Les 50 plus belles Ferrari

Lors du second confinement, les professionnels du livre nous ont dit : "Nous sommes essentiels ! Nous, nous produisons de la culture ! Nous instruisons les gens !" Et en guise de remerciement, ils nous pondent un livre comme Les 50 plus belles Ferrari, par Brian Laban.

Imaginez un enfant, qui s'intéresse à l'automobile. Ses parents, pour son anniversaire, noël, le brevet des collèges ou un bon carnet de notes, lui offrent un livre. C'est comme cela que naissent les vocations ! Chez des passionnés, j'ai souvent vu un livre plus vieux que les autres, corné, déchiré, lu 1000 fois...

Malheureusement, Les 50 plus belles Ferrari ne sera pas ce livre. L'acheter, cela revient à dépenser 25€ pour rien. Et la personne à qui vous l'offrirez sera déçue.

Le tandem infernal Brian Laban-Glénat avaient déjà... Publié Les 50 plus belles Porsche. Un livre ayant reçu des ajouts mal intégré, puis réédité pour se faire passer pour neuf.

Revoir Brian Laban et Glénat ensemble est un mauvais augure en soi...

La page de garde est édifiante. On découvre un premier dépôt de l'ouvrage en "MCMXCI". Pour ceux qui ne seraient pas familier avec les chiffres romains, cela signifie 1991.

En effet, l'ouvrage d'origine était Classic Ferraris, aux éditions Salamander. Brian Laban l'avait publié en 1991. En traversant la manche, il devint Ferrarissime, aux éditions Atlas, en 2006. Il fut réédité en 2015 et le voilà donc, sous un nouveau nom, sous la bannière de Glénat.

Le gros défaut de Les 50 plus belles Porsche, c'est que le rajout avait été fait avec des photos constructeurs. Porsche possède un site média très bien garni et l'iconographe a eu un talent certain pour choisir les clichés ayant le moins d'intérêt.

Or, ici, on découvre qu'au-delà de la page 115, ce sont des photos constructeurs...

Tous les indicateurs sont donc au rouge.

La première moitié du livre est typique de la vieille école : des photos de voitures restaurées et beaucoup de texte. La maquette est également caractéristique de cette époque.

Un livre, ce n'est pas qu'un sujet. C'est aussi un texte. Brian Laban multiplie les détails n'apportant pas grand chose. Saviez-vous que l'alésage du V12 "Lampredi" de la 375 America était de 84mm ? Que la 365 GTB/4 Daytona possédait un meilleur train avant que la Lamborghini Miura ? Ou que le volant de la Testarossa était réglable en hauteur ?
L'auteur décrit la marque avec l'entrain d'une voix off de documentaire animalier de troisième partie de soirée... Pourtant, s'il est bien une marque sur laquelle d'aucuns s’enflamment, c'est bien Ferrari !

Peu après la mi-livre, on dépasse l'ouvrage original. 

Là, l'iconographe a pris les premières photos qu'il a trouvé sur le site média de Ferrari. Oui, cette photo de 360 Modena est floue. Elle date de la réédition de 2006. Depuis, il a été réédité deux fois, pourtant Glénat n'a pas jugé nécessaire de remplacer le cliché. C'est dire le peu d'égard porté au lecteur...

Et bien sûr, la traduction a été réalisée à la diable. Anglicismes, traductions littérales d'expressions, reprises d'acronymes anglo-saxons, etc. C'est juste illisible.

Notez que même les chapitres les plus anciens ont ce traitement. Chapitres, qui, rappelons-le, on eu droit à plusieurs bons à tirer...

C'est d'autant plus rageant qu'entre les photos et le texte, le toilettage n'aurait pris que quelques mois. Sachant que Glénat a tenu à réaliser une couverture, le processus aurait été quasiment transparent. Donc ce n'était pas une question de planning ou de budget, juste de volonté...

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