mercredi 27 septembre 2017

Mini-essai : Ford Mustang 5.0 V8 cabriolet

Le week-end dernier, le concessionnaire Ford SAFI d'Evry sur Seine (94) organisait une journée d'essais, uniquement autour de la Ford Mustang. Je ne sais pas si j'y étais en tant qu'ancien propriétaire d'une Ford (Fiesta !) ou en tant qu'actuel propriétaire d'une MX-5, mais je me suis dit : "pourquoi pas ? "

Je suis d'une génération qui a grandi avec le regard braqué sur les USA. Tous ce qui était cool en matière de mode, de séries TV, de films, de musiques, de jouets, de fast food, de gadgets, etc. Apparaissait d'abord aux Etats-Unis. Et ensuite, 6 mois, un an, deux ans après, ça traversait l'Atlantique. Au point où des marques Françaises comme Chevignon, Creeks (mais aussi des industriels de l'agro-alimentaire) nous refourguaient des produits "à l'Américaine" ! A l'époque aussi, un vol transatlantique coutait un bras et peu de parents parlaient un anglais suffisant pour se débrouiller sur place. Donc, les USA faisaient figure de paradis inaccessible. Beaucoup de conversasions de cours de récré commençaient par "il parait qu'en Amérique, il y a ceci..." Aujourd'hui, cette hégémonie culturelle est contestée. Les gamins, ils louchent davantage sur le Japon.
La bagnole fait parti de l'imaginaire US. Une voiture statutaire et ostentatoire, qui doit impressionner votre voisin. Ah ça, la fois où j'ai eu une Chrysler Sebring, on m'en a longtemps parlé... La Mustang fait parti de la légende. Impossible de citer tous les films, les dessins animés, les clips où elle apparait (en particulier la première génération.) Des Mustang, je n'en avais jamais conduit. Mais mon histoire personnelle est jalonnée de moments pas très glorieux. En 1988, j'étais parti en Floride avec mon père et ma sœur. Mon père avait voulu vivre son rêve américain en louant une Mustang cabriolet. C'était l'époque de la "Fox". Bien sûr pour les loueurs, point de V8. On lui avait refilé une voiture équipée du 2,3l "Cologne" 89ch (!) qui atteignait 150km/h en pointe. Le tout avec la légendaire finition US (elle commençait déjà à rouiller.) 9 ans plus tard, en 1997, j'étais jeune stagiaire dans la Silicon Valley. Ford California avait son propre budget pub TV. Ils avaient fait toute une série intitulé "California Action Heroes" avec simili-Bioman qui testaient des Ford sur circuit. Ils tapaient pas mal sur les productions japonaises et la voix-off avait un début à faire pâlir Eminem. Ca donnait des spots du type : "EtvoicilatoutenouvelleZX2 ! Son2,0l130chridiculiselaHondaCivic ! Etjusqu'au15juinvotreconcessaireFordvouslaproposeautauxexceptionnelde4,3% ! California Action Heroes ! Ford !" Mais pour la Mustang le spot disait : "AdmirezcetteMustangGT ! Pourlatroisièmeannéedesuite,elles'estmieuxvenduquelaCamaro! California Action Heroes ! Ford !" Pardon ? Ils auraient pu la comparer à la Celica ou la RX8, mais ils préfèrent la mettre en face de la Camaro ? Et son seul attrait, c'est qu'elle se vend mieux ? Ce n'est pas hyper-rassurant comme argumentaire ! La troisième anecdote, c'était en 2012, lorsque je passais mon voyage de noce à Honolulu. La loueuse m'avait proposé une Mustang pour 20$ de plus. Mais de la manière dont elle le disait, ça sentait l'arnaque. Effectivement : c'était LA voiture du touriste. A chaque fois que vous croisiez une Mustang, elle était blanche et il y avait un Allemand en short derrière le volant !

En résumé. En passant la porte de SAFI, vous aviez d'un côté le gosse qui disait "TU VAS CONDUIRE UNE BAGNOLE AMERICAINE !" et de l'autre, le mec blasé : "Ca va être un gros veau pour pré-retraités, survendu par le marketing..."

Ligne
Après des années de n'importe quoi, Ford a redressé la barre depuis 10 ans, pour la Mustang. L'actuelle génération est un bon mélange de clin d’œil nostalgique et de traits plus modernes. On a l'impression qu'elle va dévorer la route ! Comme je l'ai écris plus haut, les Américains sont des spécialistes de la voiture statutaire. Pour l'incognito, il faudra repasser ! Surtout qu'elles sont presque exclusivement commercialisées dans des couleurs fluos. J'étais presque déçu d'en avoir une noire...

Intérieur
Une très bonne surprise. La finition est correcte, l'ergonomie est bonne et il n'y a pas trop de gadgets. Par contre, ils ont été généreux sur les chromes et les badges. Seul point noir : l'habitabilité. 4,784m, alors que c'est une 2+2 places ! Au moins, vous aurez de la place pour les courses...
Au volant
SAFI avait des 2,3l Ecoboost et des V8 5,0l. Avec 317ch, le 2,3l Ecoboost n'a plus grand chose à voir avec le Cologne (mis à part la cylindrée...) Mais une 'Stang, c'est forcément, une V8, non ? Dès que vous pressez le bouton start, vous obtenez le fameux glouglou. Grâce à la caméra de recul, les créneaux ne sont plus en problème, malgré les porte-à-faux. L'exemplaire testé possédait une boite automatique à 6 rapports. Elle gérait très bien les 421ch et les 524Nm de couple. Le parcours passe par une ZI avec un bitume en patchwork. Pas de problème pour la belle Américaine. Puis c'est l'autoroute, j'ai tenté une relance en courbe et la voiture est restée droite. Le gros plaisir, c'est tout de même de mettre les pleins gaz. Entre le bruit et le coup de pied aux fesses... A ce titre, le kick-down était réduit. Une Américaine avec un vrai V8, de vraies suspensions et sans kick-down ? On croit rêver ! Par contre, le moteur est vorace avec 16l de moyenne sur le parcours. La V8 a droit à un réservoir 61l (contre "seulement" 51l sur l'Ecoboost.) Néanmoins, il a tôt fait de n'être plus qu'un souvenir...

Conclusion
A 49 900€, cette Mustang 5.0 V8 cabriolet est bien tentante. Pendant des années, la Mustang n'était pas exportée. Ford a décidé de la vendre à travers le monde pour remplacer à la fois ses petits coupés (Cougar et Probe) en Europe et les grandes berlines (la Falcon) en Australie. On sent qu'ils ont fait de vrais efforts sur la finition et les liaisons au sol, pour la rendre compétitive. Donc terminée l'image de voiture de coiffeur...
J'étais arrivé avec des doutes et je suis reparti avec un sourire jusqu'aux oreilles. Lorsqu'au bout de 30 minutes, j'ai du rappuyer sur le bouton-poussoir et que le glouglou s'est arrêté, j'en avais la larme à l’œil...

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