dimanche 27 octobre 2013

Heuliez ne dansera pas le Mia

Une Mia. C'est l'une des premières que je vois dans la rue. Apparemment, Mia s'est associé à Orpi.

L'autre jour, j'ai entendu une conversation typique, dans un resto. Un homme dit à un autre homme : "J'ai vu un reportage sur l'électrique. C'est la voiture du futur ! Tu devrais en acheter une !"
J'aurais envie de dire au premier : "Si c'est la voiture du futur, pourquoi t'en achètes pas une, toi ?" Sauf que voilà, notre premier homme n'est pas fou. Il veut bien des électriques... Mais que ce soit le voisin qui en achète !
Parce que l'électrique, ça reste des golfettes tape-cul, qui font 80 bornes maxi avec le vent dans le dos. Avec l'électronique, on s'est habitué à des progrès fulgurants. Songez qu'en 10 ans, on a vu arriver les smartphones, les appareils-photos numériques, les lecteurs MP3, les TV à écran plasma... Sauf que l'électrique ne pourra pas progresser aussi vite. La voiture thermique est un petit bijou d'autonomie et de polyvalence, à un prix modéré. L'électrique ne pourra pas l'approcher de sitôt.

En attendant, ce n'est pas avec ça qu'on va remplir les carnets de commande de l'ex-Heuliez. Ceux qui ont raconté l'inverse sont soit des naïfs, soit des escrocs. Et ça vaut aussi, hélas, pour Brandt, Eon ou Renault à Flins...

Cette semaine, l'usine PSA d'Aulnay a fermé. J'ai eu un ami, en BTS, qui y avait passé un été. Il y posait des joints de vitres de Saxo. La direction jure que non, l'usine ne sera pas reconverti en site d'entreposage. A la place, ce sera... Un site de préparation de commandes. Ce qui revient peu ou prou au même. Au lieu de reprendre les ouvriers qualifiés, avec leurs années d'expérience, ils vont prendre du cariste intérimaire. Je suis sur qu'au Pole emploi d'Aulnay, les demandes de formation CACES vont exploser. Ca fera moins de jeunes du quartier en "chômeur catégorie 1" et tout le monde sera content (ou presque.)

Une info passée plus discrètement, c'est le réaménagement de Tanger. L'usine Renault y produira des Sandero.
A l'origine, le projet Dacia était cohérent, car les voitures étaient destinées au marché local. Mais lorsque la Logan, puis le Sandero et le Duster, sont arrivés en Europe occidentale, point de production locale. Depuis, Carlos Ghosn fait preuve de cynisme économique. Le problème des pays émergents, c'est qu'ils finissent par émerger ! Au début, les Roumains étaient bien content d'avoir du boulot. Mais ensuite, ils sont devenu gourmand. La transformation de la Somaca, puis la construction de Tanger ont été deux avertissements. En avril, Dacia est de nouveau en grève. Le N°2 menace de délocaliser au Maroc. Renault jure au Blog Auto que les propos ont été déformés et sorties de leur contexte. N'empêche, 6 mois plus tard, la deuxième ligne de Tanger démarre et ça fera ça de moins pour les Roumains. Conclusion : amis Marocains, si vous voulez garder votre job, fermez-là!
D'un autre côté, à l'heure du débat sur l'immigration, je ne peux pas être 100% contre cette usine de Tanger. Parce que cela offre des emplois locaux et des perspectives aux Marocains. Donc, ils seront moins tentés par une aventure européenne. C'est l'argument des libéraux. Le problème c'est que tout cela se fait au détriment des ouvriers d'Europe de l'ouest...

samedi 26 octobre 2013

Au nom de la gloire

Il y a quelque temps, j'ai lu Au nom de la gloire (le livre qui a inspiré Rush.) Et j'ai été très déçu.

J'ai pas osé l'écrire dans mon article, sinon, on m'aurait traité d'écrivaillon frustré (cf. le navet de Jean-Pierre Corniou.)

Tom Rubython, c'est "just the fact ma'am." Un descriptif course après course de la lutte entre James Hunt et Niki Lauda. Visiblement, il a interviewé pas mal de monde avant d'en écrire une ligne. Néanmoins, il garde une vision très anglo-anglaise (les continentaux sont ignorés, voir méprisés.) Evidemment, sur Hunt, il est obligé d'évoquer sa vie dissolue. Là, Rubython joue les vierges effarouchées.
Le tout traduit par quelqu'un de visiblement anglophone et qui ne connait pas la F1. Accessoirement, il y a des répétitions.

C'est d'autant plus dommage qu'il y a beaucoup de niveaux de lectures au duel Hunt/Lauda.
C'est l'arrivée des TV, des sponsors, les contrats annuels revus à la hausse... Hunt et Lauda s'en servent chacun à leur manière. Lauda pour exiger le maximum (financièrement parlant) de Ferrari. Hunt, lui, profite de sa belle gueule pour multiplier les apparitions rémunérées et pour passer à la TV.
C'est le temps des excès. Surtout pour Hunt. D'autant plus qu'à l'époque, on ne met pas en relation hygiène de vie et performances sportives. En apparence, la cocaïne n'a qu'un but récréatif. Mais ses sautes d'humeur, sa paranoïa et ses nuits sans sommeil ne sont-elles pas les symptômes d'un cocaïnomane au dernier degré ?
Rubython aurait pu creuser la "solitude". Tout les deux sont dans un monde sans frontière. Ils sautent d'un palace à un autre et ils côtoient les stars. Un quotidien incompréhensible pour leurs parents ou leurs amis. Ils vivent dans une bulle. Est-ce un hasard si tout les deux ont des difficultés amoureuses ?
Enfin, il y a l'aspect "anglais". De 1958 à 1973, seuls 3 titres (1960 - Phil Hill, 1970 - Jochen Rindt et 1972 - Emerson Fittipaldi ) échappent à des pilotes du Commonwealth. La F1 est repeinte en vert anglais. Puis, ensuite, plus rien. Non seulement, les titres 1974 et 1975 échoient à des non-Anglais, mais il n'y a plus de Britannique capable de jouer le titre ! En 1976, avec Hunt, la perfide Albion se rassure ! Sauf que ce sera un feu de paille. Il faudra attendre 16 ans pour revoir un Anglais au sommet (Nigel Mansell.) Hunt est la queue de comète de l'âge d'or anglais. Après cela, la F1 est mondialisée. Les Sud-américains dominent la F3 anglaise. Lotus, Williams ou Brabham n'ont aucun scrupule à embaucher des étrangers. La F1 des années 80 se fera sans les Britanniques. Voilà pourquoi toute une génération se repasse en boucle les images de James Hunt. Après tout, en France, on en est bien à se tripoter devant les titres de Prost ou le duel Arnoux-Villeneuve à Dijon...

dimanche 20 octobre 2013

Excalibur

Une Excalibur, visiblement louée pour un mariage. C'est une voiture très kitsch (et encore, là, le blanc atténue l'effet.) Brook Stevens trouvait que les Mercedes SSK et 540K n'était pas assez voyante. Donc, pour sa réplique, il a rajouté une couche de chrome. Ca donne un côté nouveau riche typiquement US : "Je viens de gagner mon premier million, je n'ai aucune notion culturelle et je veux que tout le monde voit que je suis millionnaire."

Mais c'est comme un Hummer rose fluo : c'est tellement baroque que ça en devient sympathique.

Quand je vois les Mitsuoka et autres Bufori, je me dis qu'en fait, Excalibur est mort trop tôt. Si les investisseurs avaient tenu un peu plus longtemps, ils auraient pu surfer sur le clientèle de nouveaux riches d'extreme-orient...

dimanche 6 octobre 2013

La princesse du Louvre

Une Princess Vanden Plas, version cossue de la BMC 1100/1300. C'est un peu l'ancêtre des Clio Initiale. J'en avais croisé une autre il y a quelques mois et je lui avais consacré un Conducteur du jour.

La dynastie des BMC 1100/1300 fête justement ses 50 ans. Ce sera l'un des derniers gros succès de BL>MG-Rover. C'était l'époque où les Britanniques n'achetaient que du BMC. Quitte à poireauter plusieurs mois pour en avoir une. L'erreur des dirigeants a été ensuite de considérer la clientèle britannique comme un acquis...

Comme d'hab', je n'ai pas grand chose de neuf sur MG. MG a vendu 104 voitures en septembre. Va-t-il confirmer en octobre ?
Côté BTCC, Jason Plato est toujours théoriquement en lice pour le titre. En pratique, il faudrait un miracle, la semaine prochaine... Je pense que Plato est le genre de gars capable de prendre n'importe quelle voiture et de l'amener sur le podium. Par contre, il est incapable de gérer un championnat. Quant à Sam Tordoff, il est encore trop "vert". Ce qui manque, à MG, ce serait un troisième homme, comme Andrew Jordan chez Honda. Un privé capable de glaner des gros points. Et puis, en cas de podium, ce serait toujours ça de pris pour la com' de MG...

Du reste, là, c'est la fin de saison. Il va y avoir des annonces de "montée" en F3, en GP3, en GP2, etc. J'aime bien "suivre" un pilote, comme avec Jean-Eric Vergne. Pouvoir dire ensuite : "Moi, je l'ai "vu", il y a des années." Prenez Sun Zheng, cette semaine... En mai 2011, j'évoque le CTCC (où il remporte sa première victoire en automobile.) Réaction : "On s'en branle, de tes chinoiseries !" Sauf que 2,5 ans plus tard, qui s'installe dans la Lotus GP, au Paul Ricard ?
Dans les prochaines années, il y aura un changement de génération en F1. Je pense que le centre de gravité de la F1 va se déplacer vers l'est. D'une part, il y a une vraie crise du sport auto européen. Rien qu'à l'hiver 2012-2013, on a vu disparaitre l'Intersteps, la FR Italia, la F2, la F3 Italia, les coupes européennes de FF et de Formula Abarth... Et justement, cette saison, la Formula Abarth et la FF se sont débattus avec 8, 9 voitures par meetings. Les pilotes européens -hors filière Red Bull et Caterham- végètent, cf. les Alexander Sims, Will Buller, Felix Rosenqvist, Jack Harvey, etc. Forcés de tripler, voir de quadrupler en F3, faute de pouvoir "monter". En parallèle, les pilotes Malaisiens arrivent avec des sponsors. Les Chinois, eux, sont hyper-motivés. Et il y a aussi les Thaïlandais, les Indiens et même les Moyen-orientaux, qui commencent à s'organiser... Visiblement, Fortec a déjà bien compris que certains Asiatiques ont de l'argent. La différence avec les Brésiliens ou les Japonais, c'est que les Chinois ne voudront pas juste faire des chèques. Avec un peu de chance, dans 10 ans, soit ils s'offrent Tatuus, RFR ou Mygale, soit ils produisent un clone de Dallara F3 ! Je prends les paris...