Lecture de l'hiver ! Après Hot Rod, voici un second livre de l'hexalogie d'Henry Gregor Felsen : Crash Club. Vous l'aurez deviné, il n'y a pas de Corvette faisant une "chicken race" avec un Ford 32', dans le livre... Néanmoins, il offrait son lot de V8 hurlants, d'hémoglobine et de triangle amoureux !
Hot Rod fut le premier succès d'Henry Gregor Felsen en librairie. C'était moins une pour la famille Felsen : les factures impayées s'accumulaient et le couple attendait un deuxième enfant... A 34 ans, l'auteur pensait sans doute avoir enfin trouvé son public. Tout en signant des bons à titrer pour des rééditions d'Hot Rod, Felsen écrivait deux romans pour ados par an, dont une série sur le scoutisme.
Mais tout ce qui se vendait, c'était
Hot Rod. Donc, bien que détestant
les hot-rods et la culture custom, il écrivit
Street Rod (1953.) Puis il y eu
Fever Heat (1954),
Rag Top (1954) et
Crash Club (1958.)
On sent que c'est un job alimentaire pour Henry Gregor Felsen et qu'il en a marre. On a beaucoup de mal à entrer dans le livre, avec des palabres interminables et une intrigue qui se met très, très lentement en place. Avec une nette impression de meublage tout azimut pour atteindre le nombre de pages minimum. Dire que derrière, il écrivit encore Road Rocket (1960.) Ca doit être carrément laborieux à lire...
A 42 ans, Felsen se sent plus proche des parents des protagonistes. Voilà pourquoi il se focalise davantage sur eux. Dans une scène, le père du héros songe à voix haute à ce qu'il pourra s'acheter s'il décroche un marché juteux de BTP. On a l'impression d'entendre Henry Gregor Felsen songer à son avance sur recette, une fois Crash Club terminé...
Mike Revere (NDLA : un hommage à Paul Revere, héros de la guerre d'indépendance US ?) est le caïd du lycée de Raccoon Forks. Il a le coupé le plus rapide de cette petite ville et la nana la plus en vue, Donna. Un certain Galt compte ouvrir une usine d'électronique à Raccoon Forks. Du coup, il place son fils, Dave, dans le lycée. Dave possède une Chevrolet à moteur à injection, avec laquelle il défie Mike Revere et il tente de séduire Donna...
Le gamin que tout le monde aime vs le lourdaud qui agite ses billets en permanence ? Voilà qui rappelle furieusement l'intrigue d'Hot Rod Girls, un film sorti en 1956.
La couverture étant elle une référence à Dragstrip Riot, un film paru peu avant la publication du livre. Une manière sans doute de faire croire que c'était une adaptation...
Par rapport à Hot Rod, les temps ont changé. En 1950, les berlines 6 cylindres de 80ch, voire 90ch, atteignaient péniblement 140 km/h en bout de ligne droite. En 1958, les V8 150ch étaient devenus la norme et les berlines dépassaient les 160 km/h. Côté hot-rod, il y avait l'apparition de petits artisans et de pièces disponibles sur catalogue. Plus besoin de construire soi-même ses pièces (comme au temps de Hot Rod.) De plus, les routes étaient désormais asphaltées. Henry Gregor Felsen en profitait pour réfléchir à ce monde en pleine mutation. D'autant plus que Galt comptait implantait son usine sur une colline boisée.
Côté écriture, c'est très inégal. On l'a dit, cela démarre très lentement. Henry Gregor Felsen ne présentait pas assez ses personnages principaux. Quant aux personnages secondaires, ils ne sont qu'un nom. Le sel du livre, ce sont les courses entre lycéens, avec grosses accélérations, dérapages pas très contrôlés et freinage de la mort. L'auteur glissait ses inévitables recommandations sur la sécurité routière.
On sent surtout que Felsen "tenait" d'emblée ses deux derniers chapitres. Là, il y avait davantage d'action et surtout, de descriptions. Les sous-intrigues, créées pour meubler, disparaissent. Après, entre un Mike Revere qui a le cœur sur la main et un Dave Galt qui s'avère être un tricheur et un froussard, on devine vite qui prendra le dessus...
En définitive, ça reste un livre sympa pour (re)découvrir la culture hot rod. C'est écrit dans un anglais accessible, malgré la présence de mots d'argots des années 50.
Dans Les Ferrailleurs, on retrouve des éléments de Hot Rod : le garage comme point central, la dynamique entre le héros et son patron... Il y a également des éléments de Crash Club : le fils-à-papa qui manque d'assurance et qui compense en trichant. Les livres de Felsen n'ont pas été traduit en français. William Camus a peut-être fait un "best of" en se disant que personne n'allait remarquer des similitudes avec des vieux livres Américains...
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