Le sport automobile Chinois est un sujet très confidentiel. Quant à trouver des miniatures dédiées... Voici pourtant une Lotus Emira GT4, vice-championne du championnat chinois de GT 2025, par KILOworks.
KILOworks s'est fait une spécialité de reproduire les voitures du GT World Challenge Asia et de la SRO GT Cup. Il est y d'ailleurs sponsor-titre d'une écurie. Voici l'Emira GT4 du Team Pegasus. A ne pas confondre avec les Alsaciens de Pegasus Racing. KILOworks la commercialise également en livrée "début de saison".
Les Lotus sont surreprésentées au 1/64e. Voici un échantillon, avec Maïsto, Hot Wheels, Tomica et Matchbox. D'ailleurs, Tomica et Hot Wheels ont reproduit l'Emira ! Je n'en ai aucune explication. D'autant plus qu'aux autres échelles, les Lotus sont plutôt rares.
C'est une édition spéciale HEC 2026, donc les prix avoisinent les 50€.
Pour l'originalité, on est sur du 10 sur 10 !
Le point de repère, c'est
la Lynk&Co 03 WTCC de XCarToys. On retrouve la même attention portée aux détails. Comme l'aileron arrière avec ses mats courbés, sans oublier la livrée "Team Lotus".
Par contre, le moteur -visible à travers la baie- est très schématisé.
L'histoire moderne de Lotus en endurance débuta au début des années 90. A la renaissance du GT, il n'existait pas vraiment de voitures de compétition clef-en-main. Les Anglais croyaient au potentiel de la Lotus Esprit, facile à gonfler. Chamberlain créa une Esprit GT2 - avec l'appui de l'usine - avec laquelle ils remportèrent les championnats Britanniques 1993 et 1994.
Lorsque le Team Lotus renonça à la F1, il construisit une Esprit GT2, portant les couleurs officielles. Alex Zanardi remportant des victoires de classe en BPR, à son volant. Pour 1996, le Team Lotus profita de l'arrivée de l'Esprit V8 pour construire une GT1. Une voiture rapide sur un tour, mais sous-dimensionnée par rapport aux McLaren. Pour 1997, place à
l'Elise GT1. Elle fut complètement surclassée.
En 1998, Franz Konrad voulu mettre le moteur de l'Elise GT1 dans une Lola B98. Ce fut la dernière apparition du Team Lotus, jusqu'à Tony Fernandes.
En 2006, Lotus Track Racing Driver's Club eu l'idée d'un championnat pour Lotus Elise et Exige homologuées circuits. Lotus Cars se montra bienveillant, suggérant
une coupe européenne. Dany Bahar eu de grands projets. A peine lancée, l'Evora eu droit à une version LM GTE. Jetalliance en aligna deux aux 24 heures du Mans 2011.
En 2012, Kodewa aligna une Lola B12/80 ByKolles aux couleurs de Lotus. En 2013, Kodewa commandita cette fois une LMP1 à moteur Praga, qu'il baptisa Lotus T128. Autant de projets qui firent long feu. Pour l'anecdote, Cars Tokai, l'importateur japonais, aligna une Evora silhouette en JGTC, de 2015 à 2021.
Geely songea à ramener Lotus en compétition, mais sans retomber dans les travers de l'ère Bahar. En 2018, Cyan Racing (ex-Polestar) prépara une Evora GT4. Au salon de Shanghai 2019, Lotus dévoila la GT4 concept. Yue Cui et Fan Gaoxiang devaient la piloter en Pirelli World Championship, en 2020. Le covid torpilla l'idée.
Ensuite,
l'Emira débarquait et il n'était plus question de promouvoir l'Evora. En septembre 2021, Ray Mallock construisit
une Emira GT4 pour Lotus. Elle reprenait nombre d'éléments de l'Evora GT4 Concept de 2019. Si l'Emira se fit beaucoup attendre, que dire de sa version compétition... A l'été 2023, Lotus dévoilait
une Emira GT4 définitive en British GT. Lu Kailuo l'étrennait à Macao. Non pas lors de la FIA GT World Cup, mais durant la Greater Bay Area GT Cup. Face à des voitures moribondes, il s'imposa.
Les amateurs ne se pressèrent pas.
En 2025, les Anglais du Mahiki Racing alignèrent trois voitures en British GT. Importateur officiel Lotus pour l'Italie, Stefano d'Aste s'est offert deux voitures pour sa structure PB Racing. En Chine, qui est désormais l'autre fief de Lotus, on trouvait trois Emira dans la nouvelle SRO GT Cup pour Pegasus.
En mars, coup de théâtre : Lotus imposa à Mahiki Racing, PB Racing et au Team Pegasus, une charte graphique. Cette livrée jaune "Team Lotus" rappelait très vaguement celle de l'Esprit GT2 de 1995.
La Chine est le pays du "arrive and drive". Pilotes et structures ne voient pas trop l'intérêt de disputer un championnat complet. Il faut aussi noter que la Chine manque de pilotes "internationaux". Han Lichao, illustre inconnu, a ouvert le palmarès de la SRO GT Cup, avec sa Supra.
Lu Wenlong couru trois des quatre épreuves, remportant la course 1 de Pékin et surtout, la prestigieuse finale de Macao. Avec cette médaille d'argent finale, il fut - de loin - le meilleur performer de Lotus en Chine. Daniel Hibbitt possède un passeport Britannique. Plutôt qu'être personne en Grande-Bretagne, il a décidé de jouer la carte Chinoise. Il a choisi de se faire appeler par son prénom Chinois, Wenlong et de porter le nom de jeune fille de sa mère, Lu. Lu Wenlong avait fini 2e de la Formula Masters China 2017. Ce n'était pas le meilleur cru, mais il voulu tenter sa chance en Euroformula Open. De mémoire, il avait beaucoup de mal à rester sur l'asphalte. Il retourna en Chine et remporta la Carrera Cup Asia 2021.
Depuis, Lotus a réduit la voilure en GT. Le Team Pegasus est passé à deux voitures. Le Mahiki Racing a carrément troqué ses Emira pour des McLaren !
Reste l'infatigable Stefano d'Aste... Il engage deux Emira GT4 en European GT4 Series (dont il en pilote une.) Auxquelles il faut ajouter deux autres voitures en GT4 Italy.
Sauf erreur, il n'y a pas d'autres Emira GT4 engagées autre part, y compris en Lotus Cup. Cela souligne le désamour pour l'Emira. Les "chaps" la trouvent trop chère et trop exclusive pour une Lotus. Et les équipes confirmées préfèrent miser sur des valeurs sûres. Les rumeurs récurrentes de fermeture d'Hethel n'arrangent rien...
Commentaires
Enregistrer un commentaire
Qu'est-ce que vous en pensez ?