Ce week-end, c'était le départ du Rallye des Princesses. Le déplacement place Vendôme s'imposait ! En plus, après des jours et des jours de pluie, le temps devenait enfin printanier !
Commençons d'emblée par les stars de l'épreuve.
Celle qui attirait tous les regards, c'était cette 750 Monza de 1955. En 1952, Ferrari avait conçu un gros 4 cylindres, afin de pouvoir disputer la F1 (alors couru sous la réglementation F2.) En 1954, la F1 revint à une cylindrée maximale de 2,5l et Ferrari réalésa son 4 cylindres. En Grand Prix, il poursuivit sa carrière jusqu'à fin 1955 et la reprise des Lancia D50.
En parallèle, Ferrari commença à aligner des sports à moteur 4 cylindres. Pour 1954, la voiture évolua en 750. Comme d'habitude, les Rosso appliquèrent leur numérotation issue de la cylindrée unitaire. Donc 750x4=3000 ; 3l de cylindrée. Umberto Maglioli lui offrirent un baptême en course à Monza, d'où son nom. La 750 Monza triompha d'abord non pas à Monza, mais à Monsanto, au Portugal. Froilan Gonzales s'imposant devant Mike Hawthorn. En fin de saison, Alfonso de Portago remporta l'une des courses de Nassau. En 1955, Phil Hill et Carroll Shelby frôlèrent l'exploit à Sebring. Puis "Phil the Great" s'imposa à Pebble Beach. Le Grand Prix de Monaco avait vu le naufrage (au sens propre !) de Lancia. Albero Ascari négociait un retour chez Ferrari. Premier boulot : un test de la 750 Monza, à Monza... Globalement, ce fut une saison très moyenne. Les privés s'imposant dans des courses de 2e zone. Alfonso de Portago clôtura l'année par un nouveau succès à Nassau.
Pour 1956, Ferrari lui préféra le binôme 500 TR, 860 Monza. Mais l'on vit des 750 Monza courir en SCCA jusqu'à la fin des années 60 ! C'est avec une 750 Monza que Jim Hall fit ses premières armes. Le rallyman Erik Carlsson fut lui au départ du Grand Prix de Suède 1957 avec une 750 Monza !
La bête noir des 750 Monza, c'était la Mercedes-Benz 300 SLR. Voici une 300 SL Roadster vaguement apparentée à cette dernière.
En tout cas, je trouve les autocollants "girlie" d'un mauvais goût, sur une telle voiture.
Cette Porsche Spyder 550 est arrivé en pétaradant. La propriétaire a-t-elle vraiment eu du mal à trouver l'entrée ? Ou bien était une Joan Barreda ?
Curieusement, il n'y a pas beaucoup de 550 Spyder sur ce blog. On voit tellement de répliques... Ce fut la première vraie voiture de course de Porsche. Pendant une dizaine d'années, il évolua sans cesse, jusqu'à devenir une F2 !
La plus mignonne, à mon goût, c'était cette Autobianchi A112 Abarth
Aseptogyl.
L'écurie ne s'est jamais vraiment remise de la fin de l'A110. Après l'A310, Bob Neyret fit surtout des opérations one shot (en rallye, mais aussi en cote et au Mans.) En 1976, il aligna ainsi six A112 Abarth au Monte-Carlo. Aseptogyl tentait sans doute de se rapprocher d'André Chardonnet. L'importateur Lancia-Autobianchi eu surtout l'idée de lancer sa propre coupe, en 1978. Bob Neyret fit ensuite différentes opérations auprès de Fiat. Mais en championnat du monde, les budgets étaient en train d'exploser. L'erreur de Bob Neyret fut sans doute de trop se disperser et de privilégier l'international, pour des dentifrices vendus en France...
Le plateau était plutôt éclectique. Certains équipages se croyaient au Tour Auto :
D'autres semblaient s'être échappé du Vendôme 80...
Et puis vous aviez le hors-sujet. Que serait une épreuve sans son "keskifoula" ? L'intrus du jour était donc une R5 Automatique 5 portes, un peu fatiguée.
Le sponsor-titre restait Alfa Romeo.
Jeudi dernier, Stellantis a dévoilé son plan FaSTLAne 2030. C'était un mélange de réchauffé (renouer un partenariat avec Dongfeng en Chine et Tata en Inde), de damage control (des Leapmotor produites à Saragosse et des Dongfeng à Rennes) et de projets petits bras (une E-car avec un masque de 2cv.)
Globalement, c'était très nul. Rien sur un plan de sortie pour DS et Lancia, ni d'une revente de Maserati. Déjà, 2030, c'est demain, dans l'automobile. A titre d'exemple, le plan Plan to Pass de 2019 offrait une trajectoire jusqu'en 2025. Antonio Filosa annonçait des voitures qui sont déjà presque en concession. D'ailleurs, les Dongfeng à badge Peugeot, pour la Chine, étaient il y a 3 semaines au salon de Pékin.
Mais c'est un contexte global. lundi, Ford a dévoilé un plan-produit pour l'Europe qui était tout aussi pathétique. L'incertitude est totale. Les généralistes se retrouvent avec des sites qui tournent à 50% de leur capacité. Ils voudraient les vendre, mais les Chinois n'ont pas les volumes pour, même à moyen terme. Le PDG sont désormais des "acting CEO" et ils se comportent comme des VP Sales.
Et Alfa Romeo ? D'ici 2030, elle recevra un nouveau SUV D (qui remplacera donc le Tonale) et une MC20 replâtrée. Sachant qu'Antonio Filosa a déclaré qu'Alfa Romeo était rétrogradé au statut de "marque régionale". C'est la fin du rêve américain.
Les Alfa Romeo étaient donc surreprésentées. Ah, lorsque l'on voit ce qu'était Alfa Romeo et ce qu'il en reste...
C'est le cas typique d'une victime de la rationalisation. Le plus évident, c'est une volonté de standardiser, d'abord les mécaniques, puis les plateformes. Les constructeurs ont taillé à la hache dans les bureaux d'études et les centres d'essais. En prime, vis à vis des innovations proposées par les équipementiers, aucun OEM ne veut essuyer les plâtres ; donc jamais rien de vraiment inédit. Les voitures de niches ne sont pas jugées assez rentables, donc on ne fait plus que du SUV. D'après les constructeurs, la clientèle exige désormais un certain nombre d'équipements et il refuse aussi les voitures trop typées.
Bref, tout ce qui faisait la spécificité d'une marque disparait. En prime, Alfa Romeo subit la valse des PDG de FCA/Stellantis, avec autant de plan-produits. Dans un secteur du premium très compétitif, le marque milanaise se retrouve avec des cycles-produits d'une dizaine d'années.
Autre sponsor : Lise Charmel. Il était présent avec deux Jaguar Type E série 1 argent.
Karma Automotive s'incrustait pour dévoiler ses modèles.
Henrik Fisker fut l'une des stars du design des années 90. On lui doit notamment la Z08 et la DB9.
Coup de théâtre N°1 : en 2005, Fisker claquait la porte d'Aston Martin pour fonder Fisker Coachbuilder. L'ancien designer proposait des BMW et des Mercedes-Benz relookées, comme le faisait Ghia, Vignale ou Arnolt, dans les années 50-60. Une activité aux finances assez aléatoires. Henrik Fisker dut ainsi prendre le crayon. Il signa notamment la Tesla Modèle S et l'Artega GT.
Coup de théâtre N°2 : en 2008, Fisker Coachbuilder devenait Fisker Automotive. Fisker dévoilait la Karma, une berline hybride. Alors que la Tesla Modèle S faisait figure d'Arlésienne, la Karma fut la première voiture de luxe "propre". La production débuta chez Valmet, mais Fisker avait racheté une usine GM.
Emil Frey était l'importateur exclusif de Fisker en France. La fournisseur de batteries, A123 Systems, était lui-même une start-up. Il avait surestimé la demande. Les Karma avaient un soucis d'arrêt intempestif. A123 Systems dût effectuer un rappel des batteries, alors que ses finances étaient déjà très juste... A123 Systems s'effondra, en 2012. Fisker dû baisser le rideau, dans la foulée.
Henrik Fisker s'embarqua dans l'aventure VLF. L'entreprise dévoilait quelques prototypes, avant de s'adosser au douteux Greentech Automotive. En 2016, Fisker - l'entreprise - fut ressuscité avec
le SUV Ocean. La production débuta en 2022, chez Magna. Très vite, il y eu des rumeurs de faillite. En 2024, Fisker Inc mit officiellement la clef sous la porte.
En 2014, Wanxiang Group avait racheté l'usine de Fisker et l'outillage de la Karma. Ainsi naquit Karma Automotive. La berline fut renommée Revero. Elle fut produite non pas dans l'ex-usine GM, mais à Moreno Valley. Lu Guanqiu, fondateur de Wanxiang, mourut en 2017. Dans la foulée, Karma arrêta de produire la Revero et l'essentiel du personnel fut viré. En 2019, on vit néanmoins une série de prototypes, dessinés par Pininfarina.
Karma s'accroche ! La GS-6 est la bonne vieille Fisker Karma de 2008, à peine reliftée. La nouveauté, c'est le coupé électrique Amaris, qui doit être produit en 2027.
Et dans le respect des stéréotypes machistes, voici une Ferrari 308 avec une belle rayure sur l'aile arrière. Avant le début de l'épreuve !
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