vendredi 31 janvier 2014

Lamborghini - minute

Une Lamborghini Gallardo blanche. Encore une. A la limite, ça aurait été une Porsche 911 ou une Audi R8, j'aurais à peine pensé à prendre une photo. Mais une Gallardo ne se fond jamais dans le décor. J'adore cette voiture car elle vous fait réagir. Il y a une part d'agression ou de provocation. Et à mon sens, c'est grâce à ça que dans 20 ans, on parlera toujours de la Gallardo. Alors que la R8 aura été effacée par les voitures qui l'auront remplacée.

Aujourd'hui, j'ai lu un article des Inrocks. Il parle de presse féminine. Ce qui m'a frappé, c'est qu'en remplaçant quelques mots, ça devient une analyse sur la presse auto ! La première différence, c'est l'enjeu. En gros, un homme achète l'Auto-Journal s'il cherche une nouvelle voiture. Alors que des femmes vont acheter Elle ou Marie-Claire toutes les semaines. Donc davantage de lecteurs. De plus, les femmes achètent plus d'habits, de cosmétique et d'accessoires. Donc, les marques leur courent après. Les titres féminins comme Vogue ou Elle ont des éditions internationales. Ce sont des mastodontes, alors que la presse auto reste une affaire d'artisans nationaux. Enfin, il y a davantage de rapports incestueux. Tout le monde est "mari de...", "frère de..." Dans l'automobile actuelle, c'est moins visible. Quoi qu'il en soit, je pense que c'est tout le "print" qui souffre des mêmes maux.

L'interview modifiée :
Quelle place cette presse occupe-t-elle encore dans la vie de l'automobile ?
Il y a une baisse générale des ventes. On peut en déduire que la presse automobile, qui a été un secteur florissant, dégageant d'énormes profits, remplit de moins en moins la fonction qu'elle occupait auprès de ses lecteurs. Jusqu'à la fin des années 90, l'automobile était un compagnon. Son lectorat se reconnaissait en lui, et lui restait globalement fidèle. Aujourd'hui on parle de lecteurs “zapping”, qui passent indifféremment d'un titre à l'autre. Comme s'ils étaient devenues soudain capricieux, inconséquents et frivoles ! Les services études adorent ce type d'explications psycho-socio car elles bluffent les décideurs et justifient leur propre existence au sein des groupes. On prétend qu'internet et Facebook ont changé les comportements. On ne se dit pas que c'est parce que les journaux manquent d'identité et sont interchangeables que les lecteurs les confondent et les délaissent.
On a l'impression que les journaux masculins se sont concentrés sur l'actualité et les peoples. Comment expliquer le rétrécissement de son spectre ?
Par l'influence des services publicité et marketing sur les décisions éditoriales, au nom d'une pseudo-rationalité. De plus en plus, la régie (donc grosso modo, Renault) nomme les rédacteurs en chef. D'où le nombre croissant de rédacteurs “produits” à la tête des grands titres. On est passé de Jean-Marie Ballestre ou Jaby Crombac à Fast & Furious. Quand j'ai commencé, la régie publicitaire était très éloignée de la rédaction. Et cela fonctionnait, car un magazine n'est pas un produit “marketable” comme un autre. C'est un produit culturel, quoi qu'on dise. Et il doit garder un côté artisanal : un rédacteur en chef très investi (et non un vendeur de luxe ou un super attachée de presse), une équipe stable et si possible soudée, des collaborateurs réguliers... Tout cela garantit une persévérance dans la ligne éditoriale, une exploration de sujets inédits, une émulation entre les titres. Ce qu'on appelle l'âme d'un journal. Ça évite les errances (nouvelles formules à répétition parce que rien ne marche), le clonage et l'ennui.
La presse automobile a-t-elle accéléré la fusion du masculin et du people ?
Le filon du people dans la presse masculine haut de gamme est apparu en France dans les années 2000. Jusqu'alors, la presse people était une presse populaire, féminine, à gros tirage, avec peu d'annonceurs. Son contenu était essentiellement des conseils pratiques et du commérage. La presse automobile, elle, se consacrait à la promotion des voitures et du sport auto. On y défendait une certaine esthétique, une élégance. Le premier à mélanger les genres fut Driven en 2004. Les titres historiques ont suivi, et cela a boosté leurs ventes dans un premier temps. Mais comme au même moment ils ont baissé leur prix, cela ne leur a pas tellement profité. Au contraire. Ils se sont banalisés et “cheapisés”. D'autant qu'on a élagué les rédactions, fait partir les journalistes “reportage” pour recruter des journalistes “actu-insolite-people”, donné des postes de pouvoir à des rédactrices inexpérimentées et peu payées. Les magazines sont devenus des magasins : il faut sortir son porte-monnaie à chaque page ! De moins en moins de sujets de fond, de transmission de savoirs concrets, d'introspection... Ces choix ont montré leurs limites. La presse automobile est typiquement un secteur mis à mal par la financiarisation et l'ignorance des décideurs parachutés à la tête des groupes.
Pourquoi la presse automobile a-t-elle peu investi le web ? Tout se passe comme si ce terrain gigantesque avait été abandonné aux blogueurs... Par manque de réactivité, c'est certain, et par arrogance, comme tous les autres médias dans un premier temps. Ce n'est plus très vrai aujourd'hui. Au contraire, chaque titre possède son site web, et généralement une équipe dédiée. Mais je crois à la spécificité de la presse magazine et du papier. Le blogueur a une démarche autocentrée. C'est un lecteur devenue prescripteur. Rien à voir avec un journal qui puise sa sève dans le travail collectif, la découverte de talents, une relation intimiste avec son lecteur... En même temps, tout ce qui se passe d'intéressant aujourd'hui est sur le net. Et la raison n'est pas l'irréversibilité des mutations technologiques. A mon avis, c'est plutôt ce dont on vient de parler : l'embourgeoisement de la presse écrite, sa pétrification, son obsession consumériste, son vide... Les gens les plus doués que j'ai croisés dans ma vie professionnelle ont tous été éjectés. C'est quand même un problème ! Ils font tous autre chose. D'un autre côté, c'est encourageant : il suffit de changer le système !

dimanche 26 janvier 2014

Mercedes à Rueil

Amoureux de la firme à l'étoile, je vous conseille d'aller faire un tour à Rueil-Malmaison. Mercedes y possède là-bas un QG/restaurant/hall d'exposition et il y a toujours des anciennes mêlées à la gamme actuelle.

On commence par ce camion des années 30. Il m'a fait penser à celui d'Indiana Jones et les aventuriers de l'arche perdue... Sauf que dans le film, c'est un faux Mercedes !
Un Unimog parmi les premières générations. Comme après la guerre, l'Allemagne avait besoin de tracteurs agricoles et de camions, un artisan a cherché à faire un véhicule qui serait les deux à la fois !

Notez au passage le toit en toile de bâche. L'hiver, il ne devait pas faire très chaud là-dessous...
Une Mercedes 300SL Roadster. Comme Zantafio dans L'ombre du Z. Après avoir vendu des palettes de 45 tours, Claude François s'en est offert une. Janis Joplin roulait en 356. C'était avant les tournées mondiales, les pubs, les concerts dans les stades... Jim Morrisson, en fin de carrière, a pu s'acheter une Mustang Shelby 500 KR. Elton John a fêté le succès de Your song en achetant une Escort Mexico. Quant à John Lennon, quand il s'est mis avec Yoko Ono, il s'est payé une Austin Maxi !

C'est dire les cachets des chanteurs d'hier... Alors que Justin Bieber vient de se faire arrêter au volant d'une Lamborghini...
Une Mercedes 300S (ou 220 A?) Hiro Yamagata s'est amusé à peindre des fleurs tropicales sur une douzaine d'entre-elles. Il a appliqué le même traitement à une Courage, à la fin des années 90.
Une Mercedes 600 6.3. "La voiture des dictateurs" selon Jeremy Clarkson... Qui en possède une.
Une Mercedes 300 équipée du même moteur que la 600 juste avant. Avec les suspensions pneumatiques en position basse, elle donne l'impression d'être surbaissée !

Elle me fait penser à la voiture de Madonna dans Deeper and deeper (NDLA : sauf que c'était une 220 SE cabriolet.)
Une 450 SEL, également équipée du 6,3l. La voiture des frères Schlumpf, de Claude François, de David Bowie, de Kraftwerk...

C'était l'époque où les stars portaient des manteaux de fourrure, des pattes d'eph' et des cols pelle à tarte. C'était affreux, mais tout prendre, j'aime mieux ça que le look Ed Hardy + casquette avec l'étiquette dessus qu'on voit actuellement.
Et pour finir, une 560 SEL. Mercedes la considère comme une youngtimer, moi, je la trouve encore trop récente et trop diffusée.
Quoi qu'il en soit, elle marque la victoire de Mercedes aux USA. Après 20 ans de forcing, ils se sont imposé comme LE premium des riches urbains, plus européanisés. Cadillac et Lincoln se retrouvent ringardisés. Ce sont des voitures pour ploucs ou pour vieux riches.

Mercedes, BMW et Audi ont chacun eu besoin d'une vingtaine d'années pour être crédible. C'est la leçon du premium : il faut savoir prendre son temps et dépenser sans compter. Si on fait que du court-terme (comme au hasard, PSA et Renault), on bâti rien du tout.

samedi 18 janvier 2014

Les bonus de la Traversée

Après chaque Traversée de Paris, vous avez des véhicules dans toute la capitale. Qu'il s'agisse de personnes perdues, de gens qui veulent éviter les engorgements d'anciennes, sans oublier ceux qui rentrent chez eux.

Une Mazda MX-5 NA avec bandes centrales façon Shelby. Après un évènement comme ça, j'ai toujours envie d'acheter une ancienne. Je me verrais bien au volant d'une MX-5 NA, mais en rouge. Ce n'est pas trop original, mais je les préfère comme ça.
 Une Chrysler LeBaron qui a visiblement des soucis de surchauffe. De la Le Baron, on connait surtout le cabriolet commercialisé en France par Sonauto à la fin des années 80. Cette même génération possédait une berline, un break et de vrai-faux woodies (cf. la voiture de John Voigt dans Seinfled.) La génération d'avant est la caricature de la "caisse carré" US de la fin des années 70. C'est en commercialisant des voitures comme ça que Chrysler a frôlé la faillite au début des années 80. Lee Iacocca a du négocier auprès de l'état US pour financer les "K-car".
Et donc, aujourd'hui, Chrysler s'apprête à lancer la descendante de la Le Baron, la 200.

Juste après ça, j'ai été chez mon père et bien sûr, on a parlé bagnoles. Ca l'a beaucoup surpris d'appendre que certains journalistes n'ont pas de voitures personnelles, même pas une voiture de fonction!
Ca arrive souvent avec certains jeunes blogueurs et à mes yeux, c'est éliminatoire en matière de crédibilité. 1) l'automobile, c'est une passion. Quel peut être le degré de passion de quelqu'un qui a les moyens de s'acheter une voiture, mais qui n'en a pas ? Même à Paris. Le vrai fan, c'est le dernier des Mohicans, qui va accepter de se taper des zones 30 et des places de parking souterrain à 500€/mois ! Imaginez un type qui se dirait ami des animaux, qui tiendrait un blog sur le monde animalier, mais qui n'aurait pas d'animal de compagnie. Parce que d'expérience, ceux qui disent qu'ils n'ont pas de voiture, c'est parce que c'est une passion secondaire pour eux. Ils écrivent pour un blog, mais une fois que l'ordi est éteint, c'est fini. A titré privé, ils s'intéressent davantage au dernier iPhone ou au dernier groupe à la mode. 2) En tant que discipline de Jean-Louis Le Moigne et de la systémique, je suis partisan d'une influence du sujet sur l'objet. La voiture, ça doit être une expérience de négociation avec un concessionnaire, de pannes, d'entretiens, d'assurances, de PV, etc. C'est ça qui fait que la voiture fait un peu parti de votre quotidien. Sinon, vous ne connaissez que les boucles de 30km de présentation presse, aux volant de véhicules neufs. Et ça vous coupe de vos lecteurs, car eux, ils ont un vécu d'utilisateur. Or, la proximité lecteur/rédacteur, c'est la base de la presse web. Sans oublie que bien sur c'est l'expérience du conducteur qui peut permettre de déceler le baratin d'un constructeur (ou au contraire, l'invention géniale qui améliore la conduite.)
Le tamalou, le journaliste auto pantouflard, c'est une espèce en voie de disparition. A contrario, on voit apparaitre le kilikool, le blogueur de 20-25 ans qui n'a aucun recul et qui se prend pour Jeremy Clarkson. Je me rappelle d'une présentation "blog" l'an dernier. Le RP demande : "Qui a déjà fait du 4x4 ?" Je suis le seul à lever le bras. "Qui a déjà conduit une électrique ?" Je suis le seul à lever le bras. "Qui a déjà roulé sur circuit ?" Je suis encore le seul à lever le bras ! Certes, j'étais le plus vieux. Mais les autres sont censés bloguer depuis des années et je me demande ce qu'ils ont foutu jusque là ! Et par contre, au déjeuner, à chaque table, c'était "moi moi moi moi". C'est clair qu'ensuite, j'avais pas envie de consulter leurs blogs...

mercredi 15 janvier 2014

Traversée de Paris 2014

Mon premier reportage de 2014 ! Dimanche dernier, c'était la Traversée de Paris. Je tiens à ma grasse mat' dominicale, mais pour un évènement comme ça, je me lève à 7h sans hésiter !
C'est un évènement qui fait de plus en plus de bruit. La preuve : il y avait une équipe de NDTV, la télévision de la dissidence chinoise !

Ce qui est sympa, c'est de la faire avec un propriétaire, rencontré sur place. C'est comme ça que je suis monté dans la Vauxhall Ventora de Dave Richards, rédac'chef de Classic Car Weekly. D'ailleurs, ils sont censés avoir mis une photo de moi dans leur dernier numéro... I am now an international star !

En résumé, la Traversée de Paris, c'est avant tout une orgie de voitures de toutes les époques et de tous les pays. Il y a aussi tous les profils : du djeuns amateur de youngtimer au retraité, du smicard qui n'a qu'une unique ancienne (qui lui sert au quotidien) au richissime collectionneur, du solitaire à ceux qui voyagent en groupe, etc. Un seul dénominateur commun : l'amour des belles carrosseries. Même s'il y a un parcours, il y a une grande part d'improvisation. Le parking sauvage devant les monuments fait parti du jeu. Ce qui est sympa, c'est aussi les passants. En trois Traversées, je n'ai vu que UNE réaction hostile.
Il y a une participation à payer, qui donne droit à la plaque et au road-book. Mais plein de petits malins s'incrustent (sans payer) et suivent le troupeau.

Mon conseil, si vous voulez y aller, c'est de vous habiller chaudement. Moi, j'ai troqué mon costume pour 2 polaires et une doudoune (par dessus un tee-shirt LBA, histoire de faire de la pub.) Parce que vous n'allez pas juste faire le parcours. Il faut s'arrêter, capter des scènes insolites, discuter (ne serait-ce qu'avec les nombreux badauds.) Bref, en permanence, vous aurez le nez dehors !

dimanche 5 janvier 2014

Fiat 124 enguirlandée

Le Printemps Haussmann a encore ses vitrines de noël. On peut notamment y voir cette Fiat 124 Spider couverte de guirlandes et de mannequins en Prada. Le gag, c'est un homme, derrière moi, qui se prend le menton et déclare avec tout le sérieux du monde : "Ca doit être une Triumph." Toi, t'es mure pour bosser pour certains blogs...

Ces vitrines de Noël un 5 janvier témoignent bien de l'activité actuelle. Noël est passé depuis 10 jours, on est en 2014 depuis 5 jours, mais la vraie "rentrée" est pour demain. Je suis d'ailleurs sur que certains d'entre-vous viennent à peine de jeter leurs sapins...
Cette mini-semaine fut ultra-calme. A partir de demain, c'est "effet ketchup" : salon de Detroit, chiffres de ventes 2013, Dakar, traversée de Paris, Autosport show (avec un cortège d'annonces circuit), Tokyo Auto Salon, Toyota Racing Series... Tout va tomber d'un seul coup. Le clavier va chauffer !

mercredi 1 janvier 2014

Balade du 1er janvier...

Une Mercedes SLS AMG garée près d'un centre commercial (fermé aujourd'hui.) Bizarre...

A propos de Mercedes, dans une semaine, ce sera le Dakar. Kaufmann, importateur de l'étoile au Chili, soutiendra un ML. Le team alignera aussi 5 motos et 2 quads.
ASO a encore une vision très franco-française du Dakar. Mais les Sud-américains y sont de plus en plus présent. D'abord en moto et aujourd'hui, en auto. A suivre, donc.
Une Rover P5 V8. Apparemment, ça fait longtemps qu'elle est là... Cette ZAC sera bientôt rasée pour laisser place à un "lotissement haut de gamme" (dixit la pancarte.) Encore des ateliers de la moyenne couronne qui vont disparaitre. Si vous cherchez à implanter une PME, pas de locaux disponibles hors du fin fond du 77 et du 78... Donc, vos employés devront faire des kilomètres et des kilomètres en bagnole, quitte à saturer un peu plus l'A86...
Pour info, le constructeur des maisons, ce sera Montoit. Le nom vous dit rien ? Et en portugais, Monteiro ? Oui, Monteiro, comme les frères Monteiro, l'Estoril Racing Team du Mans et surtout, Tiago Monteiro, dernier Portugais en F1, manager d'Antonio Felix da Costa et pilote Honda en WTCC. C'est donc cette PME parisienne du BTP qui a permis aux frères Monteiro de courir.