mercredi 15 juin 2016

Brighton, un tour en MG3

Tant qu'à passer en Grande-Bretagne, autant en profiter pour essayer une MG ! Avant d'aller à Brighton, j'avais pris contact avec le concessionnaire local. Sauf erreur, je suis le premier Français à prendre le volant d'une MG3 et à en faire un compte-rendu.


Ah, MG... J'adorerais écrire un livre sur les années chinoises du constructeur. C'est un vrai roman : de la corruption avérée, de la corruption supposée, une histoire de fesses, des agent-doubles... Puis ces aventuriers qui débarquent à Nanjing (fief chinois de MG), un baluchon et un CV sous le bras.
La MG3 a une genèse au moins aussi improbable. Lorsqu'il rachète NAC, SAIC trouve des Punto dans les entrepôts de feu-Nanjing-Fiat (elles étaient destinées à un projet mort-né de production locale.) Equipée de bloc de MG 3 SW (ex-Rover Streetwise), ils servent de mulet. Le centre d'ingénierie anglais de SAIC, tout juste bâti, s'occupe du développement. Le concept-car MG Zero tâte le terrain. Puis c'est la présentation officielle, aux côtés d'une Austin Seven, d'une Morris Minor, d'une MG 1100 et d'une MG3 SW. Les Chinois savaient-ils qu'en 1929, d'autres Chinois avaient tenté de produire un clone d'Austin Seven ? Alors que la production débute à Nanjing, Prodrive se charge de la version anglaise (mieux finie et ayant une suspension plus ferme.) De nouveau, la MG Zero sert à tâter le terrain (cette fois, en Grande-Bretagne.) Puis c'est les débuts officiels. La MG3 "anglaise" inaugure un nouveau bouclier, intégrant des LED diurnes. Elle arrive de Chine sous forme de caisses peintes, nues, accompagnée d'organes mécaniques. Longbridge fait essentiellement de l'assemblage, même si quelques pièces sont Made in UK.


Concrètement, la MG3 est plus grosse qu'une Rover 25, mais elle est la fille spirituelle des Rover série 100 et de la maudite City Rover... La firme à l'octogone vise les poches trouées : pour le prix d'une Panda, il propose plus gros, mieux motorisé et mieux équipé. C'est honnête, mais la voiture manque cruellement de personnalité. On est très, très loin de la philosophie des X-Power des années 2000 et je ne parle pas des roadsters... La MG6 fut un plantage intégral, aussi bien sur le fond que la forme. MG UK a fait le minimum syndical pour la MG3, afin de limiter les coûts. Ca serait pourtant simple de bricoler une "sport" : des grosses jantes, un silencieux, des amortisseurs sport, un volant sport, peut-être même deux baquets et l'inévitable plaque numérotée... De quoi faire plaisir aux fans, tout en gonflant discrètement la note.
MG en 2008, c'est Talbot en 1979... Si Talbot n'avait pas eu PSA derrière lui et si Simca ne lui avait rien laissé dans les tuyaux. Les premiers concessionnaires étaient des amateurs, souvent situés en milieu rural. Ils prennent un panneau, certains par vocations, d'autres sont persuadés que ce sera de l'argent facile. La MG3 est arrivée alors que le réseau Chevrolet UK était livré à lui-même. MG a ainsi pu revenir dans les villes. "Mon" concessionnaire de Brighton fait surtout des Škoda et des Mazda. Vu l'épaisse couche de poussières et de fientes de pigeons, ça faisait longtemps que personne n'a voulu monter dans son démonstrateur. Les autres MG3 sont vendues comme des occasions récentes, à l'extérieur de la concession.


Jeudi 16, les premiers SUV GS vont débarquer. Comme d'habitude, MG compte sur des tarifs très agressifs pour convaincre. L'objectif, c'est de créer un cercle vertueux : convaincre davantage de concessionnaire de prendre un panneau, avoir ainsi davantage de visibilité, donc davantage de notoriété, donc inciter les concessionnaires à sauter le pas, etc. Reste que SAIC manque d'ambition : une campagne de pub tous les deux ans, aucune évolution (alors que la MG3 va fêter ses 5 ans) et aucune stratégie sérieuse pour débarquer sur le continent. Si rien n'est fait avec le GS, MG restera une marque exotique.

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