dimanche 3 juillet 2016

Les bonus du Taklimakan Rally : 7. Aksu

Après Yutian, le rallye se rend à la "montagne de Mazartag". C'était un point de passage de la route de la soie. Mais sur place, il n'y a rien. Même pas une montagne ! Ah si, il y a des détritus. Car les Chinois ne sont guère soucieux de l'environnement. Le rallye passe régulièrement ici et c'est l'unique bivouac en plein air. A chaque fois, les concurrents laissent leurs détritus sur place.
Les fils-à-papa d'Aksu viennent là pour assister à l'arrivée de l'étape. Hummer, Cadillac, Land Cruiser... Ils foncent tout droit sur les dunes, sans réfléchir, jusqu'à ce qu'ils s'ensablent. Les vrais concurrents font de même. Bien sûr, les buggy SMG et les quelques pilotes chevronnés arrivent à peu près dans les temps. Mais les autres restent englués dans les dunes. C'est là que je me suis dit qu'avec un minimum de cours pour "poser mes roues", je pourrais faire de belles choses au Taklimakan Rally...
Une LF125 de Lifan. Dans les années 90, Lifan a profité du boom des deux-roues pour amasser une fortune et se construire un réseau. Gag : leurs premières motos étaient vendues sous la marque Hong Da, ce que Honda n'avait pas trop apprécié... Aujourd'hui, le constructeur a racheté deux autres marques. Notez qu'elles produisent presque exclusivement des 125 : les motos de plus de 125cm3 sont interdites dans la plupart des villes et des campagnes.

 Nous, on ne dort pas sous la tente ; on pousse jusqu'à Aksu. La ville d'arrivée. Partant de là, on remonte le lendemain jusqu'à la dernière vraie étape. Dans un hameau, des gens réparent une tondeuse. Au fond, un vieux châssis-cabine ChangAn finit de rouiller. C'est l'un des derniers Suzuki sous licence, produit au début des années 80. Hélas, les mécaniciens n'ont pas conscience de son potentiel historique et il semble condamné.
La avant-dernière étape se terminait dans le lit asséché -et sablonneux-. Un jeune Oïgour me fait monter à l'arrière de sa Yamaha 125 pour une mini-virée. Il se fait prendre en photo par un autre Oïgour, puis j'immortalise mon guide. Plus loin, je retrouve le Hummer de la vieille. Des jeunes filles Han m'engueulent parce que je suis passé à côté d'elles en plein selfie !
Le soir, retour à Aksu. Sur le chemin du restaurant, on croise un Great Wall Hover π. L'Hover (devenu plus tard Hover H3, avec une évolution luxueuse H5) dispose d'un châssis séparé. Great Wall eu l'idée d'une version limousine, le π. Apparemment, il n'a pas convaincu. Pour les mariages, les Chinois adorent les limousines. Mais plutôt des Lincoln Town Car ou des Hummer. Pas une voiture chinoise !
Le lendemain, on va vers la dernière vraie étape, une boucle Aksu-Aksu. Sur le chemin, on croise ce break. Subaru Forester ? Non, c'est une Yema, sur base Austin Montego !
Quatrième et dernier jour à Aksu, avec la cérémonie du podium. Le site de l'arrivée est niché au milieu d'une ville nouvelle. Ce FAW Jiefang semble perdu. Sert-il à des animations ? En tout cas, il semble bien conservé. 
Le Jiefang ("Libération" en mandarin) fut le tout premier véhicule Chinois produit en grande série. Ce camion est une copie d'un camion soviétique, lui-même "inspiré" d'un Dodge. En 1949, la Chine était dévastée après un siècle de troubles. Le Jiefang fut utilisé à toutes les sauces : transport de troupe, pompiers, ambulances, transport de marchandises, prospection pétrolière, bucheronnage... C'était un instrument de propagande formidable pour un pays qui veut rattraper son retard. Aussi, il servit à masser troupes et civils dans les régions éloignées. Comme le Xinjiang.
Les valises sont dans le bus. On attend le signal pour partir. En attendant, j'immortalise cette Chery QQ pré-facelift. J'adore la qualité d'ajustement des panneaux de carrosserie... Chery aurait profité des trous d'air de Daewoo pour débaucher des ingénieurs coréens et obtenir des plans de la Matiz. Avec, il crée ce vil clone. L'ADAC l'a crashée : la voiture se ratatine jusqu'au pilier B ! Au moins, le conducteur et le passager ne souffrent pas...

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