mercredi 22 mai 2013

Essai Ginetta G40R

Il y a un mois, on m'a filé un hors série de Sport auto. Dedans, il y a les 237 sportives sur le marché. D'après vous, sur les 237, combien est-ce que j'en ai conduites? 200? 100? 50? Non... 9. C'est le genre de truc qui vous rétréci l'égo sur-le-champ! Mais maintenant, depuis l'essai de la Ginetta G40R, je peux fièrement en ajouter une 10e à la liste!

Trêve de plaisanterie, c'est un vrai pied, à conduire! Une voiture de course à peine civilisée. Vous êtes assis au ras du sol, dans un baquet, cerné par un arceau-cage, sans insonorisation, ni électronique. 200ch seulement, mais c'est suffisant pour donner des coups de pieds aux fesses à chaque accélération! C'est un diamant brut.
Ce qui fait son charme, c'est aussi le contexte. C'est une voiture assemblée dans une minuscule usine du Yorkshire. Il est possible de varier plusieurs paramètres, sans compter les versions uniquement utilisables sur circuit. Ainsi, il est rare d'avoir deux G40R identiques. D'ailleurs, c'est la seule à conduite à droite (ne vous étonnez donc pas de la revoir dans Sport auto.)
En prime, j'ai eu de la chance. Je l'ai essayée LE jour du mois de mai où il a fait beau!

Après 2h, j'avais des bleus partout, des courbatures, mais j'étais heu-reux! N'empêche, quand je me suis rassis dans ma MX-5, le baquet ne m'a jamais semblé aussi moelleux...
Une petite parenthèse sur ce genre d'essais.

La presse auto souffre d'un mal profond. Lisez cet article sur les écoles de journalisme. Il explique qu'on y formate les journalistes. L'info est un produit, qu'il faut savoir "vendre" au lecteur. Donc, il faut rendre son info attractive. Pas de sujets trop obscurs. Pas de digressions; il faut aller à l'essentiel. Là où on franchit la ligne jaune, c'est qu'on leur dit aussi d'écrire ce que le lecteur a envie de voir. Comme le disait récemment un responsable d'un magazine: "Le Renault Captur est Français, il est pas trop mal, donc, on lui met la note maximale."
Le web n'est pas épargné. Lisez cet autre article. C'est le quotidien de la presse web: être réactif, faire de la news au kilomètre, avec le sacro-saint placement Google. Fisker prétend être racheté par une boite chinoise? Pas le temps d'enquêter sur la dite-boite, il faut publier! Sur certaines présentations, on peut être 40 journalistes, sur 3 jours. Ca veut donc dire 120 articles dans les jours suivants! Et comme beaucoup de gens ont peur de leur ombre, on retrouvera les mêmes impressions tiédasses. De toutes façons, ce qui compte, c'est de mettre de bons mots-clés, comme ça vous êtes en haut sur les recherches Google. Ainsi, vous ouvrez n'importe quel blog et vous retrouvez les mêmes essais, avec les mêmes actus, les mêmes spyshots, les mêmes vidéos "fun"... Après tout, tout le monde a les mêmes sources. Mais il ne faut pas s'étonner de ne pas arriver à fidéliser l'audience... En fonctionnant comme ça, on favorise le zapping. C'est vrai que beaucoup de lecteurs sont moutonniers. Personnellement, j'ai fait une belle audience avec une brève sur Peugeot au Moyen-orient (juste parce que ça parle de Peugeot.) Un truc qui m'a pris 15 minutes. 3 jours plus tard, je fais un sujet sur les turbo où je ne mets "que" 3 photos de Renault et où j'ose dire du bien d'Audi. Total, on m'accuse d'être le sous-marin de VW! Néanmoins, contrairement à ce que les gourous du journalismes croient, on peut aussi intéresser les lecteurs avec des sujets plus pointus. Justement, la Ginetta a été pas mal vue. Et à partir du moment où on respecte le lecteur, il finit par vous respecter.

P.S.: je précise que bien sur, je ne suis pas le seul qui écrive des articles de fond. Loin s'en faut. Je pense notamment à Bernard Fournol (Blog Auto), Monsieur X (Blog Auto), Patrick Garcia (Caradisiac), Matthieu Turel (Le Parisien), Michel Holtz (Huffington Post) et plein, plein d'autres...

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