samedi 21 décembre 2013

Une BMW 2002 orange

Une BMW "02". Plus précisément, une 2002, dans un bel orange bien seventies. Le "double-haricot" un peu enfoncé prouve qu'elle roule tous les jours. Enfin, tous les jours... Je suis passé deux fois au même endroit à une semaine d'intervalle et elle n'avait pas bougé...

BMW a failli disparaitre à la fin des années 50. Dans l'immédiat après-guerre, la plupart des constructeurs se sont retrouvé au moins une fois dans une situation très difficile.
BMW, c'est arrivé deux fois. La première, c'est bien sur au moment du redémarrage. L'URSS lui a confisqué son site d'Eisenach et à Munich, les Français lui ont pris ses machine-outils comme "réparation de guerre". Ensuite, les berlines 501/502 n'ont jamais convaincu. L'Isetta permet de boucler les fins de mois... Mais à la fin des années 50, les Allemands ne veulent plus des voiturettes. Wolfgang Denzel, l'importateur Autrichien, fait lui-même recarrosser une Isetta par Michelotti. Le prototype intéresse Béhème. Problème : BMW n'a pas un sou vaillant. Le conseil d'administration songe à se saborder et à vendre le site à Mercedes. In extremis, il vote la poursuite de l'activité et le proto devient la 700, lancée en 1959. Un des personnages clefs du redressement de BMW, c'est le président du land de Bavière. Borgward a besoin d'un peu d'argent pour éponger ses dettes ; BMW veut un prêt pour financer la future Neue Klasse. Le président du land a un faible pour BMW. Il laisse donc crever Borgward et arrange un crédit pour BMW. La 700 se vend très bien, mais le constructeur a compris que le temps du tout-à-l'arrière est compté. Chaque nouveau modèle ouvre un nouvel horizon. La 700 lui permet d'équilibrer les comptes. Avec la Neue Klasse, il s'attaque au marché européens. Avec la "02", il assoit sa réputation dans l'access premium. Ensuite, avec les séries 5 et 7, il montera en puissance et viendra chercher son "ennemi intime", Mercedes.

Pendant longtemps, la gamme de BMW était assez simple : 3, 5, 7 et au moins un roadster. Aujourd'hui, à l'instar de Mercedes et d'Audi, il semble vouloir s'attaquer à chaque sous-niche de marché. J'ai l'impression que l'idée, c'est de faire un tir de barrage et ensuite, ne garder que ce qui marche. J'ai quand même peur qu'à force, il ne dissolve l'image de la marque. C'est quoi, aujourd'hui, une BMW ?
Il y a aussi la question du volume de vente. BMW vend plus que certains généralistes. Est-ce qu'on peut encore faire de l'exclusif, avec plus d'un million de ventes annuelles ?
Ce sont de vrais enjeux pour l'avenir.

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