lundi 24 novembre 2014

Mini-essai : Mitsubishi Outlander PHEV

Enfin, "mini-essai", façon de parler : je l'ai gardé une semaine.

En 2010, j'avais été à une présentation de la Prius hybrid plug-in, à Strasbourg. 3h d'auto-congratulation. Tout ça pour un véhicule de pré-série avec 18km d'autonomie en électrique pur. En 2011, j'étais à la présentation de l'Opel Ampera. Cette fois, on passait à 25km (dans les zones 30 autour d'Amsterdam) et c'était une voiture de série. Mais toutes les deux avait un dépouillement très monacal et je ne parle pas de la tenue de route... On était donc dans le choix exclusivement militant.

Donc, lorsque Mitsubishi parle d'un vrai SUV avec les prestations d'un SUV et 50km d'autonomie, j'ai voulu voir ça de plus près...
Extérieur
Je connaissais déjà l'Outlander, lancé à l'été 2012. Mis à part les logos "PHEV", les différences ne sautent pas aux yeux.
On dira poliment que c'est un style conservateur. Il a été taillé pour la soccer mom US et le patron de PME Chinois.

Pendant la semaine d'essai, je l'ai montré à différentes personnes. Et clairement, il y en a qui aiment son style "gros quat'quat" : il rassure par son aspect statutaire (4,65m de long; 1,8m de large), sans avoir le côté frimeur d'un Discovery 4 ou d'un X5.

Intérieur
Les Japonais sont rarement doués pour le style intérieur. Les plastiques anthracite me rappellent du VW d'il y a une dizaine d'années. Sur une échelle de la qualité perçue allant de Fiat à 10, je lui mets un 6,5. C'est un poil mieux que les Françaises, point.

Au moins, l'équipement est complet : allumage automatique des phares, des essuis-glaces, sièges réglables, climatisation bizone, toit ouvrant, sièges en cuir... On dirait la pub 208 : "Et elle a le...? - Ah oui, elle l'a !" Un bémol pour le combiné radio-GPS, visiblement conçu par la même équipe que Windows 8...
En tout cas, on est loin de l'ambiance dépouillée des Prius, Ampera et autres Insight.
Au volant
C'est bien sûr l'élément principal. On s'élance dans un silence absolu. La prise en main a eu lieu dans une Z.I. déserte, alors que la nuit est tombée et l'effet est troublant. Le chauffage fait perdre de l'autonomie, mais comme il faisait 10°... Et donc, l'autonomie réelle, par 10°, avec le chauffage est de 35km (l'été, on doit facilement dépasser les 40km.) Et lorsque le moteur thermique (un 2l essence) démarre, on l'entend à peine. Il n'y a guère qu'en mode "recharge des batteries" qu'il se fait entendre. Il propose 2 types de prise pour le recharger... Hélas, à mon boulot, les bornes sont en panne. L'autonomie totale est d'environ 500km.
Le comportement routier est moyen. Malgré 280ch (120ch en thermique + 2x60ch en électrique), il a du mal à s'élancer. Comme un Outlander "normal", il est un peu raide. Sur les enfilades, il avoue vite ses limites. La faute à 1,8t à embarquer (soit 500kg de plus que le thermique.) Son truc, c'est plutôt l'autoroute et les lignes droites.
Conclusion
Par rapport aux SUV Lexus, il y a l'avantage "plug-in", qui permet de rouler sur de petites distances sans griller une goutte d'essence.

Dans l'absolu, l'Outlander PHEV démarre à 43 900€ (ici, c'est un "Instyle" à 53 900€), alors que l'Outlander 2,2l diesel 4WD débute à 31 600€ (il y a même un 2WD à 29 800€.) Même avec le bonus 5 000€, cela représente un sacré fossé.
En résumé, l'Outlander PHEV aurait besoin de davantage d'autonomie réelle en tout électrique et un prix plus bas pour être incontournable.

La technologie progresse à pas de géants et j'ose croire qu'à la prochaine génération d'hybride plug-in, le fossé sera comblé. Exactement comme la Yaris Hybrid l'a fait chez les citadines.

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