecar/Autolib recarrossée.

Et puis, il y a Courrèges... Les plus vieux se souviennent des Matra Bagherra Courrèges. Dans les années 80, Courrèges s'était associé à Santana pour un Samourai très kitsch (peinture argent, graphics latéraux et pare-buffle.) Coqueline Courrèges, l'épouse d'Yves Courrèges, avait fait construire des voitures électriques.
L'association avec l'E-Mehari est donc légitime.
Le premium, c'est une autre valeur sûre. Avec cette sellerie blanche  et cet intérieur noir, l'E-Mehari fait moins "plastique" que d'ordinaire. 61 exemplaires seront construits. Notez que le hard-top est fixe. Par ailleurs, elle inaugure de nouveaux sièges, ce qui montre que Citroën et Bolloré poursuivent le développement de l'E-Mehari.

Après, je ne sais pas si Citroën s'est vraiment trouvé des clients. La galerie se trouve au fond d'une cour et dans la rue, rien n'indiquait que l'E-Mehari était là. Sur place, point de catalogue ou de brochure. Il y avait un groupe d'hipsters, un mec qui connaissait à peu près la voiture et un autre mec et une fille qui avaient l'air d'une poule ayant trouvé un couteau. Leurs questions à "l'expert" étaient effarantes. Par exemple : "C'est une Autolib ? Donc on peut la prendre à la borne ? Ca se loue à l'heure ? "

lundi 11 septembre 2017

Reims-Gueux

Après avoir assisté à la naissance de la première RWB made in France, pas question de rentrer comme ça à Paris ! Je me suis offert un détour de 10km par le circuit de Reims-Gueux. RWB France s'y est rendu le lendemain pour y faire des photos.

Reims-Gueux, c'était un circuit typique de l'entre-deux guerre : trois départementales de rase-campagne fermées à la circulation, le temps d'un meeting. De toute façon, vu la circulation de l'époque... Avant la première guerre mondiale, les circuits fermés étaient très long; c'étaient presque des spéciales de rallye. Là, on commençait à parler temps au tour, trajectoire, qualifications... Accessoirement, avec un circuit plus court, les voitures passaient davantage devant le public. Donc, cela justifiait de le faire payer pour assister au spectacle...
De l'histoire de Reims, on retiendra le Grand Prix de l'ACF 1938, l'une des grandes victoires de Manfred von Brausicht (sur Mercedes.) Cet aristocrate, issue d'une grande famille allemande avait une haute opinion de lui-même. Après un long purgatoire, il connu une deuxième jeunesse dans les années 90. Mercedes l'avait embauché en tant qu'ultime témoin des flèches d'argent des années 30, à l'heure où la marque renouait avec la F1.
10 ans plus tard, Jean-Pierre Wimille remportait le Grand Prix de l'ACF sur Alfa-Romeo. Ancien résistant et familier des podiums de l'immédiat après-guerre, c'était un héros en devenir. Hélas, l'ACF fut la dernière ligne de son palmarès ; il se tua quelques mois plus tard à Buenos Aires.
En 1952, le Grand Prix de l'ACF était à Rouen. Reims ressuscita le Grand Prix de la Marne. Jean Behra s'y imposa sur Gordini.
Reims, c'était aussi l'endurance. Après un flop aux 24 heures du Mans 1954, la Jaguar Type D y remporta son premier vrai succès. Peter Whitehead et Ken Wharton se sont relayés à son volant.
A partir de la fin des années 50, les Grand Prix de l'ACF se firent plus rares à Reims. En 1961, Giancarlo Baghetti, cobaye de Ferrari, s'imposa pour son tout premier Grand Prix ! En fait, la route était couverte de gravillons, qui venaient obstruer les radiateurs des F1 1,5l, collées au ras du sol. Baghetti profita surtout des abandons des têtes d'affiches.
En 1965, Jean-Pierre Beltoise remporta la course de F3. Le premier succès d'un Français à Reims depuis Behra. Le premier succès de Matra. Le début d'une grande aventure...
En 1967, Guy Ligier et Jo Schlesser remportèrent les 12 heures de Reims avec une Ford GT40. Ce fut la dernière course "internationale" du circuit.
Il y eu un ultime meeting auto en 1969. Alain Cudini s'imposa dans la Coupe R8 Gordini et François Cevert, en F2...
Contrairement à Montlhéry ou Rouen, Reims n'a pas passé le cap des années 70. Je suis sûr que pour Cevert et Cudini, c'était un anachronisme, plus du tout adapté aux voitures des années 60. Les bâtiments, en béton, ont été longtemps livrés à la végétation.

J'ai pu à peu près faire un tour du circuit (sachant que certaines parties ont été démolies.) Depuis quelques années, l'association des Amis du Circuit de Gueux restaure les bâtiments. Un travail remarquable. Il pleuvait et il allait bientôt faire nuit. Mon exploration du site fut donc limitée.

Ce qui me chagrine, c'est qu'en France, le paysage des circuits automobile reste figé. Depuis 20 ans et le Paul Ricard nouvelle formule, on n'a plus construit de circuit de compétition. Il y a eu de nouvelles pistes, comme La Ferté-Gaucher ou Les Ecuyers, mais elles ne peuvent accueillir des courses. D'ailleurs, Magny-Cours n'a quasiment plus de compétitions modernes. Le circuit de Couvron, j'y croirai quand je le verrai ! A Reims, il y avait une entente cordiale entre ruraux, pouvoirs locaux et promoteurs. Aujourd'hui, dès que vous parlez de vitesse, une "association de riverains" rapplique et le maire se rétracte. Et vous avez des querelles de chapelles. Reims et Rouen avaient su se partager le Grand Prix de l'ACF. Alors que de nos jours, entre le Paul Ricard, Magny-Cours et Le Mans, chacun dépose des mines sous les pas de l'autre... Les Britanniques, les Allemands ou les Américains ont su dire "stop, à force de se faire la guerre entre nous, on ruine notre sport auto." Mais en France, c'est bien connu, chacun est plus malin que les autres !

dimanche 10 septembre 2017

RWB France : j'étais là !


RWB. Je crois que c'était Facebook qui m'avait proposé un lien vers un article sur RWB. J'ai découvert ce préparateur japonais de Porsche 911 et son patron un peu barré. Le sujet était intéressant, mais les photos avaient des watermarks. Ce n'est que quelques mois plus tard que j'ai enfin pu réunir des infos et des images libres de droit. Ca a donné cet article.
Alors lorsque j'ai appris qu'une franchise allait ouvrir à Reims, en présence du fondateur de RWB, j'ai foncé !

RWB France ? Akira Nakai a beau avoir une case en moins, il a le sens du business. Ses premières 911 n'étaient pas homologuées route. Ensuite, il a eu des clients hors du Japon. Alors il a essaimé à travers le monde. Chaque nouvel entrant devant se faire coopter. Les premiers franchisés étaient un peu marginaux, comme lui. Mais forcément, avec des cooptés de cooptés, on en est arrivé à des marchands du temple. Je suis sûr que dans quelques années, on verra débarquer des 911 RWB chez Barrett-Jackson, puis chez ArtCurial...
Des préparateurs de Porsche, il y en a toujours eu. En France, on a eu Louis Meznarie, puis les frères Alméras. La particularité des RWB, c'est qu'il ne prépare que des 911 refroidies par air (donc jusqu'à la 993.) Et surtout, il y a le taulier...

J'étais frébrile lorsque je me suis présenté (en japonais, s'il vous plait.) Nakai-san était comme je l'imaginais. Affalé sur son fauteuil, le cheveux hursute, habillé comme un skater des années 90, les mains noires, devant un amas d'outils, de paquets de clopes et de bouteilles vides. Il se lève sans préavis, bricole un truc que les autres n'avaient pas vu, puis il se rassoit. Là, il ouvre une noix de coco avec un tournevis (pour en boire le lait) ou bien il pianotte sur son portable. Et de temps en temps, il lâche un aphorisme !
Chose rare, en 2017, il n'a pas d'attaché de presse, il a passé 0 coups de fils et il a signé sans broncher tout et n'importe quoi.
La particularité de la journée, c'est que les portes du garage étaient ouvertes. Il y a avait une bonne cinquantaine de jeunes du coin. Ambiance jogging-casquette et BMW E30 tunée. Des gens qui d'ordinaire sont plutôt bruyants et dissipés... Néanmoins, ce jour-là, on attendait les mouches voler. Ils restaient sagement derrière leurs barrières, commentant par chuchotement les moindres faits et gestes du maître : "Il fouille dans sa caisse à outils. - Wah, je ne l'avais pas vu. - Elle est belle." Et lorsqu'une sonnerie de portable sonne, le fautif se fend d'un "j'te rappelle... J'te rappelle."

On aurait dit une performance d'art contemporain. Et Nakai-san, lui, il semblait dans son monde. La seule chose qui comptait pour lui, c'est que Champagne -la 911 (964) bleue- soit parfaite. Il avait prévu de finir à 17h. L'heure était largement passée, mais personne n'allait lui tirer la manche... Un authentique artiste, dans tous les sens du terme. J'échangerais volontiers des dizaines de "performers" à la noix contre un Nakai-san...
Et vers 19h, il retirait cérémonieusement les stickers. Une des personnes d'Easy Cars Reims (alias RWB France) faisait démarrer la voiture.  Ca y est. Hervé, le patron de RWB pouvait souffler. Apparemment, c'était l'aboutissement de deux années de stress. Même si, sur la photo, il essayait de ne rien laisser transparaitre.

Arigato gozaimasu Nakai-san.

samedi 9 septembre 2017

HYT et Panis Barthez

Pour ma génération, Fabien Barthez, c'est le mythique gardien de but de l'équipe de France championne du monde 1998 et d'Europe en 2000. C'était aussi le Guignol blagueur et ses fameux "Je peux dire une connerie ?" Mais depuis une dizaine d'année, Fabien Barthez est pilote en endurance. Il a monté une équipe avec Olivier Panis, le Panis Barthez Compétition. Depuis les années 90, les fabricants de montres de luxe ont massivement investi dans le sport auto. Et donc, HYT Watches soutient le Panis Barthez Compétition.

Et donc, jeudi dernier, ils dévoilaient une montre aux couleurs de l'équipe, au VIP Room. On reconnait le footballeur-pilote au centre, avec M. HYT (celui qui porte un tee-shirt "Walter".)
A l'extrême-gauche, c'est Timothé Buret. Il avait découvert le sport auto via le VdeV monoplace. En 2015, il s'était essayé à la Pro Mazda. J'avoue qu'avant de voir son nom sur une feuille de classement de Pro Mazda, je ne le connaissais pas. Et il m'a impressionné : une victoire et une 5e place finale. C'était mieux que Florian Latorre, qui débarquait de l'US F2000 et connaissait donc déjà les circuits. Dommage que Buret n'ait pas pu poursuivre. A mon avis, il aurait pu décrocher le titre, en 2016. Dans un monde où Zach Claman de Melo va débuter en Indycar, Buret aurait pu légitimement aller plus haut...
Je suis nettement plus réservé sur Nathanaël Berthon. De 2012 à 2015, il s'est acharné en GP2. Sans doute rêvait-il de F1. Pilote d'essai HRT en 2011, il fut l'un des tout derniers à porter les couleurs de Caterham F1, le temps d'une démonstration à Jérusalem (!) Son bilan en GP2 est d'une victoire et quatre podiums. Je pense qu'il y a perdu son temps et son argent. Sportivement, il aurait mieux fait de traverser l'Atlantique, de s'essayer au DTM ou à la Supercup. Pour moi, Berthon est l'archétype du pilote de GP2/F2. Normalement, si la deuxième année, un pilote n'est pas dans le top 5, sa marge de progression sera faible ensuite. Pourtant, en F2/GP2, ils sont nombreux à persévérer. Sur la grille 2017, avec des pilotes comme Jordan King, Nabil Jeffri, Norman Nato, Sergio Canamasas ou Nicholas Latifi, c'est le principe de Dilbert ! Qu'est-ce que ces pilotes avec deux, trois voire quatre saisons dans le dos espèrent encore ? Artem Markelov joue le titre, mais après quatre saisons, un sacre éventuel ne vaudrait pas grand chose... Si la F2 se veut une discipline d'excellence, elle doit mettre une limite d'âge ou du nombre de saisons de ses pilotes. Tant pis pour les équipes qui font de la location de voitures !
Qui dit soirée parisienne, dit "beautifull people". Comme je ne lis pas la presse pipoles, j'avoue que j'ai de grosses lacunes. Ce couple avait l'air célèbre. Ils se sont fait prendre en photos avec leurs montres. J'ai cru que c'étaient M. et Mme HYT, mais ce n'était pas le cas. Si quelqu'un les reconnait...

Aucune trace de la Ligier JSP217. On aurait été aux Etats-Unis, il y aurait eu un vieux proto aux couleurs de la voiture 2017 et les pilotes auraient passé la soirée à dédicacer des posters... Pour le thème "voitures", il y avait ce Mercedes G63 AMG garé devant la boite de nuit :