C'est parti pour mes impressions du Mondial de Paris 2026. On commence par le constructeur le plus proche de l'entrée : Li Auto.
Un mot sur Li Auto, car c'est la première fois que je l'évoque sur ce blog.
Derrière Li Auto, il y a Li Xiang. Elève moyen au lycée, il tenait un site web où il parlait d'informatique (c'était avant les blogs.) En 1999, il arrêta les études et transforma son site perso en site pro, sous le nom de PC POP (sous titre : "Cyber eMagagazine".) Cartes graphiques, écrans plats, lecteurs MP3... L'actu était très riche. Et Li Xiang le devint, lui aussi, très riche.
En 2005, il commença à parler également de voitures. Puis il créa un site séparé, Autohome. Je citais régulièrement des articles d'Autohome, au temps où j'étais au Blog Auto. C'étais un site à la Chinoise, très touffu ! Beaucoup d'articles (actualité, photos-espion, essai, forum, voitures d'occasion...) et lorsque l'on péchait une info, il fallait la sauvegarder, car 1 heure plus tard, elle avait déjà disparue de la "une" du site ! Notez que contrairement à Sina et QQ, Li Xiang ne se diversifia pas tout azimut.
En 2014, Autohome fut coté à la bourse de New York. Li Xiang vendit ses parts, amassant une fortune. Li Bin avait créé Bitauto et lui aussi l'avait fait coter à la bourse de New York. Li Bin voulait utiliser l'argent pour se lancer dans l'automobile. Li Xiang voulu s'allier à son ex-concurrent, puis leurs vues divergèrent.
Li Bin fonda
Nio et Li Xiang, Chehejia. En mandarin, traditionnellement, on ne met pas d'espace entre le mot. Il faut donc lire "[Qi]che he [zhu]jia" (汽车和住宅, voiture et foyer.) En Chine, l'époque était
aux voitures électriques sans permis. C'était des voitures très artisanales. Le projet de Li Xiang était de créer une sans-permis plus aboutie. Le prototype, créé en 2018, fut envoyé dans des shootings à Paris et San Francisco.
Mais Li Xiang avait bien compris que le temps des sans-permis était éphémère. Il se lança sur un SUV électrique, comme Nio. Exit Chehejia, place à Li Auto. Le nom chinois est Lixiang zhudao (理想主导, meilleur raisonnement.) Comme de nombreux fondateurs de "nouveaux constructeurs", Li Xiang met en avant son propre nom (même si ici, il joue sur une homonymie.)
Au salon de Shanghai 2019, Li Auto dévoila le One, un SUV générique. Li Auto profita de la déconfiture de
Lifan pour reprendre une partie de ses actifs. A savoir notamment la précieuse licence de production de voitures. Mais le One fut produit à Changzhou, dans une usine construite ex nihilo.
Nio eu tendance à virer dans des délires quasi-sectaires. XPeng partait dans des
délires technologiques (voitures volantes, âne-robot...) Li Auto fut effectivement la voix de la raison : pas de patron mégalo et une croissance assez forte.
Beijing-Hyundai avait connu un développement exponentiel, durant la période 2005-2015. A peine inauguré, chaque usine était saturée ! La joint-venture du Coréen connu un trou d'air et signe des temps, il vendit l'un de ses sites à Li Auto.
Parmi les "nouveaux constructeurs",
la lutte pour la tête est impitoyable. Un temps distancé, XPeng, a déclenché le second étage de sa fusée. Aujourd'hui, Li Auto marque légèrement le pas face à XPeng et Nio. Il a vendu 293 436 voitures sur les trois premier trimestres de 2026 (en baisse de 1,25%), contre 322 394 unités pour XPeng et 300 301 pour Nio. Le chiffre ne porte que sur la Chine. Pour XPeng, il faut ajouter 20 000 voitures exportées, sur lesquelles il marge davantage.
Li Auto, lui, n'exporte que de manière très marginale en Egypte, au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Pour ne pas décrocher, il doit exporter davantage. Aujourd'hui, l'Europe fait figure de Royaume du Prêtre Jean pour les constructeurs Chinois ! D'où la présence de Li Auto au Mondial de Paris.
Li Auto s'est offert au passage une belle bannière... Au dessus des poubelles. VIParis a escroqué de nombreux constructeurs. Entre les zones en travaux et sa barrièrophilie, il y a de nombreuses publicités géantes dans des coins partiellement masqués, voire inaccessibles pour le public.
Le fer de lance de Li Auto, c'est le Li 6. C'est logiquement avec lui qu'il compte conquérir l'Europe. Pour l'occasion, il a reçu des poignées de portes avec ouverture manuelle et des suspensions revues.
Il est proposé avec en propulsion, avec un moteur 250kW. La version supérieure y ajoute un moteur 150kW sur le train avant. Le batterie géante de 96kWh offre 780km d'autonomie (d'après les normes chinoises.)
Li Auto n'ose pas encore annoncer de tarif. Il doit être commercialisé en 2027 en Norvège et au Benelux, en attendant un déploiement plus important.
Pour faire le nombre, Li Auto expose également le L9. C'est en fait la seconde génération de L9, dévoilée cette année à Pékin. Vous trouviez le Li 6 imposant avec ses 4,95m ? Voici un beau bébé de 5,25m !
C'est un électrique avec "prolongateur d'autonomie". Un 4 cylindres 1,5l turbo maison (?) développe 150ch. Il est associé à deux moteurs électriques, pour une puissance totale de 420kW. La batterie développe 73kWh.
J'avais cru lire "Liris" (ce qui sonne comme lyrique), mais cette version haut de gamme bicolore s'appelle Livis. Le Livis possède aussi un immense écran 15,7 pouces à l'avant et un écran rétractable 21 pouces à l'arrière.
Comme la plupart de ces "nouveaux constructeurs", Li Auto propose un monospace XXL, le Mega (5,35m.) Il a évolué au salon de Shanghai 2025. Les roues à voile plein donnent un look futuriste à un style général plutôt quelconque.
Le Mega possède un moteur 258kW à l'arrière et un moteur 150kW à l'avant. Sa batterie CATL 108kWh lui 710km d'autonomie.
A porte de Versailles, Li Auto expose la version Mega Home. On retrouve l'écran 15,7 pouces à l'avant et l'écran rétractable 21 pouces à l'arrière. Surtout, la seconde rangée de siège propose un mode "gravité zéro" avec basculement à 180° et mode massant. C'est très, très confortable. Visez les petits coussins sur les cap'tain chairs...
Notez qu'en Chine, le Li 6 est proposé avec de tels sièges à l'arrière.
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