vendredi 5 juillet 2013

Pékin-Paris 2013

Samedi dernier, place Vendôme, c'était l'arrivée du Pékin-Paris. C'était une ambiance digne d'un film de Fellini: les vieilles voitures, toutes poussiéreuses, qui fendent la foule. Avec valoche sur le toit, souvenirs collés sur la carrosserie et parfois, du chatterton pour maintenir le tout. Les équipages, rejoints par femmes et enfants, qui débouchent des bouteilles de champagne et se prennent en photo bien avant l'arrivée... Sans oublier les badauds, qui se bousculent, qui se jettent quasiment sous les voitures pour les prendre en photos...

En tant que fan d'histoire et de géographie, je ne pouvais pas être insensible à ça.
Chaque voiture mériterait un billet (ou presque.) Une mention spéciale à cette Chevrolet façon turismo de carretera. Juan-Manuel Fangio pilotait ce genre de voitures.
1000 bornes de sprint, sans interruption, sur des routes caillouteuses et avec des phares qui portent à 20m... Après ça, Fangio était fin prêt pour les Grand Prix. Ca lui avait appris la gestion de la mécanique et du physique. Fangio était sa propre télémétrie! Et ça lui a surtout donné faim! Pas question de finir 2e ou 3e: il allait mettre un coup de collier pour revenir sur les leaders. C'était grâce au mental et au physique qu'il a autant dominé.
Les Australiens sont venus avec des voitures de leur pays. C'était la première fois que je voyais des Holden en vrai! Et puis, il y avait cette Leyland P88. Son propriétaire a fait le rallye parce qu'elle fêtait ses 40 ans.
Dans un univers parallèle, Leyland existe toujours et la P88 dispute le V8 Supercars avec les Falcon et les Commodore. Dans ce monde-ci, Leyland Australia fait faillite peu après le lancement de la P88. Les Anglaises n'ont plus la cote. En 1973, les Australiens préfèrent les Américaines.

N'empêche, vu leur réputation, passer les faubourgs de Pékin était déjà un exploit pour la P88!
Moi, j'aimerais bien faire ce rallye. Mais par prudence, je le ferai plutôt en Volvo série 100 ou en Mercedes "Aileron" (afin d'être à peu près sur d'arriver à Paris.)
Gros plan sur le logo d'une Fregate. "Régie Nationale des Usines Renault", gravé dans une carte de France... Un tel chauvinisme serait impensable aujourd'hui. On est tombé dans l'excès inverse. Autant la mairie s'est gargarisé sur les 24h Velib, sur l'opération Fiat-Nokia du Grand Palais ou la fermeture des voies sur berges, autant il n'y avait rien, sur le Pékin-Paris. Pas même un sous-conseiller municipale. On sait jamais, il pourrait dire du bien de la France et de l'industrie automobile...
Les autophobes étaient eux aussi absents. La preuve s'il en est qu'ils tiennent dans une cabine téléphonique (sauf que cette cabine est au milieu de l'hôtel de ville.)
En rentrant chez moi, par les voies sur berges, j'ai été escorté par les flics. Ils ont sciemment ralenti la circulation à 10km/h, histoire de nous faire comprendre qu'à Paris, les banlieusards ne sont pas les bienvenus.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Qu'est-ce que vous en pensez ?