dimanche 26 mars 2017

Infinément grand et infinément petit

Une majestueuse Lincoln Continental de la fin des années 70. Un bel exemple du style "shoe box". Un châssis séparé, des dimensions incroyables vu d'Europe, un moteur digne de l'industrie navale et plein, plein de chromes. La voiture idéale pour les retraités friqués US.

Ca m'a surtout fait repenser aux série-TV US. J'étais en lycée technique, donc, il y avait souvent des profs absents. Les matières techniques étaient souvent des blocs de 3h ou 4h. Donc, un prof absent signifiait une journée sérieusement raccourcie... Mais à l'époque, il n'y avait pas d'internet, pas de téléphones portables et seulement six chaines. Donc, en plein après-midi, il fallait se contenter d'une enième rediffusion de Côte ouest, Columbo ou Rick Hunter. De toute façon, lorsque vous zappiez et que vous tombiez sur des pubs pour la Cure thermal du soleil, le dummy de Derby Stannah ou les protection urinaire Tena, vous vous doutiez que vous étiez fichu... C'était parti pour une heure de retour dans le monde merveilleux des années 70 (alors qu'on était dans les années 90) avec ses méchants moustachus, ses blondasses choucroutées et ses flics permanentés. Une heure d'inaction avec des acteurs en roue libres qui jouent des personnages ultra-stéréotypés (le businessman obsédé par le fric, la journaliste qui veut faire éclater la vérité, le flic droit dans ses bottes...) Sans oublier, bien sûr, les voitures. La Lincoln Continental, c'était plutôt une voiture de méchants. J'imagine Bobby, avec son épaisse moustache, attendant une blondinette à choucroute à la sortie du bureau : "Bonjour Samantha, tu voulais me voir ? - Oui, c'était pour te parler de Philip, mon mari... Enfin, feu mon mari... - Ce pauvre Philip. C'était mon comptable préféré. Je ne comprends pas du tout pourquoi il s'est jetté de cette fenêtre... - Tu sais, j'ai découvert ses livres de compte. [Bobby a un tic nerveux] - Ah bon ? - Oui, il avait remarqué que des sommes importantes avaient disparu. Tu es au courant ? [gros rictus] - Non, pas du tout. Tu as les livres de compte ? - Oui. - Ce qu'on va faire, c'est que tu vas me les donner, ce soir. Rendez-vous à une heure du matin au niveau -3 du parking souterrain..."
Puis, moi, derrière la TV, je me disais que finalement, entre ça et un cours d'automatisme, je n'ai pas forcément gagné au change...
Et juste en face de la Lincoln, il y avait cette Fiat 126 ! L'Italo-polonaise tiendrait dans le coffre de l'Américaine ! Comme elle, elle était techniquement dépassée, avec son moteur dans le coffre. Notez que c'est une série limitée, la Brown. J'imagine qu'à l'approche de la 126 Bis, Fiat France voulait solder les stocks.
"Les gars, j'ai une idée. Pour écouler la 126, on va faire une série limitée. On l'appellera, la "Brown". - Et qu'est-ce qu'elle aura de particulier ? - Elle sera marron, avec un liseré marron clair. Parce que "brown", ça veut dire "marron" en anglais. - Le chef, il a vraiment de super idées. C'est pour ça qu'il est chef..."

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