mardi 30 mai 2017

L'autre Supercinq...

Cette voiture noire est une Rosengart Super 5. C'est Français, ça, monsieur ! Petit aparté, normalement, le nom de la marque se prononce "rose en gare". Mais je trouve que cela sonne comme "ringard". D'ailleurs, un des spectacles des Deschiens avait pour décor "l'ancienne usine des automobiles Ringard". Moi, je dis "rozen'gart' ". En yiddish, cela signifie "le jardin aux roses", c'est plus joli, non ? D'autant plus que les Juifs sont tellement rares dans l'automobile...

C'était un autre Juif, Jules Salomon, ex-fondateur de Le Zèbre, qui avait aidé Lucien Rosengart à monter une chaine de production sous licence d'Austin Seven, en 1928. La Super 5, lancée en 1936, n'est qu'une Seven avec une nouvelle carrosserie. Techniquement, elle commence à dater. Surtout, la conjoncture économique est morose. Le fondateur doit se contenter d'un rôle de "conseiller". Pour se diversifier, Rosengart prend une licence de fabrication de l'Adler Trumpf, qui devient "Supertraction". Après guerre, Rosengart tente de repartir avec des Super 5 recarrossées. En fait, c'est un assembleur et non un constructeur à part entière. Il n'a pas les moyens techniques de développer complètement un modèle. En Europe, l'offre en automobile est largement inférieure à la demande, mais ce n'est pas pour autant que les gens sont prêt à acheter n'importe quoi ! La Sagaie, qui bénéficie d'un nouveau moteur, reste à l'état de prototype. Le coupé Marathon (parfois appelé à tort "Rosengart Marathon") est produit dans l'usine qui vient de fermer.

Bien plus tard, lorsque l'usine de tissage des frères Schlumpf est en grève, les ouvriers brûlent une Rosengart. Ils écrivent dessus : "Celle-là, vous ne l'aurez pas !" (NDLA : ils accusent les deux frères d'avoir dilapidé l'argent dans une collection de voitures anciennes.) Lorsque la Renault Supercinq sort en 1984, le journaliste de l'Auto-Journal dit qu'elle s'appelle "comme l'ancienne Rosengart". Pas sûr que beaucoup de gens se souviennent alors de cette petite voiture sortie un demi-siècle plus tôt...

dimanche 28 mai 2017

Combien de Carat ?

L'autre jour, en passant dans une banlieue, je vois une Mercedes 190 un peu tunée et surtout, très défraichie. Jusque là, rien de très inédit. Mon œil bio-ionique remarque alors un logo à l'arrière : Carat Duchatelet. Là, ça change tout !

Carat Duchatelet est un artisan belge, spécialisé dans les Mercedes blindées, depuis les années 70. A la fin des années 80, le tuning décollait et ils se sont dit "pourquoi pas nous ?" Toujours fidèles à l'étoile, ils ont proposé des Mercedes tunées et rallongées. M6 Turbo leur avait consacré un reportage. Visiblement, le tuning a fait long feu. La boite, elle, existe toujours et elle vient d'être reprise par un fond belge.

Notez le kit carrosserie, qui lui donne un aspect sportif. Si elle était en meilleur état (et si elle n'avait pas ces jantes anachroniques), je lui aurais consacré un Conducteur du jour...
Du reste, j'aime bien la Mercedes 190. C'est une éternelle mal-aimée. A son lancement, on la traitait de "Mercedes du pauvre". Il faut dire que la firme à l'étoile avait été très loin dans le décontainement. Il y a même eu une 190 1.6 avec boite 4 vitesses et vitres à manivelles ! Grâce à Dany Snobeck, la 190 s'est essayée au rallye, puis Mercedes s'est lancé en DTM, ouvrant la voie à une dynastie qui dure jusqu'à aujourd'hui... Côté série, la 190 fut avant tout un ballon d'essai. Il n'y eu que des versions 4 portes et 4 cylindres. Elle fut vendue une dizaine d'années sans réel lifting. Autant dire que la Classe C fut très attendue... Lors des derniers mois de la 190, Mercedes France avait multiplié les séries limitées. Tout était bon pour écouler les stocks !
Ensuite, elle devint la "Mercedes du blédard". On ne compte plus les 190D avec 200 000km, voir 300 000km au compteur. Le contrôle technique et les primes à la casse ont clairsemé les rangs. C'est dommage, car elle représente un moment important de l'histoire de Mercedes. Et quelque part, il a réussi sa descente en gamme. Cadillac, qui tentait la même chose avec la Cimarron, s'est cassé le nez...

vendredi 26 mai 2017

Une jardinière

Regardez ce que j'ai croisé l'autre jour... Une Fiat 500 Giardiniera ? Presque : une Autobianchi 500 Giardiniera ! Toutes les Giardiniera ont été fabriquées chez Autobianchi, à Desio. En 1968, Fiat décida que désormais la 500 Giardiniera deviendrait une Autobianchi. Le seul changement fut l'arrivée du "A" sur la calandre. Ils n'ont même pas pris la peine de lui donner un nouveau nom ! Ultime paradoxe, alors qu'elles débarquait dans le tarif Autobianchi, les Bianchina/Eden Roc (dérivées de la 500) en partaient pour laisser place à l'A112... Notez qu'elles n'eurent pas droit aux portes à ouvertures normales. Elle fut produite jusqu'en 1977. Elle survécu donc 2 ans à la 500 "normale".

Notez que j'avais croisé une Autobianchi 500 Giardiniera de la même couleur, à Mirafiori, lorsque j'étais invité à la présentation de la Fiat 500L.

Signalons qu'à l'époque, Autobianchi était distribué en France par Citroën. Cela faisait parti d'un accord avec Fiat. Les Italiens devaient aussi donner la plateforme de la 127, pour une future citadine (qui fut finalement éclatée en LN/LNA, Axel et Visa.)
Je crois qu'aujourd'hui, il est difficile de trouver, parmi les constructeurs généralistes actuels, deux marques n'ayant jamais collaboré ensemble. Ou qui n'ont jamais discuté. BMW et Mercedes ? A la fin des années 50, Mercedes voulait entrer au capital de BMW, qui préféra garder son indépendance. De plus, ils sont parti du consortium à la tête de Here. Honda et Toyota ? Le premier contrat de Soichiro Honda a été de redessiner la culasse de la Toyota AA, la guerre empêcha le projet d'aboutir. GM et Ford ? Ils ont travaillé ensemble sur des boites de vitesse. Et ainsi de suite.
Mon propos, c'est qu'on ne sait pas de quoi sera fait l'avenir. Les lignes bougent en permanence et les ennemis d'hier se retrouveront demain autour de la même table. Rien n'est jamais farfelu. Geely devrait devenir majoritaire chez Proton (et Lotus.) Li Shu Fu est très imprévisible et celui qui vous annonce son plan pour Proton est un menteur ! Je ne sais même pas si Li lui-même a une idée de ce qu'il va en faire ! En tout cas, Geely semble chercher des proies pas trop grosses. La prochaine pourrait être un Indien, comme Force Motors ou la division auto de Bajaj. A moins que VW ne se décide à revendre Seat (dont la croissance est décevante) et notre ami chinois bondirait dessus...

mercredi 24 mai 2017

Une journée aux Ecuyers

Bien sûr, lorsqu'on a piloté la Lotus Elan aux Ecuyers, on n'étaient pas tout seul en piste... J'ai compté 38 voitures et en voici quelques unes.

Dans une journée circuit, vous en avez toujours qui arrivent bien avant tout le monde. Ce rôle-là était tenu par une Porsche 356 et une Lotus Seven.
La Triumph TR3A d'un ami de Nicolas (celui dont la femme est montée avec moi dans l'Elan+2.) Ils se la sont offertes il y a quelques jours. La voiture est incomplète, un peu coursifiée et je subodore que sous la jolie peinture, c'est le musée des horeurs... La veille du jour J, ils l'ont bidouillée. Elle est descendu de la remorque au treuil, mais elle a roulé toute la journée sans broncher ! La TR3A avait cette réputation de "voiture de MacGyver".
On reste dans les Anglaises avec cette MGA. On jurerait qu'elle s'est échappé d'une édition des 24 heures du Mans des années 50...
Deux berlinettes Hommel. Pour ceux qui ne connaissent pas, dans les années 90, Michel Hommel -un grand fan d'Alpine A110- a voulu construire une A110 moderne. Elles étaient construites à Lohéac, fief du patron de presse. La mécanique, ainsi que nombre de pièces étaient empruntées à PSA. Il y a eu un challenge circuit (en marge des rencontres Peugeot) et une coupe monotype durant le championnat de France de rallye. Par la suite, les Hommel furent maquillées en Vaillante, le temps d'une autre coupe monotype. Mais le projet n'a pas survécu au durcissement des normes d'homologation.
Ce qui était bien, c'est qu'il y avait une grande diversité. Non seulement parmi les voitures, mais aussi parmi les participants, de différents âges et de différents milieu socio-professionnels. A quelques exceptions près, personne ne se prenait au sérieux.
La doyenne, c'était cette Bugatti Grand Prix (type 59 ?) A priori, c'était une vraie, pas une Pur-sang. Sur mon forum chinois de rallye-raid, les gens en étaient dingues ! Ils m'ont réclamée d'autres photos de l'Alsacienne...
Le midi, certaines mécaniques avait déjà souffert. Cette Chevrolet Corvette (C3) laissait de beaux panaches de fumée blanche. A mon avis, c'était un vase d'expansion fendue, qui goutait sur les échappements. Mais en parallèle, une courroie de distribution a lâché. Au moins, j'ai eu du temps pour immortaliser le V8 yankee...
Le clan du moteur en porte-à-faux arrière ! L'A110 orange me rappelait celle vu dans le show-room Alpine de Boulogne (alors que là-bas, c'était une 1600 et qu'aux Ecuyers, c'était une 1300.) Au total, il y avait trois A110. Elles sont reparties en convoi (la troisième ratatouillait.) Apparemment, ils se sont un peu tiré la bourre sur l'A4. Après le péage, on les a vu rassemblées sur le parking d'une station-service, avec des policiers qui leur servaient le thé et les petits gâteaux (pour reprendre une expression britannique.)
La scène typique de la fin de journée : la voiture qui tombait en rade. D'habitude, les gens arrivaient à rentrer aux stands. Là, la Simca 1000 Rallye 2 a du être ramenée à la ficelle...

mardi 23 mai 2017

Essai Lotus Elan


Dix ans. Cela fait dix ans que je connais Nicolas. En 2007, j'avais envie de m'investir en politique. Avec un nouveau parti, ouvert à de nouvelles idées et un chef capable d'être président... Du moins, c'est ce que je croyais quand je suis entré au Modem... En parallèle, je bossais déjà au Blog Auto. Nicolas, lui-même fan de voitures, m'a reconnu parmi les participants d'un "café démocrate". Il m'avait promis de me montrer ses voitures. Puis j'en ai eu marre du Modem. En tant que militants, le parti se fichait de nous. Nicolas n'était alors plus qu'un ami Facebook. On restait en contact. Régulièrement, il me parlait de me montrer sa Lotus Elan. Et bien sûr, le jour J, l'un de nous deux avait un empêchement...

Mais cette fois-ci, c'est la bonne ! A 7h... Disons 7h15, je suis en bas de chez lui. Et il y a cette magnifique Lotus Elan bleue. Et puis, le bruit du double-arbre au démarrage... Quelques mètres plus loin, je découvre le premier point faible de la voiture : la garde-au-sol est ridicule. A chaque dos d'âne, le pot racle. Or, le maire en a installé un tous les 10 mètres... J'ai mal pour la voiture ! L'autoroute marque la fin du calvaire. En ce samedi matin, il n'y a pas grand monde. Puis, avant Château-Thierry, on quitte l'A4 pour les petites routes de campagne. De quoi profiter des vocalises de l'Anglaise...
A 8h30, on atteint notre destination : le circuit des Ecuyers. Toujours vers 2007, une ex m'avait offert un stage de pilotage pour mon anniversaire. Trois tours en Porsche Caïman, à Marcoussis. J'avais pesté contre les écoles de pilotage et les coffret-cadeaux, lors de l'un de mes tout premiers articles. J'avais eu pas mal de retour. Un responsable d'une autre école me jurait que lui, il était réglo. Il allait s'installer dans un tout nouveau circuit, les Ecuyers. Dès que la piste serait prête, il m'inviterait... 10 ans plus tard, j'attends toujours son invitation.
Retour en 2017, je découvre le circuit. Vu du ciel, le tracé ressemble à Magny-Cours. Mais un Magny-Cours très vallonné... On est quasiment les premiers arrivés. Dire que Nicolas avait peur de louper le briefing !
J'avais des appréhensions sur la journée lorsque j'avais vu le règlement. Mais les organisateurs sont plutôt cools. Le briefing était allégé (dans le bon sens du terme) et c'est l'heure de prendre la piste... Nicolas prend le volant. Puis c'est mon tour. J'ai piloté sur circuits, j'ai conduit des anciennes. Mais là, c'était ma première expérience d'ancienne sur circuit ! Cette Lotus est très légère, très agile et très basse. Un kart ? Non, quand même pas. J'ai pris le volant d'une Europa il y a quelques années et elle était davantage taillée pour la course. En tout cas, j'ai pris plus de plaisir avec cette Elan qu'avec bien des voitures ayant le double de chevaux !
Ensuite, c'est une journée circuit classique, on roule, on inspecte les mécaniques, on papote. Le monsieur penché sur le capot, c'est un propriétaire de Lotus Elan cabriolet. Une bleue grise, exactement comme celle d'Emma Peel dans Chapeau melon et bottes de cuir. Il ne connaissait pas Nicolas, mais spontanément, il est venu comparer sa monture et la bleue.
En parallèle, grâce à la magie d'internet, je balance quelques photos sur un groupe chinois de fans de rallye-raid. Je m'attends à des remarques du type "c'est hors-sujet !" Mais les Chinois sont assez curieux de voir ces voitures et ce décor. En Chine, les journées circuits sont des évènements très huppés et il y a très, très peu d'anciennes (sachant que tout ce qui est antérieur à 2005 fait figure d'antiquité.) Un forumer me demande même si l'Elan possède une boite séquentielle ! En tout cas, ils m'ont redemandé des photos !
Le jeu, c'est de faire des tours en passager, sur les voitures des autres. Il y a trois A110 et j'aimerais bien monter dedans... Hélas, il y en a une en panne et les propriétaires des deux autres restent à son chevet. Puis le propriétaire d'une Elan+2 -qui est un ami de Nicolas- me propose de piloter sa voiture. En plus, lui, il en a marre et il me laisse tout seul ! La jolie épouse d'un autre ami de Nicolas veut jouer les passagères. Me voilà donc dans une voiture que je ne connais pas, appartenant à quelqu'un que je ne connais pas et aux côtés d'une personne que je ne connais pas (et dont je ne sais même pas si elle apprécie la vitesse.) Autant dire que j'y ai été mollo, au début... En fait, la femme et son mari participent chaque année au Tour Auto, avec une Jaguar Type E. En tant que navigatrice, elle a l'habitude d'être secouée. L'Elan+2 est plus lourde et plus longue que l'Elan "normale". Pas facile de prendre les épingles...
16h30. La journée se termine. Beaucoup de voitures n'ont pas supporté le roulage intensif. Certaines, comme la Ferrari à droite, ont siphonné tout leur liquide de refroidissement. D'autres ont des problèmes de batterie, d'alternateur... La Lotus de Nicolas, elle, ce sont les bougies, le souci. Elles ne travaillent plus qu'à mi-temps. Accessoirement, tourner toute une journée, en plein soleil, c'est éprouvant. Certains pilotes, après un énième tête-à-queue, préfèrent rentrer sagement.

Nous, on part avec l'Elan+2, avec un moteur qui tourne sur 3,5 cylindres (en moyenne.) Puis on repasse sur les dos d'âne. Quand je rentre, il est 18h15. Ma peau est couverte d'une belle couche de sueur (la ventilation est très symbolique sur une Elan), quelques coups de soleil et avec les tympans explosés. Lorsque je reprends le volant de ma MX-5, j'ai l'impression que l'embrayage et la boite sont en plumes !
Mais j'ai passé une journée merveilleuse et j'ai hâte de remettre ça !

dimanche 21 mai 2017

MG TF

La MG TF est le dernier roadster de MG. Les quelques centaines de TF de l'ère NAC furent un flop. Au moins, elle servit à essuyer les plâtres du CKD, en vue de l'arrivée de la MG6. Aujourd'hui, le constructeur a l'octogone s'apprête à lancer la GS en Grande-Bretagne. La nouvelle MG6 et la MG3 reliftée sont dans les tuyaux. Par contre, jusqu'à preuve du contraire, ils n'ont même pas tracé le premier coup de crayon d'un roadster. La seule chose qui pourrait sauver la TF, ce serait que MG cartonne en Europe et aux Etats-Unis. Car il y a aussi un plan "USA" sur la table.

Pour résumer, quatre constructeurs Chinois ont un projet sérieux de déploiement en occident à l'horizon 2020 : SAIC (MG + Maxus), Byd, GAC (uniquement aux USA ?) et Brilliance. Parler de 2020, cela sous-entend qu'ils sont prêts. Terminés, les plans foireux des années 2006-2008... De toute façon, en Chine, c'est toujours l'effet ketchup. Si un constructeur pose ses valises en Europe, les autres se devront de suivre rapidement, car il n'y aura pas de la place pour tout le monde. La jurisprudence de marchés comme la Russie ou le Chili, c'est que le marché finit par se cristalliser autour de quatre, cinq constructeurs (pas forcément les premiers arrivés, d'ailleurs.) Les autres risquent une marginalisation.
Il y a pas mal d'inconnus sur les dix prochaines années. Si Donald Trump fait ce qu'il dit, la Chine devra revoir ses lois sur les joint-ventures, sans quoi le marché US lui sera barré. Cela mettrait à mal des acteurs comme DongFeng ou BAIC, qui n'ont pas vraiment de marque pure faisant du volume. Et encore moins, de savoir-faire propre au-delà des transferts de technologie accordés par leurs partenaire. L'état pourrait imposer des fusions. Il pourrait également durcir le ton sur la pollution et la sécurité. Un moyen de se débarrasser des petits constructeurs qui n'ont pas les moyens de mettre au point de vraies nouveautés (cf. Hawtai, Yema, Zotye...) Si Pékin possède déjà des champions qui vendent un million de voitures par an, rien que sur les marques pures, avec une part significative à l'export, il aura les coudées franches.
En occident, on est habitué aux plans à long terme, des petits pas, des plans de reclassement. En Chine, tout se fait loin des caméras. On ne dit pas qu'on va fermer une usine ; on la ferme un beau matin. Les symptômes, c'est un site web dont les dernières mises à jour datent et une absence dans les gros salons de l'auto.

vendredi 19 mai 2017

Matinale Engie sur les voitures propres

L'autre jour, j'étais invitée à un point organisé par Engie et consacré aux voitures propres. Vers 2010, j'avais assisté à plusieurs présentations sur le thème de l'électrique (dont une conférence.) C'était intéressant de comparer ce qui étais prédit vs ce qui s'est réalisé.

Evidemment, on est loin des centaines de milliers de ventes annuelles que l'on annonçait. Ce qu'annonce Engie, c'est qu'à court, moyen terme, l'électricité ne sera pas la panacée. Voici les différentes solutions :
- La star, c'est bien sûr l'électrique. Mais elle manque complètement de polyvalence. C'est une solution urbaine, réservée aux petits trajets. Côté clientèle, on en est encore aux "early adopters". Encore que Tesla a rendu l'électrique cool et l'a étendu aux technophiles. L'un des points bloquants, c'est l'absence de recharges. En Californie, il y a une prise pour 12 voitures. Dans les parkings, certains n'hésitent pas à débrancher les voitures pour brancher la leur ! Engie ne peut pas se contenter de fournir de l'électricité. Il s'est offert EV Box, une start-up qui installe des recharges. Le représentant d'EV Box souligne d'ailleurs que pour le client, le chargement est transparent : on se gare, on se branche et pendant ce temps-là, on peut aller faire ses courses... Mon voisin, un professionnel du secteur, a souligné un problème auquel on ne pense jamais : qui va fournir les kWh ? Personne ne veut d'éoliennes ou de barrages près de chez soi. Et je ne parle même pas des centrales nucléaires. Le solaire, c'est bien beau, mais le rendement est minable. Faudra-t-il relancer le charbon, comme les Allemands ?
- L'alternative, c'est le "prolongateur d'autonomie". Un petit moteur thermique qui offre un surcroit de kilomètres. De quoi convenir aux gros rouleurs (taxis, livreurs...) qui ne peuvent s'arrêter de longues heures pour charger ou aux ruraux. En 2010, à Strasbourg, Toyota et EDF présentaient fièrement leurs Prius plug-in de pré-série : 20km en tout électrique, avec un pied en plûmes ! Qu'est-ce qu'on a fait comme chemin, depuis...
- La pile à combustible. C'est une autre vieille lune. En 2011, Air Liquide m'avait permis de conduire plusieurs véhicules. Aujourd'hui, on en reste aux expérimentations. Symbio, un gestionnaire de flottes, filiale d'Engie se vante d'avoir proposé des Kangoo Z.E. équipés de pile à combustible à Cofely (une autre filiale d'Engie.) Pendant ce temps, Toyota fait du lobbying. Non seulement, il commercialise la Mirai et un autobus à hydrogène, mais ils poussent pour que d'autres adoptent cette technologie. Pendant que j'écrivais ce poste, je viens de recevoir un communiqué : au Japon, ils s'associent à d'autres partenaires pour développer le réseau de stations à hydrogènes.
- Le gaz naturel. C'est le métier d'origine d'Engie, qui s'appelait, il n'y a pas si longtemps, Gaz de France. Ils ont reconnu que le GPL avait été un flop. Leur arme, c'est le biogas, il est adapté pour les poids-lourd. Wrightspeed propose d'ailleurs de transformer les camions Mack en électrique avec turbine à gaz. Byd lui, travaille sur des poids-lourd tout électrique. Une technologie disruptive pour un constructeur qui rêve de faire imploser le marché...

Ainsi, comme l'a résumé Eric Orsenna, demain, les véhicules emploieront différentes technologies en fonction des besoins de chacun, particulier ou entreprise.
Ca m'a ramené au Mondial 2008. En décembre 2007, le décret créant le bonus/malus écologique entrait en vigueur. Du jour au lendemain, on parlait d'émissions de CO2 et pour les généralistes, il devenait impossible de vendre des véhicules malussés (+ de 160g.) Au Mondial 2008, beaucoup avait du improviser. L'électrique était balbutient ; Tesla faisait sourire. Alors on parlait hybridation, hydrogène, gaz naturel... Il y en a quand même un qui disparu : le "diesel propre". Je crois que l'affaire Volkswagen a tué le diesel. Les clients n'ont plus confiance. Ca et les voitures qui tombent en rade car le filtre à particules est bouché... Le diesel bricolé pour descendre sous les 100g, c'est fini. Ca sera un gros problème pour les généralistes européens. Seul Renault avait sérieusement réfléchit à l'après-diesel.

mercredi 17 mai 2017

Quelques voitures dans Paris...

Un peu de spotting, sur le chemin de l'exposition Autophoto.

On commence par cette Dodge Challenger, bloquée à un looong feu rouge. Assez long pour que je fasse le tour du carrefour -à pied- et m'en approche au plus près. Cela fait déjà quelques années que la Challenger est sortie. Depuis, ses rivales Camaro et Mustang ont été remplacées. Alors, à quand une nouvelle Challenger ?
Le plus incroyable sur cette voiture, c'est que l'aileron planche à repasser et le William Saurin sont d'origine ! Pour rajeunir sa clientèle, MG jouait la carte du tuning à fond. Sous la ZS se cache une Civic des années 90, mais une fois tunée, elle devient désirable !

D'après la légende, à la chute de MG, Honda a repris l'outillage de la ZS, au motif qu'elle lui appartenait et il l'a consciencieusement détruit. NAC a tout de même récupéré une ou deux ZS qui trainaient à Longbridge, dont une bleue. Il les exposa vers 2006 sous le nom de "MG4". Il fit croire qu'il allait les produire en l'état, à l'instar de la MG3 SW (ex-Rover Streetwise), de la TF et de la MG7 (ex-MG ZT.) Ensuite, SAIC utilisa une ZS bleue (la même ?) comme mulet pour la MG6.
Près de Montparnasse, une galerie exposait des photos prises dans les stands des 24 heures du Mans. Avant, on pouvait faire des photos dans les stands de F1. Maintenant, il faut montrer patte blanche. Les rares photographes font donc des clichés très académiques.

Sinon, ils exposaient cette Audi R18 e-tron Quattro miniature. Dire que l'an prochain, ça sera le première année depuis 1998 sans Audi au Mans... Encore qu'en 1998, il y avait une McLaren F1 GTR autour de laquelle les ingénieurs parlaient la langue de Goethe...
Et pour finir, une Subaru Legacy. Subaru vend un petit millier de voitures par an, dans l'hexagone. Si vous enlevez les WRX STI, les chances de voir une Sub' d'un autre modèle sont très rares...

dimanche 14 mai 2017

Exposition Autophoto, à la Fondation Cartier

Du 20 avril au 24 septembre, à la Fondation Cartier -dans Paris- se tient l'exposition Autophoto. Comme son nom l'indique, il s'agit de photos liées à l'automobile, au sens large du terme.

Mon conseil : à l'entrée, visitez d'abord l'aile droite ! Moi, j'ai eu la mauvaise idée de virer à gauche. L'aile gauche montre surtout des images d'autoroutes en construction, d'échangeurs et de lieux abandonnés, voire en ruine. Une vision très glauque de l'automobile, vecteur de pollution visuelle. Pour laquelle on détruit irrémédiablement des paysages. Bref, j'avais l'impression que c'était Anne Hidalgo, la commissaire d'exposition !
Mais l'aile droite -et le sous-sol- relèvent le niveau. Là, on voit un aspect sociologique. Des gens (célèbres ou pas) posant fièrement avec leur voiture. Un symbole de statut social. Jusqu'à ces couples Chinois qui se faisaient prendre derrière une voiture en carton, symbole de leur rêve. C'était aussi les délires de designers. La voiture comme vecteur de liberté, pour ces marginaux ou ces fugueurs qui sillonnent l'Amérique. Ou d'exclusion, pour ces ouvriers Mexicains qui dorment à l'arrière de pick-up, sans voir la ville moderne qu'ils ont bâti... Bref, cet automobile plurielle, que j'essaye de raconter depuis une dizaine d'années maintenant.

Je vous recommande donc la visite de cette exposition.

jeudi 11 mai 2017

Escapade Marocaine (jours 2 et 3)

Suite de ce week-end à Marrakech. Il a plu durant la nuit et la station de taxis est inondée. Mais il en faut plus pour impressionner les chauffeurs. Notez au passage la forte proportion de Dacia...
Un Piaggio Ciao et un Si. Il y a une trentaine d'année, j'ai visité l'usine Piaggio. C'était l'époque où avoir un Ciao, c'était le top du top au lycée...
Une Talbot Horizon, encore une production de la Somaca !
Yeees, ma voiture préférée : la Lifan 320, improbable clone revendiquée de la MINI ! Cela dit, mis à part une autre 320, une Byd F3 et un Zhongxing Grand Tiger, je n'ai pas vu de berlines Chinoises. On est très loin de l'invasion annoncée, dans les pays émergents. D'ailleurs, la plupart des distributeurs ont vite fermé boutique.
Dans les années 80, la Somaca assemblait des Fiat Uno. Puis vint le temps des Palio et Siena. Au début des années 2000, Fiat vendit ses parts de l'assembleur à Renault. Les surtaxes à l'importation avaient disparu et le CKD n'avait plus d'intérêt. De plus, Fiat avait une idée : importer la Uno Mille du Brésil. Visiblement, cela a surtout plu aux taxis. L'Uno Mille fut produite de 2005 à 2013. On parle donc d'une voiture récente. Néanmoins, la finition est minable. Le jour entre les panneaux de porte ferait rigoler les ouvriers d'Ingolstadt... Je n'ai vu aucune qui n'ait pas un bouclier ou un capot rafistolé.
Hors de la Medina, on change d'ambiance. Terminée, la carte postale du souk, place aux larges avenues bordées de McDo et de Starbucks. Il y a des ultra-riches. J'ai ainsi vu une Viper, une GT-R, une F430 et cette Corvette. Le frimeur de Marrakech se doit de faire plusieurs aller-retours (avec démarrage canon au feu vert) avant d'arriver à destination. Ca sert à quoi de se montrer si on n'est pas vu ?
Le dimanche, le bus pour l'aéroport n'arrivera jamais. De toute façon, le taxi est au même prix ! Un vieux camion Ford passe. Dans le temps, Berliet faisait assembler des camions au Maroc. C'est d'ailleurs par ce biais que les Chinois approchèrent le constructeur français et signèrent le premier partenariat industriel de la Chine avec une entreprise occidentale...

mercredi 10 mai 2017

Escapade Marocaine (jour 1)

J'ai profité des week-ends à rallonge de mai pour aller à Marrakech, au Maroc.

Marrakech, c'est avant tout la Medina, la vieille ville. Dans les rues étroites, le roi, c'est l'utilitaire. Certains Honda Acty et Suzuki Carry seraient bon pour le musée... On trouve aussi quelques utilitaires Chinois : DongFeng Yu'an, ChangAn et cet Hafei. Hafei ayant disparu corps et bien, celui-ci est d'autant plus rare, même en Chine...
Au Maroc, automobile a longtemps été synonyme de Somaca. Les importations étaient surtaxées et la Société Marocaine de Carrosserie disposait de facto d'un monopole du marché. L'état Marocain s'était associé à Fiat, Renault et Simca (donc PSA.)

Cette R12 break est donc sortie de l'atelier de Casablanca...
Autre production de la Somaca, cette R9. J'étais venu au Maroc il y a 25 ans et à l'époque, il y avait encore des 203. Aujourd'hui, la plupart des voitures de Marrakech auraient le droit de rouler dans Paris. Mais moi, bien sûr, ce qui m'intéresse, ce sont les vieilleries...
Celle-là, je l'ai d'abord prise pour une Américaine. Mais il s'agit en fait d'une Toyota Cressida.

Avant, les grosses cylindrées étaient souvent abandonnées : les ultra-riches veulent de la nouveauté et les autres n'avaient pas les moyens de les entretenir. Des Français ont ainsi pu obtenir des voitures des années 50-60 pour des bouchées de pains. De quoi donner envie à d'autres de traverser la Méditerranée. Pour la collection ou la revente. Et c'est ainsi que dans les années 90, en quelques années, ces belles endormies ont toutes quitté le sol Marocain...
On termine avec une autre production Somaca : la Fiat 131. Il y a 25 ans, elles étaient partout. Là, je n'en ai vu qu'une seule...

dimanche 7 mai 2017

Tour Auto 2017 : le bonus du bonus

A chaque sortie parisienne, je me perds un peu, volontairement. Après la présentation du Tour Auto 2017, j'ai donc un peu erré. Devant le Fiat Motor Village, il y avait une Fiat 500. Que va devenir Paris sans ses Fiatou et ses Mini déglinguées ? Déjà, je ne compte plus les stations service et les garage abandonnés. Les Parisiens ricanent. Pour eux, voiture=pollution et pauvre=électeur LR. Ils ne réalisent pas que ce n'est qu'un début. Avec la pression immobilière, on chasse les commerces de proximité, les cinémas de quartier, les librairies, etc. Quant aux salles de concert, elles sont victimes des associations de "riverains". Ils sont en train de créer un Paris où il n'y aura plus que des boutiques de fringues et des fast-foods qui vendent des hamburger à 30€ ! L'horizon, c'est le Marais étendu jusqu'au périphérique ! Moi, j'ai horreur des quartiers complètement refaits. Les alentours de la bibliothèque François Mitterand n'ont aucun charme. On dirait une zone industrielle.
Cette personne courageuse rentre dans un parking Indigo avec sa Bentley Continental GT. Il devrait bien souffrir dans les rampes d'accès, quant à trouver une place assez large...

Remarquez, il n'y a plus trop d'alternatives. Indigo doit se faire un sacré business. D'une année sur l'autre, le seul investissement, c'est la planche des tarifs. Leurs parking puent la pisse, il y a des fuites d'eau, vous avez toujours des néons cassés... Par contre, la planche des tarifs, elle est toujours nickel !
Pour finir, une Lotus Elise. Au hasard des feux rouges, j'ai pu m'en rapprocher et l'immortaliser.

vendredi 5 mai 2017

Tour Auto 2017, le bonus

Difficile de résumer le Tour Auto 2017 en quelques photos. Voici quelques "instantanés".

Pour la déco de votre voiture, vous pouvez optez pour des autocollants vintage. Comme cette Ferrari 308.
Autre solution, la fresque un peu kitsch de cette Alfa coupé Bertone. Ce décor Suisse m'a rappelé mon séjour à Saint-Moritz...
Ou tout simplement, un style BD, comme avec cette Jaguar XK120. Compte tenu des courbes du roadster, celui qui a apposé le perroquet a du s'amuser...
Au Grand Palais, même la buvette à un côté "VHC" ! La Ford GT40 est très belle. Notez au passage le gugusse, à l'arrière plan, qui prend une photo avec son smartphone. De quoi casser l'ambiance "hyper-pro" de l'image...
Il y avait aussi de belles voitures devant le Grand Palais, telle cette Alpine A110 (1600 ?)
Cette Ferrari (une Superfast, pour faire le lien avec la 812 Superfast ?) transporte les VIP. BMW avait embauché Ari Vatanen et lui avait confié une M4 pour transporter les VIP. Chez Ferrari, Marc Gené et Olivier Beretta se sont relayés avec une LaFerrari Aperta. N'empêche, moi, entre la M4, la LaFerrari et la Superfast, j'aurais préféré monter à bord de la Superfast...
Et pour finir, une Lancia Beta.