jeudi 28 mai 2015

Audi(x) ans

10 ans, c'est à la fois peu et beaucoup. Beaucoup, car depuis, j'en ai fait, des choses... Peu, car je m'en souviens comme si c'était hier !

En 2005, j'étais un jeune cadre au chômage. J'étais tombé dans des intérims sans CDI. Les recruteurs tiquaient : 3 missions dans 3 boites et 0 CDI à la clef ? Ca doit être un tire-au-flanc ! Ca n'allait pas fort moralement, financièrement et professionnellement. Donc, j'en étais à regarder les annonces "autres". Je me souviens très bien de l'annonce du Figaro : "Rech. pers. motivées pour essais automobile." Je n'avais rien compris. Etre payé pour essayer des voitures ? J'avais toujours été passionné de voitures. Mais je ne voyais pas comment utiliser cette passion. Après tout, qu'est-ce que j'ai à perdre ? J'ai envoyé un CV et une lettre de motivation. On m'a renvoyé un dossier avec des questions sur ma conduite, mon nombre d'années de permis, etc. J'avais répondu franchement : 8 ans de permis, 12 points, 0 accidents responsable. J'ai été convié à un entretien, à la boutique Audi, près d'Opéra. Le recruteur me parlait de jouer les démonstrateurs. A l'occasion, il faudrait conduire les voitures (des Audi.) On sillonnerait la France. Sur place, l'hôtel et le resto sont payés par la boite. En prime, on nous file des tenues. Je me disais : "Il y a un loup ! Soit c'est une escroquerie, soit ils vont prendre quelqu'un d'autre ! En tout cas, tintin pour faire le mickey en TT !" J'étais toujours en mode "rien à perdre". Et on m'a pris.

Pendant un gros mois, j'ai porté les couleurs d'Audi. J'étais dans une équipe de gens au chômage, comme moi. Chaque ville visitée était une aventure. Et puis, le fait de rester 24h/24 avec des gens pendant plusieurs jours, ça crée des liens. Financièrement, ça m'a permis de retarder d'un mois la fin de droits. Moralement, c'était pas mal. Je me souviens de l'opération sur le Circuit Paul Ricard, en plein été indien. On a connu pire comme conditions de travail... C'est sûr qu'à un an près, j'aurais pu conduire la Q7, la R8, la RS4 ou la TT 2... Mais j'étais largement satisfait des TT V6, S4 et autres A8 W12 ! Quand il fallait faire le plein d'une ou en remonter une à Paris, j'étais toujours volontaire ! Et les tenues d'Audi étaient belles. Des clients voulaient nous acheter nos blousons ! D'autres m'ont dit, admiratifs : "Vous faites un beau métier." Alors qu'à mon précédent boulot, on me traitait de tous les noms, en permanence... Professionnellement, j'en aurais à redire. Je pense notamment à un type qui avait décider de passer ses journées à fumer des joints. Pour les démonstrations, il envoyait les autres. Même lorsqu'ils étaient en pause-déjeuner... Et bien sûr, j'étais parmi "les autres". A chaque opération, on devait monter la tente, fixer les banderoles, etc. Il y en avait qui n'étaient pas dans le "on"...
Mais à 90%, c'était des bons moments. Ca m'a ouvert un monde que je ne connaissais pas du tout. J'ai découvert que "bosser", ce n'est pas forcément synonyme de "s'assoir derrière un bureau de 8h30 à 17h29". Je n'ai plus eu envie d'avoir une "carrière"; après Audi, j'ai eu envie de me trouver un boulot qui me plaisait. J'ai découvert les coulisses de l'événementiel automobile. J'ai travaillé aux côtés de pilotes de course (une pensée pour Lionel Regal, R.I.P.) Et bien sûr, j'ai beaucoup appris sur l'automobile. Après ça, le retour fut difficile. Plus d'Audi à conduire, une vie sédentaire avec des collègues un peu distants. J'ai squatté les commentaires du Blog Auto, juste pour raconter mes expériences. Et un jour, on m'a proposé de bosser pour eux. Mais ça, c'est une autre histoire. En tout cas, sans Audi, pas de Joest au Blog Auto. Alors, merci, Domi !

mardi 26 mai 2015

Lancia Flaminia Zagato

En plein "shooting" du NX 200t, j'entends un boucan d'enfer. C'est une Lancia Flaminia Zagato. Comme j'avais l'appareil en main, je l'ai immortalisée. On voit d'ailleurs un bout du NX sur la photo.

lundi 25 mai 2015

Lexus NX200t, mon trente-septième essai

Ca faisait longtemps que je n'avais pas fait d'essai de voiture moderne pour Le Blog Auto. Faut bien se tenir à jour... Et puis, le confort moderne... L'essai de Datsun 240Z, ça reste mon plus beau souvenir. Mais une semaine sans clim', en plein mois d'août. J'ai du laisser des bouts de peau sur le skaï des sièges ! Après, sur une ancienne, l'article s'écrit tout seul. Historique, contexte économique, évolutions, descendance, palmarès sportif... Il faut plutôt s'auto-limiter. Qu'avec une moderne... Surtout un Lexus, c'est pas hyper évocateur... Le constructeur est plutôt discret. Franchement, vous vous souvenez de la dernière pub Lexus que vous avez vu ? Etes-vous capable de citer un seul slogan du constructeur ?

Bon, c'est pas tout ça, mais je n'ai toujours pas évoqué la voiture ! Donc, j'ai essayé un NX 200t F Sport. Pour le look, je lui met 9/10. C'est original, personnel et surtout, très futuriste. L'intérieur est pas mal. Même si j'aurais voulu un truc plus futuriste. L'écran multimédia est mal intégré. Voir pas intégré du tout. Mais la douche froide, c'est au démarrage. Ils sont où, les 238ch du 2,0l turbo ? Faut déclencher une alerte enlèvement ! Même en mode "Sport+", l'aiguille grimpe lentement sur le tachymètre. La MINI Paceman Cooper S (184ch) me semblait plus punchie. Quant aux suspensions F Sport... Le NX manque de cohérence. Si vous voulez un SUV looké, vous voulez un véhicule plus sportif. Un conseil, M. Lexus, virez les suspensions de 2cv et l'échappement "Carla Bruni" ! A la place, mettez des ressorts plus fermes (de toutes façons, personne ne fera du off-road avec) et un vrai pot. Ca serait une vraie métamorphose et le ramage serait plus en adéquation avec le plumage.

lundi 11 mai 2015

Souvenirs de Milan...

Il y a un mois, je suis parti à Milan. Une voyage privée, sans aucun motif automobilistique. Bon, j'avais quand même mon APN... La dernière fois que j'ai mis les pieds à Milan, c'était en 1986. Ca ne me rajeuni pas. Je m'attendais à ce que ce soit "Alfaville". Je frétillais à l'idée de faire des "conducteur du jour" sur les Alfa 6, 90, Alfasud... Peut-être même qu'au détour d'une rue, je verrai un utilitaire Alfa rouillé. Mais non, rien. A peine une 75 croisée brièvement dans une station service.

A défaut, commençons par cette Tata Indica Vista. Dérivée de l'Indica, elle devrait partir à la retraite après 20 ans de carrière. Mais sa remplaçante (nom de code "Kite") devrait reprendre la plateforme de l'Indica/Indigo.
Une Epsilon, marraine de la semaine du design de Milan. Bientôt, elle ne franchira plus les Alpes.
Une Jeep couverte de stickers façon jeans. Hasard ou coïncidence, AMC s'était associé avec Levi's dans les années 70. Ca avait donné une série limitée pour l'affreuse Gremlin.
Point de DR à Milan. Par contre, j'ai croisé ce Giotto Gladiator Victoria, cousin Italien du DongFeng Yu'an. DFMA semble lui avoir définitivement retiré sa calandre "double-haricots". A croire que BMW ait râlé...
L'objet de la visite, c'était le salon du mobilier de Milan. Un fabricant exposait une série de photos sur son "univers" dont cette Mehari près d'un phare. Un décor très Breton... Mais avec une voiture immatriculée à Turin.
Les évènements marquants de 2007, c'est l'iPhone, le Kindle et... La Fiat 500. Bien sûr, c'est un Italien qui a pondu cette chronologie. En même temps, c'est vrai qu'un modèle inédit, chez Fiat, c'est un évènement !
Plus loin, un autre exposant utilise une Cox cabriolet pour une photo vieillie. Le but étant de faire croire que ce fabricant de kitscheries pour "nouveau Russes" est une vieille maison.
Règle N°1 : lorsque quelque chose est évident, vous n'avez pas besoin de le préciser. Un vrai pilote n'a pas besoin de dire qu'il est pilote. Un communiqué décrivant une voiture au design radical n'a pas besoin de dire qu'elle a "du caractère". Et un fabricant de "meubles artistiques" n'a pas besoin de dire que c'est un artiste. Si vous vous sentez obligé de le préciser, c'est que c'est une imposture.
Milan est une ville moderne. Les Alfa sont un poil surreprésentées, tout comme l'ensemble du groupe Fiat. Mais on est loin de l'Italie du sud, où Fiat Auto représente à la louche 90% du parc. Point de youngtimers et encore moins d'anciennes. Il y a davantage de Fiatou à Paris ! J'ai juste vu cette Mustang cabriolet.

mardi 5 mai 2015

D.R.

Un DR5, cousin Italien du Cherry Tiggo. J'ai été pas mal de fois en Italie ces dernières années, mais c'est le premier DR que je vois dans la rue... Et je l'ai croisé près de chez moi, donc en France.

En 2006-2008, il y avait eu un afflux de voitures chinoises. Les importateurs disaient "on va vendre tel véhicule [en France] à partir de telle date." Au début j'hurlais avec la meute. C'est vrai que le Landwind Xpedition ou le Shunghuan CEO étaient risibles. Pourquoi payer 18 000€ pour un 4x4 affreux, d'une marque inconnue, avec un moteur (essence) paresseux et prodige en CO2 ? Bien sûr, ce n'est pas avec ça, que le Chinois donnerait des insomnies à Renault. Mais il faut bien commencer quelque part. Après tout, c'était pas pire qu'un Kia Sportage ou qu'un Ssangyong Korando Family... Puis j'ai étudié la question. En fait, c'était surtout les seconds couteaux qui débarquaient dans les salons. Même en Chine, Shuanghuan, Chengfeng ou Jonway étaient marginalisés. Donc, ça ne tenait pas la route. Vous ne vous attaquez pas à l'Europe si vous vendez à peine 30 000 voitures par an sur votre marché national.
Et puis, les importateurs semblaient trop fragiles. Faire de la voiture chinoise, c'était un pari sur l'avenir. En attendant d'avoir des volumes, il fallait vendre des véhicules peu attractifs à une clientèle méfiante. Au mieux, cela représentait quelques centaines d'unités par an. Donc, il fallait une structure déjà établie, capable d'encaisser le coup. A contrario, les Asie Auto, Martin Motors et autres China Car Deutschland étaient des novices, peu capitalisés.

L'un des seuls projets qui me semblait alors cohérent, c'était DR. 1) Contrairement aux autres, il existait avant et il avait pignon sur rue en Italie. 2) Il était associé à Chery, alors N°1 des marques "pures". 3) Chery lui livrait des kits, qui étaient relookés et assemblés en Italie. Au passage, DR y implantaient des Fiat Multijet (plus en phase avec la demande.) 4) Il proposait des SUV compacts et des citadines. Sachant que sur une citadine, le client est davantage prêt à partir à l'aventure, pourvu que le prix soit bon.
J'avais vu les DR au salon de Bologne 2008, puis à Genève 2009 et à Genève 2010. Les voitures avaient l'air correctement finies. DR songeait même à exporter.
Puis il y a eu la crise italienne et le marché s'est effondré. Depuis 2012, DR donne l'impression de tourner au ralenti. D'autant plus que Chery (qui a lui-même des difficultés) le voit comme un client, point. Evidemment, les DR n'ont jamais franchi les Alpes.

La moral, c'est que le premier qui vendra des voitures chinoises en France va en baver. Même s'il a de bons produits, comme DR. Et c'est pour ça que depuis 4, 5 ans, il n'y a plus aucune annonce dans l'hexagone.

lundi 4 mai 2015

Pedobear seal of approval

C'est toujours marrant, la différence de perception des voitures américaines de ce côté de l'Atlantique. Prenez ce Dodge Ram Van qui sert d'enseigne pour un quelconque café branché. J'imagine que le proprio doit être un hipster barbu (comme celui de la pub Opodo.) En France, ces vieux vans ont toujours été branchés. On ne compte plus les répliques du van de l'Agence tout risque (y compris sur base Ford ou Dodge) ou du Mystery machine de Scoubidou. C'est un accessoire obligatoire pour un team de dragsters ou un club de bikers (encore que désormais, le pick-up taille L n'est pas trop mal placé.) Et je ne parle même pas du Bedford CF...

Alors que vu des Etats-Unis, c'est juste le pendant d'un Renault Express ou d'un C15. Ils sont généralement cradingues. Au mieux, le propriétaire est un plombier un peu négligé. Mais c'est surtout synonyme de pédophile.