Le nombre de miniatures au 1/64e explose. Les stands de la Toy Fair de Nuremberg et du Hobby Expo China débordaient de nouveautés. La tentation est forte, alors je me suis centré sur les véhicules liés à la Chine et ceux liés au "Gamelle Trophy". Deux thèmes a priori très confidentiels... Mais où les nouveautés abondent ! Ma collection de véhicules du trophée a l'air d'une véritable caravane ! Dernière livraison : le Range Rover de Mini GT. Et pour compléter ma collection, voici un Defender 110 aux couleurs du G4 ! Deux véhicules aux deux extrémités de l'aventure : au tout début et à la toute fin.
Range Rover Sumatra 1981 par Mini GT
Après
le Range Rover Papouasie-Nouvelle Guinée 1982, voici celui du raid Sumatra 1981. Entre parenthèses, le "Gamelle Trophy" visita Bornéo en 1985, les Célèbes en 1988, Sabah en 1993, avant de revenir à Bornéo en 1996. Andreas Bender, l'aventurier en charge de reconnaissance, avait visiblement un tropisme pour l'Asie du Sud-Est...
Le "[Chameau] Trans-America" de 1980 avait été une purge. Les pluies torrentielles avaient transformé les pistes Amazoniennes en bourbier. Les trois équipages ont vécu un enfer. D'autant plus que leur Ford U50 ne possédaient pas le moindre toit !
Pour 1981, RJ Reynolds RFA voulu se professionnaliser. Désormais, il fallait parler de [Chameau] Trophy et il avait vocation à être annuel.
A posteriori, la "Gamelle Trophy Sumatra" devint la seconde édition.
British Leyland RFA avait flairé le bon plan. Il fournit six Range Rover (alors uniquement disponible en 3 portes et avec V8 essence) qui furent peint couleur sable... Et qui reçurent à la hâte un liseré noir. On note aussi l'apparition de la mythique galerie de toit, flaqué des plaques de désensablement, avec également les jerricans, les cantines et les roues de secours. Le treuil n'arriva que plus tard. Le coffre d'un Range Rover 3 portes est spacieux, surtout si l'on enlève la banquette arrière. Mais le retex de 1980, c'est qu'il fallait faire attention aux passage de guet ; mieux valait mettre le maximum de choses en hauteur...
L'un des Range Rover fut dévolu à l'organisation. Il y avait donc désormais cinq équipages, contre trois en 1980. Cela tombait bien, car RJ Reynolds RFA avait reçu trente mille candidatures ! Signalons que British Leyland avait expédié un septième Range, simplement stické "Leyland" avec deux mécanos Britannique. Les Range étaient hyper-minoritaires dans la caravane ; l'organisation se déplaçait en Toyota Land Cruiser J40.
Ce fut une très belle opération de communication. Pour 1982, les Range Rover furent repeints et British Leyland fournit quatre véhicules de plus (dont un pour l'organisation.) Le "Gamelle Trophy" était lancé.
Grâce au trophée, Land Rover dépoussiéra son image. C'était plutôt bienvenu, face à la déferlante de 4x4 Japonais. Mais qu'aurait été le trophée sans Land Rover ? Le Defender était déjà le 4x4 préféré des forces de l'ordre africaines, ainsi que des organisateurs de safari. Il apportait donc de la crédibilité à l'épreuve. Le seul équivalent, c'était alors Jeep. Mais difficile d'imaginer une caravane de Cherokee ou de Wrangler traversant la jungle...
Et la miniature ?
Comme d'habitude, Mini GT fait un sans-faute. Une reproduction très exacte, avec de nombreux détails.
Il serait presque plus propre que l'original ! En effet, pour 1981, la peinture noire avait été réalisée en monocouche, à l'arrache. Un liseré qui disparu dès 1982. Pourquoi ? Essayez d'ouvrir un capot noir, en plein cagnard...
Land Rover Defender 110 G4 Challenge par Matchbox
On l'a déjà dit, le torchon brûlait entre Land Rover et RJ Reynolds, en 1998. Land Rover souhaitait mettre en avant un Freelander incapable de franchir une flaque de boue. Tandis que le cigarettier voulait un trophée centré sur les sports d'eau vive, car les télévisions raffolaient de ce genre d'image.
Il y eu un ultime "Gamelle Trophy" en 2000. RJ Reynolds avait passé un an à expliquer aux médias que le trophée avait existé sans Land Rover et que ce n'était qu'un simple retour des choses. Les participants sillonnaient les Tonga à bord de zodiac et il y avait des épreuves sur chaque île. Japan Tobacco International venait de racheter RJ Reynolds. Les Japonais considéraient que le trophée, mais aussi les vêtements et les montres étaient inutiles. Au premier jour, du trophée 2000, les organisateurs reçurent une lettre de Nick Horne, leur patron, confirmant que le "Gamelle Trophy" avait vécu.
Quelques mois plus tard, Land Rover organisa un évènement pour fêter l'arrivé du Defender Td5. Douze journaliste du monde entier se partagèrent six Defender 90 Td5 argent. Le lieu de l'opération était une piste 4x4 espagnole, naguère utilisée pour les éliminatoires du trophée. Des véhicules équipés de galerie de toit, avec plaques de désensablement et projecteurs longue portée. L'opération n'avait pas de nom, mais d'aucuns y voyaient un simili-"Gamelle Trophy". Land Rover cherchait peut-être à tester JPI et savoir jusqu'à quel point il pouvait copier le concept, sans risquer un procès...
Land Rover était désormais sous pavillon US, via Ford. L'ovale bleu avait regroupé son pôle premium au sein du Premier Automotive Group. L'ambiance était euphorique. Land Rover avait un budget pour organiser son propre raid. Il recruta nombre d'anciens du "Gamelle Trophy", désormais au chômage. "G4" signifie "Global 4". Il était cette fois question d'un raid couru sur quatre continents à chaque édition, avec quatre étapes sur autant de fuseaux horaires et surtout, en employant les quatre modèles de la marque. Le Range Rover 3 connaissant son baptême de feu. Il y avait des participants venus de seize pays, se partageant huit véhicules.
Le G4 Challenge débuta en 2003 à New York. Lors d'une espèce de prologue, les équipages firent des exercices très basiques (il fallait se mettre au niveau du Freelander.) Puis ils partirent dans la campagne de la Cote Est, avant de s'envoler pour l'Afrique du Sud, l'Australie... Et de revenir aux Etats-Unis pour une dernière étape dans l'Utah. Tant pis pour le principe de "quatre continents". Les puristes rallèrent à cause de l'absence de jungle.
Avec ses sauts de puce en avion permanents, le G4 Challenge coûtait cher à organiser. La seconde édition n'eu lieu qu'en 2006. Entre temps, le Discovery 3 était arrivé. Cette fois-ci, le G4 s'offrit un peu de jungle au Laos et au Brésil. Il y eu une étape "urbaine" à Bangkok et la très photogénique étape sur le Salar d'Uyuni, en Bolivie (huit ans avant
que le Dakar ne s'y rende.)
Malgré tout, un troisième G4 fut planifié pour 2009, entre la Mongolie et la Sibérie. Des équipages furent désignés et des véhicules, équipés. Le Freelander 2 devait y faire ses débuts. Entre temps, Premier Automotive Group avait implosé et Tata avait racheté Land Rover. Les Indiens décidèrent d'abandonner le G4 au dernier moment.
Dans les années 80, la plupart des fabricants de voitures miniatures européens sautèrent sur la mode du "Gamelle Trophy".
Bburago, Majorette ou Solido possédaient déjà un Land Rover dans leurs gammes. Une peinture jaune, des logos "chameau" et c'est marre !
Notez d'ailleurs qu'au début des années 80, la photo et la vidéo restaient balbutiantes. Les couleurs ressortaient souvent plus vives qu'en réalité, surtout en extérieur. Les fabricants ont ainsi reproduit des Land' jaune pétant, alors que la couleur sable était plus pastel.
Le trophée était un évènement très europeano-centré. Comme d'autres multinationales, RJ Reynolds avait scindé ses activités US et celle de "l'international". Donc pas de reproduction chez Hot Wheels.
Les Anglais sont les grands absents. Corgi, Dinky Toys et Matchbox traversaient alors de graves crises. Ont-ils eu des scrupules, voire des interdits, à cause de lois Britannique sur le tabagisme ? Ou bien ont-ils tout simplement ignoré les goûts de leur public ?
La dernière possibilité est tout à fait possible, car nombre de productions Britanniques des années 80-90 manquent à l'appel. Dont le Defender. En 2006, Matchbox se décida enfin à réduire le Def'. En l'occurrence, un 110 de 1997 (?) Et en 2012, 3 ans après l'annulation du G4, il eu droit à une version G4 Challenge ! Ca c'est du time to market !
Ce qui est intéressant, c'est de voir les progrès en matière de gravure et de volonté de coller à la réalité.
Par rapport au Defender 90 de Majorette (lancé dans les années 80), il y a davantage de détails et les proportions sont mieux respectées. Par contre, il n'y a pas d'ouvrants.
Par rapport au Defender 110 de Mini GT, il y a un monde. Sachant que celui de Matchbox a été pensé comme un jouet (donc sans élément pouvant se détacher.) Matchbox aurait tout de même pu faire des efforts de présentation. La galerie de toit est celle du Defender 110 standard, alors que Majorette avait fait des efforts.
Le G4 Challenge n'a jamais été un grand succès public. En 2003 ou 2006, l'intérêt pour un raid en 4x4 avec des anonymes était faible. Mais qui visait Land Rover ? Les passionnés d'automobiles ? Il préféraient regarder un vrai rallye-raid sur Eurosport ! Le grand public ? On était à l'époque des télé-réalités, flattant les bas instincts... Or, sur le G4 Challenge, le soir, lorsqu'on éteignait les moteurs, on éteignait les caméras. D'ailleurs, les épreuves avaient lieu à huis clos. Lors des étapes urbaines, Land Rover privatisait les lieux.
Et il manquait un battage médiatique digne de ce nom. RJ Reynolds se battait comme des lions. Il avait eu une démarche très proactive, tant avec les médias, qu'avec le grand public. Le "Gamelle Trophy", c'était des pelletés d'autocollants distribués dans les salons, des cendriers et des horloges murales dans les bar-tabac... Puis toute une ligne de produits vendu au public. A contrario, Land Rover n'a même pas cherché à expliquer ce que signifiait "G4" !
L'une des meilleures preuve du dédain du G4, ce sont les miniatures. Sauf erreur, Matchbox est le seul à s'être intéressé aux véhicules du raid. "Aux", car outre un Defender 110, il a commercialisé un Discovery G4. On est très loin de l'offre pléthorique de miniatures liées au "Gamelle Trophy"...
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