dimanche 11 juin 2017

GranTurismo

Dans le monde du luxe, Maserati est une marque à part, comme Aston Martin. Une marque prestigieuse, très évocatrice, avec un beau passé. Tout ce qu'un Lexus ou un Infiniti tente d'avoir...

Depuis les années 50, la marque au trident a connu plusieurs faux-départ. Elle a du brutalement interrompre sa lutte sportive et commerciale avec Ferrari. Elle a failli disparaitre dans les années 70. La Biturbo était une voiture ambitieuse. Maserati battait chaque année son record de production. Mais Alejandro de Tomaso était un homme pas assez diplomate, ni assez bon commerçant pour vraiment faire de Maserati un Jaguar, voire un BMW. Surtout, la Chrysler TC by Maserati saborda les accords avec Chrysler.

Aujourd'hui, la marque repart. Néanmoins, même avec la Levante, elle chatouille à peine le premium allemand. Il faut dire que les volumes étaient tombés si bas au milieu des années 90, que la convalescence est forcément longue. La création d'un gros QG US montre que les ambitions sont là.
Pour autant, Fiat devrait faire beaucoup plus. Je crois que Sergio Marchionne n'a pas conscience de là où est son groupe. Le socle d'acheteurs fidèles, il s'est évaporé. Dans les années 80, Fiat était le roi des véhicules suréquipés et bon marché. Ca fait longtemps que cet espace est occupé par Škoda, Hyundai ou Kia. Alfa était le roi des berlines sportives. Aujourd'hui, c'est clairement le crédo de BMW. En plus, le rythme de lancement (1 à 2 nouveautés par an) est beaucoup trop long. Chez Alfa Romeo, la Mito et la Giulietta étaient apparues respectivement en 2008 et 2010 ! En terme de notoriété qualitative, il est tombé bien bas. Pour remonter la pente, Fiat devrait sortir le porte-voix ! Maserati se contente d'évènements ultra-select avec tours de piste entre deux petits fours, c'est un peu short. Il faudrait a minima un gros programme sportif (WTCC, WRX, WRC, WEC...) pour Fiat, Alfa et Maserati. Il faut que les gens aient de nouveau envie de pousser la porte de leur concessionnaire Fiat ! Et ça vaut aussi pour Maserati, alors que les BRICS émergent. Oui, je sais, ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé des pays émergents... Je ne comprends pas qu'en Chine, Fiat dispose d'une usine monoproduit. Dans les années 60-70, Fiat avait été défricher l'Europe de l'est, l'Amérique latine et la Corée du Sud. On voit bien qu'aujourd'hui, des constructeurs comme PSA, Volkswagen ou, dans une moindre mesure, Renault, Kia et Mazda, s'attaque à des micro-niches en Afrique du Nord, en Afrique australe, en Asie centrale, en Asie du Sud-est... Vous faites assembler 5 000 voitures ici, 10 000 voitures là et de fil en aiguille, vous gagnez quelques centaines de milliers de vente. Je ne comprends pas que Sergio Marchionne ne soit pas en train d'ouvrir des ateliers de CKD d'Argo et de Tipo ! Sans parler de Jeep et de Fiat Professional...

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