Déjà venu en 2024, Aito est de retour à Paris, en 2026. Le constructeur n'a pas de véritable projet d'implantation en France et il s'adresse surtout aux Chinois. C'est le cas typique d'un planté de drapeau.
Pour rappel, Seres s'était lancé dans les SUV bas de gamme en 2016.
Les Debard père et fils les ont importé en France, en 2021. A la même époque, Huawei dévoilait son "Harmony Intelligent Mobility Alliance". HIMA, c'est à la fois des équipements haute technologie signés Huawei et une ingénierie industrielle. Huawei proposait sa solution HIMA aux constructeurs. Seres fut le premier à lever la main.
La recette était simple : prenez un SUV Seres, ajoutez-y une sellerie cuir et les fameux équipements Huawei, quelques traits pour un aspect premium et vous pouvez doubler le prix !
Les premiers SUV Aito débarquèrent, en Chine, en 2023 et Seres s'empressa de liquider les anciens SUV. D'où le désarroi des distributeurs français,
qui se virent largués sans préavis.
Fin 2025, Seres dépassait les 500 000 ventes dans l'année. Aito se vantait d'avoir franchi le millions de ventes cumulés (hors SUV vendus sous la marque Seres.) Depuis, les ventes sont tombées à 20 000 unités mensuelles.
Les relations avec Huawei ont soufflé le chaud et le froid. L'équipementier Chinois avait vendu sa solution HIMA à cinq constructeurs. Aito est le projet le plus abouti, de très loin. Récemment, Maextro (collaboration entre Huawei et JAC) s'est fait remarquer pour
sa pédale de frein qui casse lors des freinages d'urgence. La vidéo fit le tour du web Chinois ; autant parler de bad buzz. Depuis, Seres et Huawei ont prolongé leur partenariat.
Pour mettre Huawei sous pression, Seres s'est associé à CATL. Le fabricant de batterie proposait lui aussi de l'ingénierie industrielle. Son projet Avatr avec Changan tourne en eau de boudin (on y reviendra) et Seres de saisir la balle au rebond. Voici donc Aiva.
Lancé en 2025, le 8 était absent au dernier Mondial. C'est un SUV XXL de 5,19m. Il dispose d'un moteur 1,5l turbo 155ch associé à deux moteurs électriques (un par essieu) d'une puissance totale de 397kW.
Il est fabriqué dans la "Super Intelligent factory" de Jiangbei, mise en place avec Huawei. Les anciens SUV Seres étaient produit chez Dongfeng. Le constructeur reste actionnaire de Seres, mais son rôle se limite à percevoir une rente. D'ailleurs, il a son propre projet de conquête de l'Europe.
La pression est telle, parmi les "nouveaux constructeurs", qu'Aito a dû renouveler entièrement sa gamme. Le 7 fut le premier modèle du constructeur. Après trois années de carrière, il a dû céder sa place à une seconde génération, complètement inédite. On n'est plus sur du Seres relooké !
Le nouveau best-seller d'Aito, c'est le 6, lancé lors du Nouvel An Chinois. Comme son nom le suggère, il est plus petit que le 8, avec "seulement" 4,96m.
Comme la plupart des constructeurs Chinois, Aito a invité une floppé de jeunes influenceurs Chinois. Il s'agit de tourner des publi-reportages pour montrer à quel point Aito fait un carton à Paris. Impossible donc d'approcher le 6...
A l'origine, Aito avait apposé de gros logos Huawei, un peu partout dans l'habitacle. L'équipementier à râlé et les logos ont disparu.
Pour autant, Huawei est perçu par les Chinois comme le concepteur d'Aito. Et cela explique sa popularité relative, là où Seres végétait naguère. Pour les Chinois, ce genre de partenariat est vu comme quelque chose de positif. C'est une différenciation vis-à-vis de la concurrence, voire un critère décisif dans le processus de choix des clients.
Autrefois, des noms comme Cibié, Magneti Marelli ou Bosch étaient
volontiers mis en avant. Mais les occidentaux n'y voient qu'une dépendance vis-à-vis d'un équipementier. Avec un risque de surcoût. Et ça, le tableau Excel dit que ce n'est pas bien.
Donc dans un marché automobile où la technologie devient prépondérante, les occidentaux refusent d'éventuels avantage compétitifs. Le bilan sera dans le rouge, mais le tableau Excel sera dans le vert. Imaginez une voiture qui se vanterait d'être conçue en collaboration avec Dassault ou Thales. Ca, ça aurait de la gueule !
Le vaisseau-amiral d'Aito, c'est le 9, avec ses 4,40m. Dans cette version ultimate, il s'offre une robe bicolore et surtout, un moteur 2,0l turbo. Visez aussi les petites animations, un peu kitsch, sur les optiques ("bonjour Paris" à l'avant et petits cœurs à l'arrière.)
La seconde génération de 9 est apparue au printemps dernier. Il reste le plus vendue des SUV Chinois XXXL.
Le 9 est produit à Jiangbei, mais sur un autre site que le 8. Notez que l'usine du 9 est mitoyenne de celle qui produira les Aiva.
A bord, vous avez une bonne odeur de cuir, digne des cuirs Connolly d'autrefois.
Les constructeurs occidentaux se sont perdus à écouter les conseillers à cheveux fluos. Le véganisme est marginal et personne n'aime le cuir artificiel. Ca fait cheap et c'est d'autant plus rageant sur une voiture premium.
Contrairement à Li Auto, Aito a pensé à changer la langue de ses ordinateurs de bord pour les journées publiques. Désormais, le 9 parle anglais...
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