Présentation Jeep Compass
J'ai pu assister à la présentation européenne de la Jeep Compass, à Barcelone. L'occasion de découvrir et de prendre le volant de la version électrique 2RM.
Tu vuò fà l’americano
Dans les années 60-70, Cinecittà adorait tourner de vrais faux films Américains. Ca s'exportait mieux à travers l'Europe. Pour l'occasion, ils invitaient un acteur yankee de troisième zone (cf. le personnage de Leonardo di Caprio dans Once upon a time in Hollywood.) Les autres acteurs, mais aussi le réalisateur, le scénariste, etc. prenaient des pseudos américain, afin de maintenir l'illusion au générique. Les plus célèbres, c'étaient Carlo Perdesoli et Mario Girotti, alias Bud Spencer et Terence Hill.
Là, c'est pareil. On commence par un titre de punk-rock US, We're not like the other. Puis l'incontournable Willys MB. Mais ensuite ce sont Marco, Fabio, Daniele et l'autre Fabio qui nous parlent d'une voiture produite à Melfi, dans le sud de l'Italie.
Les visages sont souriant, chez Jeep. Grâce à l'Avenger, la marque Américaine a vendu 130 473 unités, en Europe, en 2024. Elle est ainsi revenue à des niveaux pré-Covid. La marque devrait connaître un léger recul en 2025. En attendant, elle a fêté sa 200 000e vente d'Avenger fin juillet. Qui plus est, elle permet à la marque de percer en Amérique Latine, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient.
Jeep en a fait une voiture familiale. Elle dispose de 34l de rangements diverses dans l'habitacle - façon monospace compact des années 2000 -, ainsi qu'une banquette arrière fractionnable en trois parties.
Côté moteurs, le 4 cylindres 2,0l "Hurricane" serait réservé aux USA.
Durant la présentation, Jeep nous fait saliver avec cette 4xe. D'autant qu'elle est la seule à proposer la finition suréquipée Overland, avec sa garde-au-sol surélevée et ses jantes 19 pouces... Sauf qu'elle n'arrivera que début 2026. A Barcelone, il faut se contenter de la voir en statique.
Extérieur
Je n'arrive pas à me passionner pour les SUV.
La nouveauté, c'est le retour des boucliers en plastique noir. Jeep vend cela comme une avancé écologique (le plastique étant teinté dans la masse et non peint), ainsi qu'une moindre vulnérabilité (en cas de choc, il n'y a pas d'éclat de peinture qui saute.)
Les easter eggs, c'est la grande mode. J'y vois davantage un symptôme de l'affadissement des voitures.
Côté designers, on s'ennuie, faute de réelles marges de manœuvres. Alors, comme des lycéens, sur leurs cahiers, ils griffonnent. Au début, ça faisait des petits détails rigolos, mais là... Sur la Compass, vous avez plusieurs Willys MB, une boussole, un jerrican, des constellations, une tente, une tortue qui tente de regagner la mer, un cadran solaire... Et un hommage au disque placé à bord de la sonde Voyager !
Encore une impression de déjà vu.
Au moins, c'est spacieux et lumineux. Une impression renforcée par le toit vitré panoramique. Les familles et les gros rouleurs apprécieront les nombreux rangements.
Le volant est tout petit, eu égard au gabarit du véhicule.
Motorisation
En attendant la 4xe, j'ai opté pour la version électrique "213 chevaux". Traction, donc. La batterie est une 98kWh, de quoi atteindre 650km en cycle WLTP.
Sur autoroute, on profite de la bonne assise des sièges. Aucune difficulté pour s'insérer grâce aux 157kW. Les suspensions sont ferme - un choix récurrent sur les SUV - d'où une sensibilité aux inégalités de la route.
La route devient une piste ? L'amortissement devient symbolique. Il faut passer les bosses très lentement, sous peine de coup de raquette. Les pneus de VE n'offrent aucun grip et la Compass souffre pour grimper les cotes. Les 345 Nm de couple sont dans les chaussettes ! L'ancien Compass Multijet 140 possédait 350 Nm et l'on pouvait davantage s'en servir... Et bien sûr, en descente, sur de la terre sèche, vous vous retrouvez facilement en luge. Les différents modes de conduite ne servent à rien.
Un journaliste roux à la plume acerbe parla de "développement bâclé".
Conclusion
Carlos Tavares était un patron avec un logiciel daté. Son paradigme, c'était donc "la fin de l'histoire automobile". Le Compass n'est ainsi qu'une Citroën C5 AirCross/Opel Grandland/Peugeot 5008 avec une tenue de baroudeur et une bannière étoilée. La plateforme et la motorisation sont identiques. A Melfi, il est produit aux côtés de sa cousine DS N°8.
Ce Compass n'est ni meilleur, ni pire qu'un autre SUV Stellantis. Le Compass est gros, spacieux et lumineux. Il apporte une identité Jeep plus évocatrice que les badges de l'ex-PSA. Le tarif démarre à 42 390€ en version électrique 213ch.
Les faiblesses du Compass sont avant tout celles de Jeep. A savoir un réseau - hérité de FCA - en lambeau. En même temps, imaginez le discours de la personne chargée du développement : "Prenez un panneau Abarth-Alfa Romeo-Fiat-Jeep-Lancia ! Bon côté VN, vous allez surtout vendre des Jeep. Le VO, c'est à oublier ! Côté atelier, vous verrez passer des Fiat 500 "30 juin 2024" vendues par Amaris Auto. A part ça, ne vous inquiétez pas, les kits de corner pour Lancia Ypsilon sont presque, presque prêt. Voyez le bon côté des choses : nous, au moins, on impose pas un ravalement de façade tous les cinq ans ! La nouvelle Fiat 500 Hybrid est aussi presque, presque prête..." Tentant, hein ?























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