vendredi 29 septembre 2017

Ford T

Lors du mini-essai Ford Mustang, j'ai flâné dans les locaux de la SAFI. Il y avait tout une flotte de Transit Sportvan et surtout, cette Model T. Il resterait encore un million de Ford T, pourtant, j'en ai croisé très rarement.
La Ford T, c'est LE modèle le plus emblématique de l'ère Henry Ford. Sa vie mériterait largement un biopic. Mais pas sûr que Ford serait d'accord. Car il y a pas mal de controverses autour de son fondateur...

On disait le Ford d'origine Irlandaise. Effectivement, William, le père d'Henry, est né près de Cork. Sauf qu'en fait, les ancêtres de William venaient du Somerset et ils étaient donc des colons. Non pas de riches propriétaires terriens, mais des paysans pauvres. Au moins, en tant que protestants, ils avaient davantage de droits que les catholiques. Vers 1844, le mildiou décima les plans de pommes de terre. Or, la pomme de terre était souvent l'unique denrée des Irlandais, catholiques ou protestants. En 1846, comme des millions d'autres, William et ses six frères et soeurs, émigrèrent vers les Etats-Unis. Les émigrants s'installaient toujours plus à l'ouest. Vers 1850, Irlandais, Belges et Suédois se voyaient attribués des parcelles près des Grands Lacs. Henry naquit ainsi dans le Michigan, en 1863.
Il n'y a pas grand chose à dire sur la première moitié de la vie d'Henry. Elève pas très assidu, il préférait monter et démonter la montre qu'on lui a donné. Il avait 13 ans lorsque sa mère mouru et son père voulu qu'il s'occupe de la ferme. Il préféra "monter" à Detroit. C'était l'époque des machines à vapeur et il devint ainsi opérateur. Il se maria en 1888 et eu un fils en 1893.
En 1896, à 33 ans, il construisit un quadricycle. Puis un second, en 1898. Il tenta deux fois de le produire en série. En vain. La troisième fois fut la bonne. La Ford Motor Company débuta dans un hangar. La demande pour la A était si importante que Ford du déménager l'année suivante dans une vraie usine... Qui s’avéra vite trop petite. L'une des clefs du succès, c'était l'image "une voiture créée par un ouvrier, pour les ouvriers". En 1908, il dévoila la T. Il déménagea dans la foulée et commença à expérimenter la production en série, en 1911. A presque 50 ans, il devint l'homme le plus riche des Etats-Unis. Il côtoyait le gratin de Detroit. Après la première guerre mondiale, ce fut l'explosion. Ford était persuadé d'être capable de fournir une voiture à la terre entière. Il ouvrit des chaines partout dans le monde, y compris à Cork. Il voulu se diversifier dans les camions, les tracteurs agricoles, les avions... Il lui fallait toujours plus de main d’œuvre et ça se bousculait à la porte de ses usines. On parle des Temps modernes. Mais dans les années 20, il n'y avait guère d'alternative. Ford payait mieux que les insalubres usines de textiles de la cote est. En plus, il proposait un logement, une couverture-santé, une formation... Ford vivait dans un manoir, avec des passages secrets pour rejoindre sa maitresse. Il tutoyait les présidents. Lénine le citait en exemple de productivisme. Bientôt, Staline et Hitler allaient faire la roue devant lui. Edsel, son fils, était tantôt un fils-à-papa, tantôt la voix de la raison. A la fin des années 20, les ventes de la T fléchirent d'un seul coup et Henry du se résigner à lancer ce nouveau modèle voulu par son fils.
La Ford A sauva la marque. La V8 lui permit de passer la crise. Pour autant, Ford avait perdu de sa superbe. Chevrolet l'avait rattrapé. Henry Ford, lui, n'avait pas conscience de cela. Il continuait de superviser la R&D, même si son coup de main était toujours plus symbolique. Il se piquait de politique et fit écrire des pamphlets antisémites et pro-nazis. A plus de 70 ans, il n'était pas question de passer la main. A-t-il eu la maladie d'Alzheimer ? A l'époque, elle était peu connue. En 1943, Edsel mouru. Harry Bennett, garde-du-corps personnel du patron, prit tout ce qu'il a pu. Lui aussi, il s'était fait construire une belle demeure avec passages secrets (qui servit ensuite de siège local pour les scouts !) Pendant ce temps, Ford jetait l'argent par les fenêtres. Des dizaines de milliers d'employés risquaient de se retrouver sur le carreau. En 1945, Washington poussa Henry Ford II, alors étudiant, à déclencher une révolution de palais.
A 82 ans, Henry Ford prit sa retraite. Ce n'était pas un happy end. Lors d'une tempête, sa maison se retrouva sans électricité et inondée. Il a été découvert quelques jours après.

mercredi 27 septembre 2017

Mini-essai : Ford Mustang 5.0 V8 cabriolet

Le week-end dernier, le concessionnaire Ford SAFI d'Evry sur Seine (94) organisait une journée d'essais, uniquement autour de la Ford Mustang. Je ne sais pas si j'y étais en tant qu'ancien propriétaire d'une Ford (Fiesta !) ou en tant qu'actuel propriétaire d'une MX-5, mais je me suis dit : "pourquoi pas ? "

Je suis d'une génération qui a grandi avec le regard braqué sur les USA. Tous ce qui était cool en matière de mode, de séries TV, de films, de musiques, de jouets, de fast food, de gadgets, etc. Apparaissait d'abord aux Etats-Unis. Et ensuite, 6 mois, un an, deux ans après, ça traversait l'Atlantique. Au point où des marques Françaises comme Chevignon, Creeks (mais aussi des industriels de l'agro-alimentaire) nous refourguaient des produits "à l'Américaine" ! A l'époque aussi, un vol transatlantique coutait un bras et peu de parents parlaient un anglais suffisant pour se débrouiller sur place. Donc, les USA faisaient figure de paradis inaccessible. Beaucoup de conversasions de cours de récré commençaient par "il parait qu'en Amérique, il y a ceci..." Aujourd'hui, cette hégémonie culturelle est contestée. Les gamins, ils louchent davantage sur le Japon.
La bagnole fait parti de l'imaginaire US. Une voiture statutaire et ostentatoire, qui doit impressionner votre voisin. Ah ça, la fois où j'ai eu une Chrysler Sebring, on m'en a longtemps parlé... La Mustang fait parti de la légende. Impossible de citer tous les films, les dessins animés, les clips où elle apparait (en particulier la première génération.) Des Mustang, je n'en avais jamais conduit. Mais mon histoire personnelle est jalonnée de moments pas très glorieux. En 1988, j'étais parti en Floride avec mon père et ma sœur. Mon père avait voulu vivre son rêve américain en louant une Mustang cabriolet. C'était l'époque de la "Fox". Bien sûr pour les loueurs, point de V8. On lui avait refilé une voiture équipée du 2,3l "Cologne" 89ch (!) qui atteignait 150km/h en pointe. Le tout avec la légendaire finition US (elle commençait déjà à rouiller.) 9 ans plus tard, en 1997, j'étais jeune stagiaire dans la Silicon Valley. Ford California avait son propre budget pub TV. Ils avaient fait toute une série intitulé "California Action Heroes" avec simili-Bioman qui testaient des Ford sur circuit. Ils tapaient pas mal sur les productions japonaises et la voix-off avait un début à faire pâlir Eminem. Ca donnait des spots du type : "EtvoicilatoutenouvelleZX2 ! Son2,0l130chridiculiselaHondaCivic ! Etjusqu'au15juinvotreconcessaireFordvouslaproposeautauxexceptionnelde4,3% ! California Action Heroes ! Ford !" Mais pour la Mustang le spot disait : "AdmirezcetteMustangGT ! Pourlatroisièmeannéedesuite,elles'estmieuxvenduquelaCamaro! California Action Heroes ! Ford !" Pardon ? Ils auraient pu la comparer à la Celica ou la RX8, mais ils préfèrent la mettre en face de la Camaro ? Et son seul attrait, c'est qu'elle se vend mieux ? Ce n'est pas hyper-rassurant comme argumentaire ! La troisième anecdote, c'était en 2012, lorsque je passais mon voyage de noce à Honolulu. La loueuse m'avait proposé une Mustang pour 20$ de plus. Mais de la manière dont elle le disait, ça sentait l'arnaque. Effectivement : c'était LA voiture du touriste. A chaque fois que vous croisiez une Mustang, elle était blanche et il y avait un Allemand en short derrière le volant !

En résumé. En passant la porte de SAFI, vous aviez d'un côté le gosse qui disait "TU VAS CONDUIRE UNE BAGNOLE AMERICAINE !" et de l'autre, le mec blasé : "Ca va être un gros veau pour pré-retraités, survendu par le marketing..."

Ligne
Après des années de n'importe quoi, Ford a redressé la barre depuis 10 ans, pour la Mustang. L'actuelle génération est un bon mélange de clin d’œil nostalgique et de traits plus modernes. On a l'impression qu'elle va dévorer la route ! Comme je l'ai écris plus haut, les Américains sont des spécialistes de la voiture statutaire. Pour l'incognito, il faudra repasser ! Surtout qu'elles sont presque exclusivement commercialisées dans des couleurs fluos. J'étais presque déçu d'en avoir une noire...

Intérieur
Une très bonne surprise. La finition est correcte, l'ergonomie est bonne et il n'y a pas trop de gadgets. Par contre, ils ont été généreux sur les chromes et les badges. Seul point noir : l'habitabilité. 4,784m, alors que c'est une 2+2 places ! Au moins, vous aurez de la place pour les courses...
Au volant
SAFI avait des 2,3l Ecoboost et des V8 5,0l. Avec 317ch, le 2,3l Ecoboost n'a plus grand chose à voir avec le Cologne (mis à part la cylindrée...) Mais une 'Stang, c'est forcément, une V8, non ? Dès que vous pressez le bouton start, vous obtenez le fameux glouglou. Grâce à la caméra de recul, les créneaux ne sont plus en problème, malgré les porte-à-faux. L'exemplaire testé possédait une boite automatique à 6 rapports. Elle gérait très bien les 421ch et les 524Nm de couple. Le parcours passe par une ZI avec un bitume en patchwork. Pas de problème pour la belle Américaine. Puis c'est l'autoroute, j'ai tenté une relance en courbe et la voiture est restée droite. Le gros plaisir, c'est tout de même de mettre les pleins gaz. Entre le bruit et le coup de pied aux fesses... A ce titre, le kick-down était réduit. Une Américaine avec un vrai V8, de vraies suspensions et sans kick-down ? On croit rêver ! Par contre, le moteur est vorace avec 16l de moyenne sur le parcours. La V8 a droit à un réservoir 61l (contre "seulement" 51l sur l'Ecoboost.) Néanmoins, il a tôt fait de n'être plus qu'un souvenir...

Conclusion
A 49 900€, cette Mustang 5.0 V8 cabriolet est bien tentante. Pendant des années, la Mustang n'était pas exportée. Ford a décidé de la vendre à travers le monde pour remplacer à la fois ses petits coupés (Cougar et Probe) en Europe et les grandes berlines (la Falcon) en Australie. On sent qu'ils ont fait de vrais efforts sur la finition et les liaisons au sol, pour la rendre compétitive. Donc terminée l'image de voiture de coiffeur...
J'étais arrivé avec des doutes et je suis reparti avec un sourire jusqu'aux oreilles. Lorsqu'au bout de 30 minutes, j'ai du rappuyer sur le bouton-poussoir et que le glouglou s'est arrêté, j'en avais la larme à l’œil...

lundi 25 septembre 2017

Is it caturday yet ?

C'est officiel : depuis jeudi dernier, c'est l'automne. Paradoxalement, les températures remontent un peu. Un mini-Eté indien (hommage à Joe Dassin ou à Hugo Pratt et Milo Manara, c'est selon.) Comme le propriétaire de cette Jaguar XJ-S V12 normes US, j'ai décapoté pour profiter des derniers rayons de soleil...

La XJ-S fut un vrai vilain petit canard. Du plastique à profusion, un dessin torturé, pas de version cabriolet et surtout une finition "British Leyland". Puis, petit à petit, elle s'est métamorphosée. Plus fiable, avec une version cabriolet et au final, des boucliers peints avec un nouvel arrière... De quoi séduire la clientèle US. Ce qui est dommage pour elle, c'est que juste après, il y eu la XK8. Jaguar créa une descendante à la Type E et il fit comme si la XJ-S n'avait été qu'une verrue... Et comme l'histoire aime bégayer, la XK8 fut elle-même balayée par la F-Type.
Est-ce qu'aujourd'hui, il reste un espace pour un gros coupé/cabriolet 2+2 places ? A voir les difficultés de Mercedes et de BMW, je dirais que non. Le segment s'est clivé entre coupés/roadsters sportifs et berlines "dynamiques".

dimanche 24 septembre 2017

Un autre jogging, une autre R4

Il y a quelques mois, j'avais croisé une R4 pendant que je courrais. En voici une autre, parce qu'il n'y a pas assez de Renault 4 sur ce blog !

Notez qu'il y a eu une série spéciale R4 Jogging en 1981. Là, mes plus jeunes lecteurs doivent lever les yeux au ciel : "1981 ? C'était le temps des dinosaures !" Et les gens comme moi (qui avait 2 ans à l'époque) se prennent une touffe de cheveux blancs...

samedi 23 septembre 2017

Mise au point post-francfortoise sur l'électrique...

Les voitures électriques, j'en parle régulièrement. De plus, je vais régulièrement prendre le pouls des professionnels. Donc, je sais (à peu près) de quoi je parle.

L'un des thèmes à retenir du salon de Francfort, c'est que l'électrique était omniprésent. Avec beaucoup d'annonces, quelques prototypes... Mais aucun véhicule de série.
Parmi les annonces, il faut bien distinguer celles du types "dans 5 ans, toute notre gamme sera déclinée en électrique et en hybrides" (Jaguar, Volkswagen, Volvo...) et celles disant "en 2030, on ne produira plus aucun véhicule thermique" (ce qu'aucun constructeur n'a dit.)

L'annonce 1) signifie simplement que demain, chaque véhicule sera décliné en hybride ou en électrique. Les modèles essence et diesel resteront au catalogue. Mitsubishi nous promettait déjà cela en 2011. La SpaceStar électrique et le Pajero hybride, on les attend encore...
a) La norme Euro 6c sera très contraignante, avec un cycle d'homologation plus "réaliste". De plus, la communauté européenne impose une moyenne des émissions à 98g de CO2 par constructeurs. Avec de l'électrique, on fait baisser la moyenne, quand bien même on en vend 10 par an... D'où cette envie d'électrifier les gammes.
b) Le dieselgate et les annonces type vignette crit'air ont été autant de coups durs pour le diesel. En Grande-Bretagne, un gros quart des possesseurs de diesel s'est promis de ne pas racheter un diesel. Un autre gros quart hésite. L'avenir à court-terme, ça sera des petits moteurs équipés de turbo et d'un super-stop&start, qui fonctionnera quasiment comme un moteur électrique auxiliaire (mais en basse-tension.) De quoi pouvoir accéder aux centre-ville.
c) L'électrique progresse. Les téléphones portables servent d'accélérateur sur les recherches concernant les batteries. Non seulement elles ont plus d'autonomie, moins "d'effet mémoire", elles sont plus légères, moins chères... Et plus stables (la leçon des incendies de Samsung Galaxy Note 7 a été retenue.) Après, bien sûr, on parle de quelques pourcents de progrès. Mais les 100km en utilisation réelle ne sont plus inatteignables.
d) Cette année, il se vend environ 10 000 voitures électriques par mois en Europe, c'est 30% de mieux qu'en 2016... Mais ça ne représente que 1% des ventes totales de voitures particulières. Et encore, si on enlevait les flottes et les voitures de direction, il ne resterait plus grand chose. Dire qu'avec la Zoe, Renault tablait sur 100 000 ventes par an... La plupart des constructeurs (généralistes et premium) avait un "plan électrique" vers 2010-2015. Renault est celui qui a été le plus loin et ça lui a couté très cher (y compris politiquement, au sein de l'Alliance.) Ils sont tous un peu échaudés. Néanmoins, Tesla fait un carton. Aujourd'hui, le premium US qui fait rêver, ce n'est plus Cadillac ou Lincoln, c'est Tesla ! Demain, Byd, Detroit Electric et l'un des 1001 constructeurs chinois d'électrique (dont au moins 1000 n'ont plus donné de nouvelles ces derniers mois...) pourraient débarquer. Les constructeurs ne peuvent pas attendre les bras croisés que des nouveaux venus s'installent dans l'électrique et verrouillent le marché...

Le cas 2), ce sont essentiellement des politiciens qui déclarent qu'en 2030, ils chasseront les voitures thermiques de leur contrée. Pour l'instant, aucune loi n'a été votée. Les mandats électoraux ne vont pas aussi loin et les politiciens ont beau jeu de faire de telles annonces. Demain, on rase gratis...
a) 2030, c'est loin et c'est proche. C'est aussi proche que 2004. 2004, c'était hier, non ? Sauf que la planète automobile était très différente. GM était un grand groupe mondialisé disposant d'une vingtaine de marques. Ford possédait PAG, son pole luxe (Aston Martin, Jaguar, Land Rover et Volvo.) Volkswagen était le roi du pétrole avec ses TDI. C'était l'apogée des monospaces compacts ; la plupart des constructeurs n'avaient pas de SUV à leur catalogue. Personne n'avait entendu parler de Tata, Mahindra ou Geely (à part les pervers qui lisent le "tour du monde de l'insolite"...) Bref, l'air de rien, ça n'avait rien à voir avec la situation actuelle. Bien malin, qui, en 2004, pouvait prévoir la situation de 2017. Les constructeurs payent cher des analystes pour anticiper. Néanmoins, ces analystes doivent faire face à des facteurs macro-économiques et culturels difficile à anticiper. Donc, du tout-électrique en 2030, pourquoi pas ?
b) On nous promet éternellement une "vague" d'adoption de l'électrique. Le diesel a décollé suite au choc pétrolier de 1973. Quelle sera l'étincelle de l'électrique ? Aura-t-elle lieu en 2018 ? 2020 ? 2025 ?
c) L'électrique pourrait profondément redessiner les paysages. Il faudrait des bornes de recharges partout, bien sûr. Mais aussi, les stations services disparaitraient. Avec elles, les camions-citernes et les raffineries. Les voitures électriques n'ont ni pot d'échappement, ni parties à vidanger : ça serait la fin des centres autos. Est-ce que la proportion des flottes dans l'électrique restera ? Si oui, les automobilistes ne seraient plus que des locataires. Donc exit le marché de l'occasion. Et à quoi serviraient les autoroutes s'il n'y a plus de voitures capables de faire de longues distances ? Le trafic autoroutier s'effondrerait ; terminées, les grandes migrations estivales. Lorsque vous faites un "plein" en électrique, vous devenez vous arrêtez a minima une heure. Les anciennes station-services d'autoroute pourraient ainsi se transformer en centre commerciaux avec cinémas, hypermarchés, etc. Vu que les automobilistes auront davantage de temps... Et ainsi de suite. L'enjeu est de taille. Et beaucoup d'acteurs se retrouvent impliqués. D'où de grandes incantations...

Voilà, j'espère que vous y voyez plus clair...

mardi 19 septembre 2017

Voitures Chinoises : c'est signé !

Enfin du neuf sur mon livre consacré aux voitures Chinoises ! Depuis la mise en page, j'essayais de convaincre un éditeur. Ca y est, c'est officiellement officiel, les éditions Complicité vont publier mon livre ! Prochaine étape : le bon à tirer...

Reid Hoffman (le fondateur de Linkedin) a déclaré qu'un entrepreneur, c'est quelqu'un qui saute d'une falaise et se crée un parachute durant la descente.
Moi, en juillet 2015, je me suis jeté d'une falaise avec un parasol. Je pensais que j'allais me débrouiller tout seul. J'ai eu la chance d'être rejoint par des gens et des gens qui m'ont présenté d'autres gens. Parfois, ça s'est mal passé et il a fallu dire stop. Mais souvent, ça a permis de transformer mon fichier Word en véritable livre. Je remercie donc toutes ces personnes qui m'ont aidé à construire mon parachute. Y compris celles avec qui ça s'est mal passé.

vendredi 15 septembre 2017

Another break...

Le titre est une référence à Another brick de Fake. Le clip (à voir ici) est un gros moment de n'importe quoi. Apparemment, le groupe avait implosé quand le 45t est sorti. La production a embauché trois personnes, qui ont assuré la promo. Le chanteur est un Breton. La chanteuse originelle avait un profil de radio, d'où celle-ci, avec son regard de merlan frit. Le clavier (qui a une guitare !) est par contre un membre du groupe. En même temps, quand on s'appelle "Fake", on ne va pas faire de l'authentique... Le tout avec les figures imposées du début des années 80 que sont les costumes affreux, les teintures affreuses et les effets stroboscopiques ridicules... Dans le genre très 80s, il y a Shout de Tears for Fears (à voir ici.) Avec un Roland Orzabal qui en fait des tonnes devant la caméra (euphémisme.)

Another brick est sorti en 1985. Du haut de mes 6 ans, j'avais un anglais très limité et ma grande-sœur (qui avait 9 ans) faisait guère mieux. En prime, avec le son mono de la TV (couleur !) JVC, ça avait tendance à saturer... Donc, de ce qu'on avait compris, ils se plaignaient des breaks. Je pensais que tout le monde parlait tout le temps de voiture, comme moi. Que les Rita Mitsouko disaient que c'est la mode, qui a tué Mazda. Ou que Money for nothing, c'est Datsun way to do it...

L'autre jour, dans Paris, j'ai croisé deux breaks de poche. La première, c'est une Subaru Justy J2X. La Justy originelle était l'ultime avatar d'une lignée de citadines Subaru. En 1994, le constructeur à la constellation décida de faire des Suzuki maladroitement rebadgées. La Justy était une Swift. L'importateur français, dans un souci de cohérence, ne proposait que les versions 4WD. En 2004, c'était cette fois l'Ignis qui prit le relais, avec "Justy J2X". Celle-ci est immatriculée en Suisse. Emil Frey y possédait une force de frappe suffisamment importante pour séduire les Suisses. Alors qu'en France, personne n'en voulait. De mémoire, l'importateur allemand avait osé une Justy J2X aux couleurs STI...
Notez qu'ensuite, Subaru et Suzuki arrêtèrent leurs collaborations (même si les liens capitalistiques durèrent jusqu'en 2016.) Toyota étant à la barre, la Justy devint une Daihatsu Sirion. Puis ce fut la Trezia. Notez qu'au Japon, la Justy est revenue depuis peu, sous la forme d'une Daihatsu Thor rebadgée. Mais là, Emil Frey a semble-t-il décidé d'arrêter les conneries.
Autre break gris, une 500 Giardiniera. Fiat ou Autobianchi ? A l'avant, il y a un trou à l'endroit du logo...

mercredi 13 septembre 2017

La Citroën E-Mehari "designed by Courrèges" à la Paris Design Week

L'automobile vit une période troublée. Le "c'est quand qu'on va où ?" Le diesel est carbonisé depuis l'affaire du "dieselgate". Mais à la place, on met quoi ? Des 3-cylindres turbo essence à la fiabilité très incertaine ? Des électriques dont personne ne veut ? Les SUV arrivent en fin de cycle ; le marché est saturé. Mais par quoi on les remplace ? Quelle est la mission d'un généraliste, alors que les différenciations en terme de gammes, de positionnement prix et de design disparaissent ? Les grands salons ne font plus rêver. A Paris, les organisateurs avaient tous les prétextes du monde pour expliquer que la fréquentation augmente parce qu'elle baisse. Francfort s'ouvre avec des défections et je parie que la fréquentation sera à la baisse. Pour aller chercher des clients, il faut chercher des salons correspondants à son "univers". Ainsi, Mazda est présent à Jardins Jardin et Citroën s'invite à la galerie Joseph, dans le cadre de la Paris Design Week. On est dans le porte à porte.
Face aux incertitudes, les constructeurs ont tendance à aller vers des valeurs sûres. L'une des valeurs sûres, c'est le passé. Le nom de l'E-Mehari fait référence à la fameuse Mehari des années 60. Même si les deux voitures n'ont pas grand chose à voir. L'E-Mehari n'est qu'une Bluecar/Autolib recarrossée.

Et puis, il y a Courrèges... Les plus vieux se souviennent des Matra Bagherra Courrèges. Dans les années 80, Courrèges s'était associé à Santana pour un Samourai très kitsch (peinture argent, graphics latéraux et pare-buffle.) Coqueline Courrèges, l'épouse d'Yves Courrèges, avait fait construire des voitures électriques.
L'association avec l'E-Mehari est donc légitime.
Le premium, c'est une autre valeur sûre. Avec cette sellerie blanche  et cet intérieur noir, l'E-Mehari fait moins "plastique" que d'ordinaire. 61 exemplaires seront construits. Notez que le hard-top est fixe. Par ailleurs, elle inaugure de nouveaux sièges, ce qui montre que Citroën et Bolloré poursuivent le développement de l'E-Mehari.

Après, je ne sais pas si Citroën s'est vraiment trouvé des clients. La galerie se trouve au fond d'une cour et dans la rue, rien n'indiquait que l'E-Mehari était là. Sur place, point de catalogue ou de brochure. Il y avait un groupe d'hipsters, un mec qui connaissait à peu près la voiture et un autre mec et une fille qui avaient l'air d'une poule ayant trouvé un couteau. Leurs questions à "l'expert" étaient effarantes. Par exemple : "C'est une Autolib ? Donc on peut la prendre à la borne ? Ca se loue à l'heure ? "

lundi 11 septembre 2017

Reims-Gueux

Après avoir assisté à la naissance de la première RWB made in France, pas question de rentrer comme ça à Paris ! Je me suis offert un détour de 10km par le circuit de Reims-Gueux. RWB France s'y est rendu le lendemain pour y faire des photos.

Reims-Gueux, c'était un circuit typique de l'entre-deux guerre : trois départementales de rase-campagne fermées à la circulation, le temps d'un meeting. De toute façon, vu la circulation de l'époque... Avant la première guerre mondiale, les circuits fermés étaient très long; c'étaient presque des spéciales de rallye. Là, on commençait à parler temps au tour, trajectoire, qualifications... Accessoirement, avec un circuit plus court, les voitures passaient davantage devant le public. Donc, cela justifiait de le faire payer pour assister au spectacle...
De l'histoire de Reims, on retiendra le Grand Prix de l'ACF 1938, l'une des grandes victoires de Manfred von Brausicht (sur Mercedes.) Cet aristocrate, issue d'une grande famille allemande avait une haute opinion de lui-même. Après un long purgatoire, il connu une deuxième jeunesse dans les années 90. Mercedes l'avait embauché en tant qu'ultime témoin des flèches d'argent des années 30, à l'heure où la marque renouait avec la F1.
10 ans plus tard, Jean-Pierre Wimille remportait le Grand Prix de l'ACF sur Alfa-Romeo. Ancien résistant et familier des podiums de l'immédiat après-guerre, c'était un héros en devenir. Hélas, l'ACF fut la dernière ligne de son palmarès ; il se tua quelques mois plus tard à Buenos Aires.
En 1952, le Grand Prix de l'ACF était à Rouen. Reims ressuscita le Grand Prix de la Marne. Jean Behra s'y imposa sur Gordini.
Reims, c'était aussi l'endurance. Après un flop aux 24 heures du Mans 1954, la Jaguar Type D y remporta son premier vrai succès. Peter Whitehead et Ken Wharton se sont relayés à son volant.
A partir de la fin des années 50, les Grand Prix de l'ACF se firent plus rares à Reims. En 1961, Giancarlo Baghetti, cobaye de Ferrari, s'imposa pour son tout premier Grand Prix ! En fait, la route était couverte de gravillons, qui venaient obstruer les radiateurs des F1 1,5l, collées au ras du sol. Baghetti profita surtout des abandons des têtes d'affiches.
En 1965, Jean-Pierre Beltoise remporta la course de F3. Le premier succès d'un Français à Reims depuis Behra. Le premier succès de Matra. Le début d'une grande aventure...
En 1967, Guy Ligier et Jo Schlesser remportèrent les 12 heures de Reims avec une Ford GT40. Ce fut la dernière course "internationale" du circuit.
Il y eu un ultime meeting auto en 1969. Alain Cudini s'imposa dans la Coupe R8 Gordini et François Cevert, en F2...
Contrairement à Montlhéry ou Rouen, Reims n'a pas passé le cap des années 70. Je suis sûr que pour Cevert et Cudini, c'était un anachronisme, plus du tout adapté aux voitures des années 60. Les bâtiments, en béton, ont été longtemps livrés à la végétation.

J'ai pu à peu près faire un tour du circuit (sachant que certaines parties ont été démolies.) Depuis quelques années, l'association des Amis du Circuit de Gueux restaure les bâtiments. Un travail remarquable. Il pleuvait et il allait bientôt faire nuit. Mon exploration du site fut donc limitée.

Ce qui me chagrine, c'est qu'en France, le paysage des circuits automobile reste figé. Depuis 20 ans et le Paul Ricard nouvelle formule, on n'a plus construit de circuit de compétition. Il y a eu de nouvelles pistes, comme La Ferté-Gaucher ou Les Ecuyers, mais elles ne peuvent accueillir des courses. D'ailleurs, Magny-Cours n'a quasiment plus de compétitions modernes. Le circuit de Couvron, j'y croirai quand je le verrai ! A Reims, il y avait une entente cordiale entre ruraux, pouvoirs locaux et promoteurs. Aujourd'hui, dès que vous parlez de vitesse, une "association de riverains" rapplique et le maire se rétracte. Et vous avez des querelles de chapelles. Reims et Rouen avaient su se partager le Grand Prix de l'ACF. Alors que de nos jours, entre le Paul Ricard, Magny-Cours et Le Mans, chacun dépose des mines sous les pas de l'autre... Les Britanniques, les Allemands ou les Américains ont su dire "stop, à force de se faire la guerre entre nous, on ruine notre sport auto." Mais en France, c'est bien connu, chacun est plus malin que les autres !

dimanche 10 septembre 2017

RWB France : j'étais là !


RWB. Je crois que c'était Facebook qui m'avait proposé un lien vers un article sur RWB. J'ai découvert ce préparateur japonais de Porsche 911 et son patron un peu barré. Le sujet était intéressant, mais les photos avaient des watermarks. Ce n'est que quelques mois plus tard que j'ai enfin pu réunir des infos et des images libres de droit. Ca a donné cet article.
Alors lorsque j'ai appris qu'une franchise allait ouvrir à Reims, en présence du fondateur de RWB, j'ai foncé !

RWB France ? Akira Nakai a beau avoir une case en moins, il a le sens du business. Ses premières 911 n'étaient pas homologuées route. Ensuite, il a eu des clients hors du Japon. Alors il a essaimé à travers le monde. Chaque nouvel entrant devant se faire coopter. Les premiers franchisés étaient un peu marginaux, comme lui. Mais forcément, avec des cooptés de cooptés, on en est arrivé à des marchands du temple. Je suis sûr que dans quelques années, on verra débarquer des 911 RWB chez Barrett-Jackson, puis chez ArtCurial...
Des préparateurs de Porsche, il y en a toujours eu. En France, on a eu Louis Meznarie, puis les frères Alméras. La particularité des RWB, c'est qu'il ne prépare que des 911 refroidies par air (donc jusqu'à la 993.) Et surtout, il y a le taulier...

J'étais frébrile lorsque je me suis présenté (en japonais, s'il vous plait.) Nakai-san était comme je l'imaginais. Affalé sur son fauteuil, le cheveux hursute, habillé comme un skater des années 90, les mains noires, devant un amas d'outils, de paquets de clopes et de bouteilles vides. Il se lève sans préavis, bricole un truc que les autres n'avaient pas vu, puis il se rassoit. Là, il ouvre une noix de coco avec un tournevis (pour en boire le lait) ou bien il pianotte sur son portable. Et de temps en temps, il lâche un aphorisme !
Chose rare, en 2017, il n'a pas d'attaché de presse, il a passé 0 coups de fils et il a signé sans broncher tout et n'importe quoi.
La particularité de la journée, c'est que les portes du garage étaient ouvertes. Il y a avait une bonne cinquantaine de jeunes du coin. Ambiance jogging-casquette et BMW E30 tunée. Des gens qui d'ordinaire sont plutôt bruyants et dissipés... Néanmoins, ce jour-là, on attendait les mouches voler. Ils restaient sagement derrière leurs barrières, commentant par chuchotement les moindres faits et gestes du maître : "Il fouille dans sa caisse à outils. - Wah, je ne l'avais pas vu. - Elle est belle." Et lorsqu'une sonnerie de portable sonne, le fautif se fend d'un "j'te rappelle... J'te rappelle."

On aurait dit une performance d'art contemporain. Et Nakai-san, lui, il semblait dans son monde. La seule chose qui comptait pour lui, c'est que Champagne -la 911 (964) bleue- soit parfaite. Il avait prévu de finir à 17h. L'heure était largement passée, mais personne n'allait lui tirer la manche... Un authentique artiste, dans tous les sens du terme. J'échangerais volontiers des dizaines de "performers" à la noix contre un Nakai-san...
Et vers 19h, il retirait cérémonieusement les stickers. Une des personnes d'Easy Cars Reims (alias RWB France) faisait démarrer la voiture.  Ca y est. Hervé, le patron de RWB pouvait souffler. Apparemment, c'était l'aboutissement de deux années de stress. Même si, sur la photo, il essayait de ne rien laisser transparaitre.

Arigato gozaimasu Nakai-san.

samedi 9 septembre 2017

HYT et Panis Barthez

Pour ma génération, Fabien Barthez, c'est le mythique gardien de but de l'équipe de France championne du monde 1998 et d'Europe en 2000. C'était aussi le Guignol blagueur et ses fameux "Je peux dire une connerie ?" Mais depuis une dizaine d'année, Fabien Barthez est pilote en endurance. Il a monté une équipe avec Olivier Panis, le Panis Barthez Compétition. Depuis les années 90, les fabricants de montres de luxe ont massivement investi dans le sport auto. Et donc, HYT Watches soutient le Panis Barthez Compétition.

Et donc, jeudi dernier, ils dévoilaient une montre aux couleurs de l'équipe, au VIP Room. On reconnait le footballeur-pilote au centre, avec M. HYT (celui qui porte un tee-shirt "Walter".)
A l'extrême-gauche, c'est Timothé Buret. Il avait découvert le sport auto via le VdeV monoplace. En 2015, il s'était essayé à la Pro Mazda. J'avoue qu'avant de voir son nom sur une feuille de classement de Pro Mazda, je ne le connaissais pas. Et il m'a impressionné : une victoire et une 5e place finale. C'était mieux que Florian Latorre, qui débarquait de l'US F2000 et connaissait donc déjà les circuits. Dommage que Buret n'ait pas pu poursuivre. A mon avis, il aurait pu décrocher le titre, en 2016. Dans un monde où Zach Claman de Melo va débuter en Indycar, Buret aurait pu légitimement aller plus haut...
Je suis nettement plus réservé sur Nathanaël Berthon. De 2012 à 2015, il s'est acharné en GP2. Sans doute rêvait-il de F1. Pilote d'essai HRT en 2011, il fut l'un des tout derniers à porter les couleurs de Caterham F1, le temps d'une démonstration à Jérusalem (!) Son bilan en GP2 est d'une victoire et quatre podiums. Je pense qu'il y a perdu son temps et son argent. Sportivement, il aurait mieux fait de traverser l'Atlantique, de s'essayer au DTM ou à la Supercup. Pour moi, Berthon est l'archétype du pilote de GP2/F2. Normalement, si la deuxième année, un pilote n'est pas dans le top 5, sa marge de progression sera faible ensuite. Pourtant, en F2/GP2, ils sont nombreux à persévérer. Sur la grille 2017, avec des pilotes comme Jordan King, Nabil Jeffri, Norman Nato, Sergio Canamasas ou Nicholas Latifi, c'est le principe de Dilbert ! Qu'est-ce que ces pilotes avec deux, trois voire quatre saisons dans le dos espèrent encore ? Artem Markelov joue le titre, mais après quatre saisons, un sacre éventuel ne vaudrait pas grand chose... Si la F2 se veut une discipline d'excellence, elle doit mettre une limite d'âge ou du nombre de saisons de ses pilotes. Tant pis pour les équipes qui font de la location de voitures !
Qui dit soirée parisienne, dit "beautifull people". Comme je ne lis pas la presse pipoles, j'avoue que j'ai de grosses lacunes. Ce couple avait l'air célèbre. Ils se sont fait prendre en photos avec leurs montres. J'ai cru que c'étaient M. et Mme HYT, mais ce n'était pas le cas. Si quelqu'un les reconnait...

Aucune trace de la Ligier JSP217. On aurait été aux Etats-Unis, il y aurait eu un vieux proto aux couleurs de la voiture 2017 et les pilotes auraient passé la soirée à dédicacer des posters... Pour le thème "voitures", il y avait ce Mercedes G63 AMG garé devant la boite de nuit :

vendredi 8 septembre 2017

Parking Rédélé

Samedi dernier, j'étais place Clichy. Comme à chaque fois que je vais à Paris en voiture, je me suis retrouvé bloqué sur les Maréchaux et en retard... Pas le temps de chercher une hypothétique place en surface ! Va donc pour un parking souterrain et ô surprise, je tombe sur le parking Rédélé (je le situait rive Gauche.)

Ce parking est mythique car son dernier niveau est en terrasse et c'est là que Jean Rédélé a dévoilé l'Alpine A110.
C'était d'autant plus marquant qu'à l'époque, la communication presse était balbutiante, dans l'automobile, en Europe. Les constructeurs commençaient à peine à se dire qu'inviter des journalistes pour leur présenter un nouveau modèle (et que les photos paraissent au moment de la présentation publique), c'est une bonne idée. Dans l'univers du sport, c'était encore pire. Jusque dans les années 80, les artisans n'avaient pas la culture des présentations. La nouveauté, on la dévoilait sur un coin de circuit ou sur un micro-stand. Quant au "communiqué", c'était une feuille A4 tapée à la machine, illustrée par une photo noir et blanc (qui faisait un gros pâté noir à l'impression.)
Jean Rédélé avait fait HEC et il avait compris l'importance de la communication et de la presse. Il se fit donc prendre en photo sur ce parking qui dominait Paris. Et on parlait d'autant plus de lui qu'il était le seul à s'exprimer !
En fait, si ce lieu fut choisi, ce n'était pas par hasard. Dans une autre vie, c'était un concessionnaire Renault; le grand garage Escoffier, appartenant au beau-père de Jean Rédélé. C'est là que les A106 furent assemblées.

Retour à 2017. Pour souligner l'ambiance "Alpine", on est accueilli par une A310 V6.
Il y a des fresques murales un peu partout. Ainsi, moi, j'étais garé à "A110 gendarmerie". Avouez que ça sonne mieux que les niveaux "tulipe" ou "hortensia" des parking Indigo !
Point d'Alpine garées dans ce parking (la famille Rédélé y possède un mini-musée, mais il est fermé au public.) Néanmoins, j'y ai surpris une Autobianchi A112 Abarth.
Ce Citroën Type H faisait la promotion de Fondation Café, un café. D'après Google, il a fermé et j'imagine que l'utilitaire est en attente d'un nouveau restaurant à thème...

mercredi 6 septembre 2017

Chatenet, mon ex-futur projet

Il y a une semaine, le toujours excellent Michel Holtz signait un papier sur le désamour des micro-citadines. Un bémol sur son édito : il a à peine évoqué les causes. Le rapport avec cette Chatenet ? Je vais y venir...
Pourquoi est-ce que les gens boudent les micro-citadines ? Longtemps, c'était des voitures au rabais. Mais certaines ont une présentation plus que correcte, comme la Toyota Aygo. La Twingo et la Smart Forfour ? Accordez-moi un devoir de réserve dessus... En tout cas, le souci ne vient pas de l'offre, mais de la demande. Par définition, une micro-citadine, c'est pour rouler intra-muros. Se faufiler dans les ruelles et se garer dans une micro-place. Sauf qu'aujourd'hui, la ruelle est devenue piétonne et le stationnement en surface disparait. Dans les grandes villes, vous quittez une place de parking privative, vous roulez sur une avenue 2x1 voies et vous vous garez dans une place de parking souterrain. Le parking Indigo ne fera pas de différence entre une Smart et un Hummer ! Donc, pour la mobilité, notre citadin préfère le scooter ou l'Autolib. La deuxième clientèle, c'est le couple de banlieue avec deux voitures. Une grosse pour monsieur, qui sert aussi l'été et une petite pour madame, pour faire des courses et amener les enfants à l'école. Sauf que de plus en plus de pavillons n'ont qu'une seule place de garage. Surtout, de plus en plus de cadres vont au boulot en RER. J'en ai même vu improviser un meeting, debout, dans une voiture de RER A, en pleine heure de pointe ! Notre couple a pris un SUV. Madame se sent à l'aise à son volant et il est adéquat l'été, pour faire de la route.
A mon avis, les micro-citadines sont condamnées. Hormis peut-être les citadines chics comme la Fiat 500. L'avenir, ce sera peut-être des citadines  "down-sizées" pour se distinguer davantage des compactes. En revanche, il y a une clientèle de personnes qui veulent de la mobilité, mais qui sont revenues des scooter et des Autolib. Ou bien, des jeunes retraités qui ne se voient pas faire trois changements pour aller faire leurs courses. Des "born-again automobilistes". Sauf qu'ils n'ont pas forcément le permis et qu'ils n'ont pas envie de payer 500€ pour refaire un bouclier. Ils s'orientent vers les VSP.
En 2011, j'ai rencontré Louis-George Chatenet et il m'a paru très volontaire pour développer sa marque. Ca m'avait donné envie de devenir concessionnaire Chatenet. Je croyais en l'homme et en ses produits. J'ai commencé à chercher un local et à faire une étude de marché. Derrière, MG me disait qu'ils allaient arriver en France vers 2014. Donc moi, j'ouvrais ma concession Chatenet, je me faisais les dents dessus et en 2014, je décrochais un panneau MG. J'avais bien vu qu'en Grande-Bretagne, MG courrait après les concessionnaires indépendants et il risquait d'avoir le même problème dans l'hexagone. Au point d'accepter un branquignole qui vendait des sans-permis... Le hic, c'est qu'ayant peu de moyens, il me fallait une affaire d'emblée rentable. Aucune banque ne vous prêtera de l'argent avec un business model à l'équilibre dans 3 ans (quoi qu'elles en disent dans leur pub.) Or, ma petite étude de marché m'a permis de voir qu'un concessionnaire de VSP vend une à deux voitures par mois. Pas de quoi payer un local et des salariés, même en réduisant au strict minimum. Donc exit le projet Chatenet. Dommage, car en voyant ce vieux modèle, je reste persuadé que le potentiel est là.

mardi 5 septembre 2017

Pace car au feu rouge

Une Chevrolet Corvette dite "C3", la livré noir/argent suggère une Pace car Indy 1978. Mais je me méfie, car il y a des répliques. Des années 60 aux années 90, le pace car d'Indianapolis était une véritable institution. Les constructeurs se battaient pour décrocher la timbale. En 1978, Chevrolet profita des 25 ans de la 'Vette pour en aligner une (un bon moyen de relancer la carrière d'un modèle qui avait déjà 10 ans.) C'était la première fois qu'une Corvette menait la danse. Avec la sécession CART/Indycar, le buzz est retombé. Maintenant, c'est soit une Camaro, soit une Corvette. Il n'y a plus de suspens.

Je n'ai jamais conduit de Corvette. Je n'ai jamais été passager d'une Corvette et je ne suis même pas monté dans une Corvette comme passager ! Donc pas d'anecdote, désolé.

Ce qui me turlupine, c'est le rachat d'Opel/Vauxhall par PSA. Quid de GM en Europe ? Scénario 1, ils tentent de réinstaller Chevrolet. Comme cela, GM n'aurait qu'un seul généraliste pour toute la planète. Mais ces dernières années, GM a méticuleusement démantibulé l'ex-Daewoo. Tant pis pour ceux qui espéraient une nouvelle Matiz... Scénario 2, refaire le coup de Chrysler dans les années 90, avec le Trax, l'Equinoxe et peut-être la Malibu en Europe. Un moyen de vendre des voitures avec l'image "bagnole américaine" et sans trop investir en européanisation. Scénario 3, se contenter de rester à la marge, avec une énième tentative ratée de Cadillac pour séduire l'Europe.
A court, moyen terme, GM n'a pas besoin de l'Europe. Avec la Chine, le Brésil et la Russie, il a des volumes suffisants. Il pourrait tenter d'exporter davantage Wuling et Baojun, afin d'avoir une marque low-cost, à l'assaut des pays émergents. A quoi bon s'acharner avec une marque à l'identité floue, comme Opel ? De quoi inspirer Ford Europe, au moins autant en panne d'image (et dont les "réinventions" font long feu.) En 10 ans, GM a liquidé ou revendu 7 marques. Et je ne parle même pas de ses participations dans Fiat Auto, Subaru, Suzuki et Isuzu. Il ne lui reste plus que Buick, Cadillac, Chevrolet, Holden et Wuling/Baojun.
Le risque, c'est une "Chryslerisation" de GM, qui, à force de se recentrer sur ce qui marche, devient un constructeur local, avec une gamme rabougrie. Au mieux, il serait une proie pour un raider. Au pire, il pourrait disparaitre dans l'anonymat complet. Dans le dossier de rachat de FCA, personne ne se préoccupe du devenir de Chrysler et Dodge/Ram. Ce serait une vraie tragédie pour l'ex-N°1 mondial.

dimanche 3 septembre 2017

Multipla !

Les embouteillages de l'A86 m'ont permis d'immortaliser une Fiat Multipla. Elle était un peu cabossée, mais ça ne se voit pas sous cette angle. Au temps lointain où j'étais chez Lucas, il y avait un collègue, Roger, qui adorait les Multipla. D'après lui, c'était le concept le plus intelligent au monde... N'empêche, il n'en a pas acheté une !
Le design disruptif, c'est un saut dans l'inconnu. C'est toujours plus facile de jouer la sécurité. Mais il y a un moment où pour s'imposer, il faut savoir bousculer les conventions. Si le Multipla avait réussi, Fiat aurait pu devenir le roi des monospaces compacts, au détriment de la Xsara Picasso et de la Touran. Ca lui aurait peut-être évité le trou d'air de 2003-2004... Sauf que le pari a été perdu. Le public l'a trouvé moche et les analystes ont joué à "j'vous l'avait dit..." Il a été relifté en 2004. La 500L aurait du s'appeler Multipla. Néanmoins, le nom était tellement brûlé qu'ils ont préféré "500-iser" la voiture et la vendre comme un monospace 500.

Pour info, la Multipla fut également assemblée en Chine, par Zotye (sous le nom de "Multiplan".) Au pays de l'enfant unique, il n'y avait pas vraiment de demande pour un monospace bas de gamme. Zotye a alors mis un moteur électrique dedans et ils ont commencé à faire des tests. La Chine voulait investir dans les véhicules propres et Zotye -un modeste acteur- se retrouvait sous le feu des projecteurs. Hélas, apparemment, les batteries chauffaient trop. Les images d'un Multiplan complètement calciné après qu'il ait pris feu firent le tour du web chinois. Plus personne ne voulait tester le Multiplan électrique. En plus, Zotye s'est brouillé avec Fiat. Ils avait racheté l'outillage des Palio et Siena à SAIC (qui avait repris NAC, l'ex-partenaire de Fiat) et ils ont commencé à les produire sans l'accord des Italiens. Donc rideau pour le Multipla/Multiplan. Quand ça ne veut pas...

A ce propos, je suis dubitatif sur l'avenir de Zotye (ainsi que celui de Hawtai, JAC ou Yema.) Il produit 200 000 voitures par an, ce qui est insuffisant. A moyen-terme, il va se retrouver avec des plateformes vieillissantes, alors qu'il n'a pas les moyens techniques ou financiers de développer de nouveaux véhicules et accessoirement, il n'exporte pas. Or, en parallèle, la Chine voit émerger des champions comme Great Wall, Byd, SAIC (MG et Maxus) ou Geely. Bientôt, ils auront une envergure internationale. La Chine n'aura plus besoin de garder vingt généralistes "pures". Il risque de couper les vivres du jour au lendemain et ça peut faire mal. Lifan misait sur les électriques. Du moins, ils ont encaissé les subventions et ils ont construit quelques véhicules de pré-série. Pékin leur a tapé sur les doigts (alors qu'avant, il laissait faire.) Avec 100 000-150 000 voitures, Lifan est lui aussi dans la zone rouge. Mais il exporte en Russie et en Amérique du Sud. Si la conjoncture se retourne, il pourrait rebondir. A condition de se moderniser rapidement. Sinon, ce sera la spirale de la marginalisation...

samedi 2 septembre 2017

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L'été aussi, l'A86 est bouchée. La différence, c'est que c'est avec des caravanes et mes monospaces bourrés à craquer. En ce moment, le pont de Nogent est en travaux. Oui, ça y est, avec 15 ans de retard, ils vont enfin faire des travaux sur le Pont de Nogent ! Roulement de tambours... Ils vont créer une piste cyclable ! Rassurez-vous, on n'est pas à Paris, ils ne vont pas réduire les voies de circulation pour les créer. Ils vont élargir le pont juste pour ça. Et les travaux dureront jusqu'en 2022.
Au moins, ça me permettra de garnir ma série de spotting sur l'A86... Voici donc une Peugeot 404 Coupé. Les montants semblent très fins, mais le hard-top n'avait pas de deuxième vitre latérale.

Je suis plutôt content que le mois d'août se termine. Moi qui ne suis pas parti, j'ai trouvé le temps long. En plus, sur Paris, le thermomètre a rarement dépassé les 25... Le plus rigolo, c'était le présentateur de la météo sur BFM TV, qui jurait à chaque fois que "dans 3 jours, les températures rattraperont les normales saisonnières..."
Evidemment, côté actu, c'était plutôt calme. Ca m'a laissé du temps pour faire des articles plus fouillés, comme celui sur la Jiotto Caspita ou sur le projet mort-né de Lotus-Isuzu en F1. Le spotting non plus, n'était pas terrible. J'ai l'impression que les primes à la casse, le durcissement du contrôle technique et Anne Hidalgo ont fait beaucoup de mal au parc auto. Sur les bouquins, rien de très neuf. Pour les voitures coréennes, j'ai récolté deux (!) photos. Actuellement, j'ai à peu près la moitié des photos. Ce qui me manque surtout, ce sont des photos "lifestyle" pour montrer l'évolution du pays, au-delà des voitures. Au milieu des années 50, la Corée était l'un des derniers pays en matière d'indice de développement. Cela veut dire qu'à l'époque, il y avait plus proportionnellement plus d'analphabètes à Séoul qu'à Kaboul. Qu'il valait mieux tomber malade à Mogadiscio qu'à Busan. Et aujourd'hui, c'est l'un des pays les plus riches. Son développement n'est pas aussi spectaculaire et soudain que celui de la Chine, mais quand même... Avec cette inactivité, j'aurais du bosser sur mon nouveau roman. Aucun lien avec les voitures ; ça parle d'un amnésique. Mon héros est devenu amnésique suite à un grave accident d'avion (quelqu'un avait saboté son aeroneuf perso.) Je manque d'idée sur la personne qui a saboté l'avion, mais j'ai pas mal de scènes à écrire. Et je n'ai rien fichu. Et j'ai honte.
En septembre, ça devrait bouger un peu plus. A commencer par le week-end prochain. Prendre des photos de 404 coupé, c'est bien gentil, mais c'est pas ça qui fait un blog de voitures ! J'ai l'impression qu'il y a des gens qui ont retrouvé mon mail. Et c'est tant mieux !