jeudi 30 juin 2016

Les bonus du Taklimakan Rally : 5. Qiemo


On finit par quitter Turpan. On y laisse Xavier et Thierry. On n'est plus que trois + un traducteur (ainsi qu'un guide et deux chauffeurs), alors qu'à Urumqi, on était onze... Bien sûr, le rallye ne nous a pas attendu et on doit enchainer deux étapes en une journée. Après une looooongue journée dans le bus, on atteint Ruoqiang. Une poignée d'heures de sommeil plus tard et on reprend la route, direction Qiemo, au sud du pays. Spécialité : des dattes rouges que les Chinois mangent au bain-marie ou qu'ils jettent dans la soupe.


On commence à voir le désert. Bien sûr, il y a une belle route nationale. La ville n'est pas enclavée. Mais en marge de l'approvisionnement classique, il y a un approvisionnement low-cost du "on entasse tout sur un camion-benne et advienne que pourra". Ces voitures d'occasions sont ainsi posées sur des marchandises diverses. Oui, j'ai bien écris posées. Pour en avoir vu de près, je peux jurer qu'elles n'ont aucun harnais !


Le sud-Xinjiang a une réputation de région instable. Donc forte présence de Robocop. Il y a même des vigiles à l'entrée des stations-service. On nous a déconseillé de nous promener seuls. Mais j'ai tout de même commis un acte de bravoure : traverser la rue pour immortaliser un kart. Il n'y a aucune piste dans le coin. En prime, les normes chinoises imposent aux karts "loisir" un baquet avec harnais, un arceau et des roues couvertes. Alors que fait-il ici, en pleine rue ? D'où vient-il ? Impossible de le savoir...


Une très rare Tongtian Glow. A la fin des années 90, Qinchuan produit une Suzuki Alto sous licence. Puis après plusieurs tentatives, il lance enfin sa propre voiture, la Flyer. L'Alto cède sa place sur la chaine de Xi'an. En Chine, rien ne se perd et Qinchuan vend l'outillage à Jiangbei. Comme il n'a pas négocié avec Suzuki, il relooke l'Alto pour éviter un procès. Et comme il manque d'imagination, il copie carrément la VW Polo contemporaine ! La Tongtian Glow se fait surnommer "Golo". Les ventes sont décevantes et Jiangbei se fait racheter par Jiangnan... Qui produit aussi des Alto dégriffées !

Un ex-Lifan X60. En 2014, le constructeur Chinois construit deux protos. Après une année de raids chinois avec un Patrol maquillé, il se sent d'attaque pour le Dakar. Visiblement, le projet fait long feu (plus de budgets ?) Et les deux X60 appartiennent désormais à un team privé.



Lui, c'est un personnage pittoresque. Ancien responsable du Taklimakan Rally, il a pris sa retraite. Il suit la course de loin, garant son Transit à chaque bivouac. Dans le civil, il fabrique des meubles de jardin. A chaque étape, il dispose tables et chaises, créant un "carré VIP". En prime, il organise des apéros, distribue des foulards (avec écrit "Taklimakan rally" en caractères anciens dessus) et il reçoit ses hôtes en jouant du saxophone !


A "l'apéro VIP", il y a les responsables du rallye, des journalistes, une présentatrice TV, la speakerine du rallye, etc. Mais pour les photographes, les seuls gens intéressants, ce sont les laowai ! Il faut dire que dans cette partie du Xinjiang, les occidentaux sont très, très rares. Donc, on joue les modèles d'un soir. La photo ci-dessous est un cliché officiel du rallye. En gros, la légende s'est : "Le Taklimakan Rally, c'est tellement à la mode que des laowai viennent ! En plus, ils s'y sentent tellement à l'aise qu'ils font des trucs de laowai !"
Le type à ma gauche est Malaisien. Il est copilote et préparateur chez Byd. Le team Byd est en fait une émanation de Guizhou Railroad, une écurie de rallye asphalte. "Mon" Malaisien a pas mal d'histoires à raconter sur Liu Caodong et sur les pilotes de Guizhou Railroad/Byd. Ce sont des amateurs (dans le mauvais sens du terme), mais comme ils le payent bien, il ferme sa gueule et il prend sur lui.

mercredi 29 juin 2016

Dealership à Turpan : 2. Landwind


Cet ancien concessionnaire Jiangling-Landwind est dans un état encore pire que l'ex-concessionnaire Zhongxing ! C'est bien simple, il n'en reste plus que les barrières, ainsi que le panneau à l'entrée !


Ouvrir un concessionnaire, il y a une dizaine d'années, en Chine, c'était se jeter dans le vide. A fortiori en prenant un panneau chinois. Bien malin celui qui pouvait prédire qui serait où dans deux ans. Une trentaine de constructeurs disposait d'une usine flambant neuve, de projets de modèles et d'un plan pour conquérir l'Europe. Le marché des utilitaires légers était ultra-atomisé, avec des acteurs locaux et des produits bas de gamme. Jiangling a été l'un des premiers à comprendre que le marché allait se consolider avec des acteurs nationaux et une montée en gamme. Landwind (une émanation de Landwind) fut l'un des premiers constructeurs de SUV de moyenne gamme. Ford a pris une participation dans Jiangling et l'a forcé à se rapprocher de ChangAn (avec lequel il dispose d'une joint-venture.) Landwind se trouve un distributeur en Europe. Il se diversifie avec un monospace ChangAn rebadgé et une poursuite sous son nom de la Fiesta 4 portes. L'avenir lui souriait. Puis les rêves ont fait long feu. Le monospace et l'ex-Fiesta ont été des bides. En Europe, le buzz se change en bouse après le crash-test du X-Pedition. Au moins, contrairement à ses confrères Polarsun, ChangFeng-Yangtze, Fuqi, Jinbei-Mianyang, Shuguang ou Wanfeng, il n'a pas sombré. Avec le X8, plus moderne, il a pu traverser la tempête.
Aujourd'hui, Landwind est l'un des rares "pur player" chinois du SUV. Le marché s'est encore écrémé avec l'absorption de ChangFeng, Gonow et ZhongXing par GAIC. Par contre, il doit faire face aux productions des généralistes (dont ceux de ChangAn.) Or, Landwind n'a ni l'avantage de la notoriété, ni celui des produits. Il n'a pas suivi Great Wall/Haval dans la course à l'armement. Et comme ChangAn, il exporte peu. Landwind manque donc de perspectives.


En France, c'est rare que l'on rase un bâtiment, y compris un bâtiment industriel. On préfère restaurer, réaffecter, réaménager. On ne compte plus les MJC et les salles de concert installées dans d'anciennes usines. Les publicités peintes directement sur les murs (bouillon Kub, Byrrh...) sont de plus en préservées.
En Chine, il n'y a pas de notion de "patrimoine récent". On déconstruit, on rase. L'ancien est perçu comme obsolète. D'ailleurs, lorsqu'ils construisent un gros truc, ce n'est pas dans l'optique qu'il soit encore là dans trois siècles. Alors ils emploient des matériaux bon marché, ils effectuent le minimum d'entretien. Comme ça, au bout de vingt ans, ça tombe en ruine et ils n'ont aucun scrupule à démolir.

lundi 27 juin 2016

Dealership à Turpan : 1. Zhongxing

En Chine, il y a rarement des friches industrielles au cœur des villes ; la pression immobilière est trop importante. Si ça se trouve, depuis cette photo, ce concessionnaire Zhongxing n'est plus qu'un tas de gravats, prêt à être transformé en hôtel de luxe...

La plupart des constructeurs Chinois ont eu au moins une aventure occidentale. Zhongxing est l'un des seuls à avoi tenté sa chance aux Etats-Unis. En 2008, Chamco débarque au salon de Detroit. Il envisage de faire assembler des pick-up Zhongxing au Mexique. Pour l'homologation, ils ont recruté Steve Saleen ! En parallèle, le constructeur a un deal avec un distributeur polonais de machines agricoles, Pol-Mot. Là encore, il s'agit d'assemblage.
Les histoires tournent court. Les deux associés de Chamco s'accusent mutuellement d'escroquerie. Saleen rend son tablier et part fonder SMS. Pol-Mot se rend compte qu'assembler des pick-up, c'est un métier (alors qu'il rêvait d'argent facile.)
Le coup est dur pour Zhongxing. Faute de mieux, il vend ses invendus à la Lybie de Kadhafi. Peu après, le pays s'embrase. Les rebelles ne jurent que par les pick-up Chinois ! Le constructeur prétend que ce fut une excellente pub. Mais pas assez pour l'empêcher de se faire dévorer par GAC. Depuis, GAC a créé Run Pard et les jours de Zhongxing semblent comptés...

Les bonus du Taklimakan Rally : 4. Turpan

Aujourd'hui, je vous montre ma récolte de Turpan, ville à l'est du Xinjiang. Elle est réputée pour son raisin. Ils en font de l'excellent vin (blanc, rouge et mousseux), ainsi que des excellents raisins secs (ils sont extrêmement goûtus.) Comme partout en Chine, les grues sont à pied d’œuvre. Le bivouac de Turpan est au milieu d'un terrain vague. Mais il y a déjà des routes et le tout-à-l'égout. Nul doute que l'an prochain, le lieu sera cerné d'immeubles de bureaux, d'hôtels de luxe et de centres commerciaux...

Turpan, c'est aussi des tempêtes de sable. Ce minibus Hafei à l'abandon semble pétrifié. Notez que c'est un design de Pininfarina.
Les faussaires chinois en ont pour tous les goûts ! Après le faux Ford, voici le faux Chevrolet Colorado ! C'est le Plutus, de Liaoning SG. Ils en commercialisent une version SUV (Chevrolet n'y avait pas pensé), ainsi que l'Aurora qui est simultanément un clone du Kia Sorento et du Mercedes ML première génération !

Trêve de plaisanterie, les pick-up chinois montent en gamme. Avant, ils étaient blanc, gris ou kaki, avec des roues en tôle. Maintenant, les constructeurs les parent de couleurs chatoyantes, des vraies jantes, etc.
Turpan, c'est la première journée de repos. Voici la bécane de Thierry, un journaliste de Moto-Revue qui faisait parti de notre troupe. Cette moto est une KTM, mais pour des raisons commerciales (qui dépassent Thierry), c'est une Jincheng. Il débarque avec à l'hôtel, pour un petit contrôle. Il ne le sait pas encore, mais il n'allait plus jamais l'enfourcher...

Les motos, ce n'est pas trop mon truc. L'après-midi, j'étais au bivouac. Je suis passé rapidement dans le coin des motards. Je n'ai pas fait attention à Gérard, un mécano Français du team Beixing. Il voyage par ses propres moyens, mais son fils, Xavier (ex-pilote de Carrera Cup) est avec nous. Il n'y avait pas grand chose à voir : la plupart des pilotes sont à l'hôtel. Pendant ce temps, Gérard a fini et il fait un tour avec sa bécane, pour vérifier qu'elle marche. A 16h, j'ai assez de photos. Je m'incruste dans une voiture de l'assistance, direction l'hôtel. Alors qu'on quitte le bivouac, le traducteur nous fait signe de nous arrêter. Gérard a eu un accident avec un camion de chantier. Il est mort sur le coup.
C'était un coup de tonnerre. Je n'évoquerai pas tout ce qui s'est passé durant les 48h suivantes. On est resté à Turpan en attendant que ça se décante. Thierry a abandonné, afin de soutenir Xavier. Hunan TV voulait nos réactions. On a fait une interview très sobre.
On a donc passé deux jours de plus à zoner dans Turpan. C'est là que j'ai fait mes premiers Conducteurs du jour. Tenez, voici une autre moto. Vous ne connaissiez pas cette KTM ? Le constructeur autrichien non plus ! Notez la jolie serviette Honda...

Une autre Hong Qi, la CA 7200. De 1988 à 1999, Audi a produit la 100 chez Hong Qi. Lorsqu'il arrête la production (afin de passer à l'A6), les Chinois rachètent l'outillage. Un bon vieux 2,2l Chrysler (celui notamment des Tagora et 505 GTI) sous le capot et c'est reparti ! En 2008, le constructeur jure qu'il va poursuivre la production pendant des années... Et quelques jours plus tard, le couperet tombe. Il a probablement suffit d'une décision d'un ponte de FAW. Depuis, les CA 7200 sont plus ou moins abandonnées. Elles n'ont même pas l'aspect rétro des CA 770...
Une vieille enseigne rouillée d'un (ex ?) concessionnaire Mitsubishi. Signe particulier : il distribue les produits des deux joint-ventures, ChangFeng (Pajero) et SouEast (Lancer et Delica.)

samedi 25 juin 2016

Les bonus du Taklimakan Rally : 3. Karamay

Après deux jours à Urumqi et quatre jours à Tacheng, le rallye débute vraiment avec le voyage à Karamay. Enfin un peu de nomadisme ! On se rend à l'arrivée, je remonte un kilomètre en amont, pour avoir des photos de voitures en action. D'autres photographes, des TV et les stagiaires de Zotye (ils en ont assez pour organiser avec un match de foot) me rejoignent. Quelques motards passent, puis plus rien. L'heure tourne, mais aucun véhicule à l'horizon. Un homme d'affaire déboule de nul part avec son Pajero. Il se met à pleuvoir des cordes et il me propose de m'abriter. Sans lui, j'aurais été quitte pour un maxi-rhume ! En prime, il m'a filé des bonbons du Kazakhstan (les businessmen du Xinjiang font davantage d'affaires avec les pays frontaliers qu'avec Pékin.) Merci donc à cette âme aussi charitable qu'anonyme.
Philippe Gache finit par arriver, avec un buggy sans capot, suivi par son poulain Han Wei (sans aile gauche.) A partir de là, une dizaine de voitures se suivent, presque à la queue-leu-leu. Ont-ils roulé en convoi ?
Karamay est une ville-champignon. Une ville à mi-chemin entre Urumqi et Tacheng, au milieu d'un désert de pierre. Avec la découverte de pétrole, le petit village ouïgour devient un gros bourg han. Curieusement, je n'ai pas vu beaucoup de centres commerciaux. Les habitants de Karamay ne semblent pas encore converti au sac Louis Vuitton et au Starbucks. Il est 17h et je n'ai rien déjeuné (mis à part les bonbons kazakhs.) En cherchant vainement un restaurant d'ouvert, je tombe sur cette Chevrolet Caprice Classic. Allez savoir comment elle est venue jusque là...
A priori, c'est un Range Rover Evoque. Mais regardez le badge sur la calandre... Eh oui, c'est un Land Wind ! On comprend que Land Rover ne soit pas hyper-content...
 "Le" Landwind, le X6, alias X-Pedition. Exposé au salon de Francfort 2005. Puis l'ADAC décide d'en crasher un. Bilan : il s'écrase façon canette de Coca sur l'obstacle. Ils ont diffusé les photos alors que le salon de Francfort ouvre au public... Malgré tout, l'année suivante, il est à Porte de Versailles. A mon avis, il avait 0 chance. Même une fois qu'il reçoit des aciers plus solides et un VM diesel (comme l'exemplaire de Karamay.) Les Néerlandais tentent de le vendre. Ils en ont écoulé six en trois ans !
On termine avec ce Kawei Auto. Dans le Xinjiang, ce qui vous pose un businessman, c'est le Ford F-150 avec roues jumelées, voir un Raptor. Et si vous voulez prétendre que vous êtes riche, vous prenez un Kawei Auto. Par temps brumeux, on pourrait presque y croire...

vendredi 24 juin 2016

53. Hong Qi CA 770

Même au bout du monde, je suis corporate : visez le tee-shirt LBA avec le code QR, pour que les gens le scannent... Puis que leur smartphone plante parce que LBA charge des plugins Google, que la censure virtuelle fait ralentir. Notez aussi le cuir, parce qu'il fait pas chaud et qu'il pleut souvent...

Parmi la centaine de voitures de course du paddock de Tacheng, j'ai tout de suite été scotché par deux Hong Qi CA770. La Hong Qi CA770 était une limousine destinée aux dignitaires chinois. Elle fut la première voiture chinoise produite en moyenne série.
Bien sûr, ici, ce n'est pas une vraie. Le patron de l'équipe est richissime. Il s'est offert quatre BMW X5 X-Raid. Deux ont perdu leur carrosserie, remplacées par des panneaux inspirés de la CA770. Le moteur lui, cède sa place à un V8 Chevy. Notez qu'elles ont un intérieur plaqué bois et qu'elles se baladent tout au long du rallye avec des drapeaux chinois, comme les vraies !
L'esprit rappelle la Rolls-Royce "Jules", mais la finition est bluffante. D'ailleurs, André, qui donnait un avis "FIA" les a déclaré conforme et les deux voitures sont arrivées au bout.

Une séance de lavage est l'occasion de voir la Hong Qi avec le X3. On voit bien que le châssis est identique :

Les bonus du Taklimakan Rally : 2. Tacheng


Suite des "bonus du Taklimakan Rally 2016". Après Urumqi, c'est le départ vers Tacheng, d'où part la course. Sur l'autoroute, on croise un Range Rover Sport aux couleurs de l'organisation, puis un second, puis un troisième... Très vite, ça devient un convoi de Range Rover Sport, mené par notre bus VIP.
Dans une autre ville, on a croisé un concessionnaire Jaguar-Land Rover. Devant, il avait un bel alignement de Range Rover "tout court". Et bien sûr, c'était des V8 essence Autobiography, châssis long, full option. Des bestiaux à 200 000€ le bout. Mais ne vous inquiétez pas, le stock tourne vite... Et les clients payent cash ! Alors qu'en France, la plupart des concessionnaires JLR ont un autre panneau et ils écoulent surtout de l'Evoque et du Discovery Sport...
L'une des toutes premières Brilliance, la Zhonghuo. Un jeu de mot avec le mot chinois pour "Chine", ZhongGhuo. On a failli l'avoir en France. Enfin, failli... A l'époque, j'avais dit à Elisabeth Young : "Ce que j'en pense ? Franchement ? Sans être un expert en prévisions de ventes, une berline du segment E, avec une finition "à la chinoise" et motorisée par un 2,4l 136ch 220g de CO2 (NDLA : et non pas 220ch et 136g...), elle est mal barrée en France."
Brilliance, c'était aussi les rêves de grandeur de Bo Xilai. Un vrai roman...
A Tacheng, le départ a lieu dans un hippodrome. Le paddock est ouvert à tous. Les écuries en profitent pour faire leur show. Comme cette équipe venue avec ce magnifique FAW flammé. Un effort de décoration très rare sur un camion chinois. Mais c'est juste pour la frime : après le début de la course, il est rentré chez lui...

A gauche, c'est le Cyril Hanouna chinois; à droite, le Johnny Halliday chinois. Au centre, une présentatrice de Hunan TV, trop contente de poser avec les deux célébrités. KTM et Red Bull sont contents, aussi. Le Taklimakan Rally leur avait prévu un parcours allégé, hors compétition... Le premier jour, les deux motards font un discours à la tribune, ils prennent des selfies... Puis ils rentrent chez eux ! En effet, entre temps, il a plu et ils refusent de faire de la moto dans la gadoue !
Cette policière des forces spéciales prenait la pose avec ce buggy. Je lui ai demandé la permission de la photographier et elle a appelé son collègue. En Chine, où que vous soyez, il y a deux genres de policiers. Le genre "Chef Wiggum", inoffensif et toujours entre deux siestes. Dans le Xinjiang, ils aiment bien les portiques et souvent, ils sont débranchés, car le "bip" empêche le planton de roupiller... Et puis il y a le Robocop. Il se déplace par paquet de 12. Les lèvres restent closes ; c'est le tonfa qui parlemente à sa place. Ce n'est pas à lui qu'il faut demander la direction de l'hôtel...  En France, quand je vois des CRS prêts à en découdre, je fais demi-tour. Alors, en Chine, vu le respect des droits de l'Homme, ce n'est pas le moment de faire le mariol. Mais pas du tout...

Sinon, pour info, ces buggy sont des mauvaises copies de buggys ricains. Ils ont foutu le réservoir entre le moteur et les échappements. Comme ça, à la moindre fuite, il se change en torche...
 Pour finir, un bitza typique des T1 chinois "old school" : un Patrol pick-up avec avant de GW Wingle. Jusqu'à récemment, Patrol et Pajero formaient l'essentiel du plateau. Le cas échéant, ils sont raccourci à la tronçonneuse (pour le franchissement) ou équipés de V8 yankees. Puis les écuries ont commencé à construire des véhicules autour de châssis tubulaire. Les Patrol sont de plus en plus marginalisés. D'ailleurs, celui-ci n'a pas vu l'arrivée.
 André est formel : cette remorque très rustique a été formée à partir d'un train arrière de R4. Question : où on-t-il trouvé un train arrière de R4 en Chine ?

jeudi 23 juin 2016

54. Youngman-Lotus RCR


A Urumqi, j'ai tenu à poser avec cette Lotus-Youngman RCR (alias L3.) Oui, Lotus. Comme dans "Lotus Cars". Là, normalement, vous voyez une berline quelconque, au fin fond de la Chine et il y a marqué "Lotus" dessus, vous vous dites tout de suite qu'il y a un loup !

Peng Young est d'abord fabricant de machine-outils. Au début des années 2000, il obtient une licence de fabrication de MAN et d'autocars Neoplan. Ensuite, il s'offre l'ex-usine Subaru de Guizhou (afin d'avoir une licence de constructeur.) Il discute avec Ikco pour produire des Samand. Puis il se tourne vers Proton. Le Malaisien est englué dans un partenariat sans issue avec l'obscur Goldstar (à ne pas confondre avec l'ancien nom de LG.) Il est bien content de voir arriver Peng. Le PDG pose ses conditions : il veut produire des Gen-2 sous licence, sous la marque Lotus. Les voitures seront produites dans une usine flambant-neuve, à Hangzhou.
En 2008, Youngman déboule avec sa Lotus RCR. Faute d'autorisation pour le site de Hangzhou, les voitures sont produites chez Proton. La stratégie de Peng, c'est l'esbroufe. Sur les salons, c'est hôtesses en micro-jupes et poses suggestives. Quant aux voitures, elles sont dorées, chromées, fluos ou couvertes d'ailerons à rendre jaloux un yakuza. Son site joue la confusion entre Lotus Cars et "son" Lotus, afin de se donner une image "anglaise". Gag : il illustre la partie "historique" avec des Caterham. Il crée une équipe de cascadeurs, Lotus F1 (!), qui sillonnent les campagnes. Pour le nouvel an, il convie ses concessionnaires à des stages commandos. En plein mariage du Prince William, il recrute un jeune mannequin brésilien, le temps d'un salon. Les adolescentes chinoises en devienne folles : c'est un sosie de l'héritier royal ! Du coup, le mannequin est de toutes les opérations (ouverture de concessionnaires, show Lotus F1, etc.) avec séance de dédicace et de selfies ! 
La gamme s'étend un peu avec la berline L5 (une Gen-2 rallongée) et le SUV T6. Et les ventes atteignent 50 000 unités. Peng le self-made-man ne veut pas écouter les ordres de Proton. En plein "Lotus vs Lotus", il fait des œillades à Tony Fernandes. En théorie, Youngman doit distribuer les "vraies" Lotus. Mais l'accord fait long feu. Il exhibe une Europa et prétend qu'il va la produire ! Puis il se rapproche de Viktor Muller et du dossier Saab. Le problème, c'est que la valeur-ajoutée de Youngman est faible : ses L3 et L5 sont conçues par Lotus Engineering et il n'a pas le droit d'exporter. Il négocie des moteurs auprès de Mitsubishi, afin de prendre un peu d'autonomie. Peng n'hésite pas à publier des lettre-ouvertes où il fait des bras d'honneur à Dany Bahar, alors PDG de Lotus. Lorsque Proton est au bord du gouffre, Bahar fait une visite secrète (sauf que l'entretien a lieu en marge d'une opération de Lotus F1, en province et que Bahar y est le seul blanc à des kilomètres...) Bahar semble mandaté pour négocier le rachat de Lotus par Youngman.
Les négociations échouent. Proton connait une énième révolution de palais et le dossier Goldstar est ressorti. Apparemment, criblé de dettes, Peng ferme l'usine d'Hangzhou. Dans la grande tradition chinoise, il le fait silencieusement (pour une fois.)


Yougnman va me manquer. Autrefois, c'était un bon "client". Une journée calme, sans sujet à se mettre sous la dent ? Chez Youngman, il se passait toujours quelque chose ! "Lotus, aussi anglais que Tom Jones et U2", "Dany Bahar, j'en mange quatre comme lui au petit déjeuner !", "D'ici 2015, Lotus produira un million de voitures par an", etc.

Les bonus du Taklimakan Rally : 1. Urumqi


Qui dit "voyage en Chine", dit forcément "voitures exotiques", à défaut d'anciennes. D'où cette longue série de "bonus du Taklimakan Rally 2016". On commence par Urumqi... Enfin, cette pub-ci vient de l'aéroport de Pékin, où nous avons fait escale.
D'après Car News China, le Borgward BX7 serait en fait un Foton Sauvana relooké. Le Sauvana étant un SUV bas de gamme. Et alors, qui va se plaindre ? Contre un peu de reconnaissance et un repas chaud, Christian Borgward dit amen à tout !
Il y a quelques années, j'avais imaginé une renaissance de Borgward en Chine. Pourquoi Borgward ? Car c'est l'un des rares cas de marques ayant disparu corps et bien, durant ces 50 dernières années. Les autres constructeurs ont été absorbés. Ainsi, par exemple, Peugeot garde encore les droits d'utilisation de Simca et de Talbot. Un moyen d'être sûr que n'importe qui ne fasse pas n'importe quoi avec ces marque... Ou les revendre au prix fort, le jour où quelqu'un les veut. Innocenti, c'est plus compliqué : Fiat garde théoriquement les droits, mais une ex-filiale, à Taïwan, produit des scooters sous cette marque et il y a un Italien qui commercialise des sacs à main Innocenti.

A l'aéroport d'Urumqi, nous sommes accueilli par ce Landwind X5. De sacrés progrès depuis celui du Mondial de Paris 2006...
Un DongFeng Yu'an en tenue de policier. J'adore ces petits utilitaires à calandre "double-haricot". Toute ressemblance avec le "langage" d'une marque basée à Munich...
La voiture du mâle alpha du Xinjiang, c'est le Land Cruiser Prado ou le Highlander, si possible en V8 essence. On trouve aussi quelques Range Rover et quelques Cadillac, mais point de Lamborghini ou de Ferrari comme dans le reste de la Chine. La faute à un pouvoir d'achat plus faible... Et à des routes défoncés, dès que l'on arrive sur le réseau secondaire. Cela dit, je me demande d'où sortent ces Toy'. En 3 semaines, j'ai vu des concessionnaires de toutes les marques, mais 0 concessionnaire GAC-Toyota ou FAW-Toyota. Il faut croire à la génération spontanée...
Autre constat, les Lifan sont surreprésentées, comme cette 320. La marque est très bien implantée dans les zones rurales avec ses 125 et ses triporteurs. La force de vente a été réaffectée aux voitures, province par province. Comme ça, ils ont su faire évoluer le réseau vers 4 roues. Je soupçonne aussi le Xinjiang de servir de débouché pour les invendus des grandes villes. D'où la présence de voitures mal-aimées ailleurs, comme la 320...

mercredi 22 juin 2016

Taklimakan Rally 2016


Quand je suis invité à la présentation du Dakar, j'en ressors frustré. La journée commence par une vidéo de l'an dernier, avec tous les moments forts. Puis il y a la présentation des voitures, des pilotes, les dossiers de presse... Ca fait envie... Mais à la fin, alors que les concurrents prennent l'avion vers Buenos Aires, moi, je rentre chez moi. Tintin pour l'Amérique (du sud) ! J'ai déjà assisté à un Grand Prix de F1, aux 24 heures du Mans, à une épreuve d'Andros, à du Rallycross, etc. Mais jamais à un rallye-raid.


Du moins, jusqu'au mois de mai de cette année : le Taklimakan Rally m'a invité. "I'm going on an adventure !" Et quelle aventure : un rallye dans les confins de la Chine, au Xinjiang, là où le pays doit composer avec des influences arabo-musulmano-turques, mongoles et russes. Les voisins s'appellent Pakistan, Afghanistan, Ouzbékistan et Kazakhstan. Difficile de faire plus exotique, d'autant plus que les occidentaux viennent rarement dans la région.

Lors de la présentation, ils nous avait diffusés des images de ksar, de dunes, de campement avec cantines collectives. Je m'attendais à trois semaines à la dur.

En fait, la réception fut royale. Si les 4x4 et les buggies roulent sur des pistes, l'assistance roule sur des autoroutes (car il y a des autoroutes au Xinjiang.) J'ai passé trois semaines dans un minibus climatisé, à siroter des Coca tout en tapotant mon compte-rendu. Et le soir, c'était hôtel trois étoiles (voir quatre) avec le wifi pour publier. Bref, ce n'était pas très physique -du moins, pour moi-. J'ai quand même fait mon Gérard Holtz, genre "regardez les Parisiens, comment que c'était dur..." Par contre, côté décor, c'était un documentaire "live"!
S'il fallait adapter mon voyage au cinéma, ça ne serait pas un Indiana Jones. Ca serait plutôt une comédie. A titre d'exemple, voici un planning classique de présentation en France : "8h47, arrivée du train. 8h50, départ du car. 9h, briefing. 9h15, début des essais." Et voilà notre départ de Qiemo : "9h, départ du minibus. 9h05, on s'arrête car un des chauffeurs veut acheter des brioches pour son petit-déjeuner. 9h10, on s'arrête pour faire le plein (NDLA : la veille, c'était une journée de repos, si vous croyez que les chauffeurs en auraient profiter pour faire le plein...) 9h15, on découvre que la station-service n'émet pas de reçus ; on repart. 9h20, arrêt à l'autre station-service de la ville, où il y a déjà toutes les autres voitures de l'assistance (NDLA : parce que personne n'a fait le plein durant la journée de repos.) 9h35, on repart enfin. 9h40, on s'arrête car l'un des chauffeurs veut pisser (NDLA : et ça ne lui serait pas venu à l'esprit de profiter de l'attente à la pompe pour soulager sa vessie.)" Globalement, j'ai l'impression que la maxime des gens du Xinjiang, c'est "Pourquoi faire maintenant ce que je n'aurais pas le temps de faire plus tard ?" Il faut prendre son mal en patience. De toute façon, vu comment on était chouchoutés, ça aurait été indécent de se plaindre. Ah, le statut de VIP... Après avoir été quelqu'un pendant 3 semaines, ça a été dur de redevenir personne...

jeudi 16 juin 2016

Les bonus de Brighton

Suite et fin de mon album-souvenir de l'escapade à Brighton. On commence par le circuit de Thruxton. Comme tout bon circuit, il possède une école de pilotage. Ces Porsche Cayman et 911 attendent leurs pilotes d'un jour, en plein briefing. Les moniteurs auraient pu les aligner un minimum...
La tranquillité du circuit est troublée par ce type en plein drift avec sa Caterham. La photo est surexposé, mais ça donne un côté ancien. Après tout, durant ces quelques minutes, j'étais comme un gamin. Or, quand je lisais les Auto-Hebdo, les noms de circuits (hors F1) n'était que des alignements de lettre. Au mieux, il y avait une petite-photo qui accompagnait telle épreuve de BTCC ou de F3. Désormais, Thruxton, ce n'est plus huit lettres pour moi, c'est un endroit où j'ai été.
A Brighton, j'ai compté deux MG "chinoises" (une '6 et une '3.) Par contre, j'ai vu une demi-douzaine de B/C et une A !
La plupart du temps, j'étais derrière un volant. Loi de Murphy oblige, c'était là que je voyais des anciennes. Et quand j'étais à pied, rien à me mettre sous la dent ! Et même les voitures repérées au préalable avaient disparu le temps que je me gare ! Il faut donc se contenter de cette Capri floue.
Cet utilitaire Morris, surmonté d'une cage, sert de décor pour un spectacle de ladyboys (!) Une interprétation moderne de la Cage aux folles ?
Hors de Londres, les taxis Londoniens sont bien rares... A Portsmouth, ce chauffeur de TX1 attend le client.
De l'autre côté de la Manche, ce sont les Françaises, les exotiques ! Un glacier de Portsmouth a converti des Type H en camion de glaces, de quoi attirer les regards.

mercredi 15 juin 2016

Brighton, un tour en MG3

Tant qu'à passer en Grande-Bretagne, autant en profiter pour essayer une MG ! Avant d'aller à Brighton, j'avais pris contact avec le concessionnaire local. Sauf erreur, je suis le premier Français à prendre le volant d'une MG3 et à en faire un compte-rendu.


Ah, MG... J'adorerais écrire un livre sur les années chinoises du constructeur. C'est un vrai roman : de la corruption avérée, de la corruption supposée, une histoire de fesses, des agent-doubles... Puis ces aventuriers qui débarquent à Nanjing (fief chinois de MG), un baluchon et un CV sous le bras.
La MG3 a une genèse au moins aussi improbable. Lorsqu'il rachète NAC, SAIC trouve des Punto dans les entrepôts de feu-Nanjing-Fiat (elles étaient destinées à un projet mort-né de production locale.) Equipée de bloc de MG 3 SW (ex-Rover Streetwise), ils servent de mulet. Le centre d'ingénierie anglais de SAIC, tout juste bâti, s'occupe du développement. Le concept-car MG Zero tâte le terrain. Puis c'est la présentation officielle, aux côtés d'une Austin Seven, d'une Morris Minor, d'une MG 1100 et d'une MG3 SW. Les Chinois savaient-ils qu'en 1929, d'autres Chinois avaient tenté de produire un clone d'Austin Seven ? Alors que la production débute à Nanjing, Prodrive se charge de la version anglaise (mieux finie et ayant une suspension plus ferme.) De nouveau, la MG Zero sert à tâter le terrain (cette fois, en Grande-Bretagne.) Puis c'est les débuts officiels. La MG3 "anglaise" inaugure un nouveau bouclier, intégrant des LED diurnes. Elle arrive de Chine sous forme de caisses peintes, nues, accompagnée d'organes mécaniques. Longbridge fait essentiellement de l'assemblage, même si quelques pièces sont Made in UK.


Concrètement, la MG3 est plus grosse qu'une Rover 25, mais elle est la fille spirituelle des Rover série 100 et de la maudite City Rover... La firme à l'octogone vise les poches trouées : pour le prix d'une Panda, il propose plus gros, mieux motorisé et mieux équipé. C'est honnête, mais la voiture manque cruellement de personnalité. On est très, très loin de la philosophie des X-Power des années 2000 et je ne parle pas des roadsters... La MG6 fut un plantage intégral, aussi bien sur le fond que la forme. MG UK a fait le minimum syndical pour la MG3, afin de limiter les coûts. Ca serait pourtant simple de bricoler une "sport" : des grosses jantes, un silencieux, des amortisseurs sport, un volant sport, peut-être même deux baquets et l'inévitable plaque numérotée... De quoi faire plaisir aux fans, tout en gonflant discrètement la note.
MG en 2008, c'est Talbot en 1979... Si Talbot n'avait pas eu PSA derrière lui et si Simca ne lui avait rien laissé dans les tuyaux. Les premiers concessionnaires étaient des amateurs, souvent situés en milieu rural. Ils prennent un panneau, certains par vocations, d'autres sont persuadés que ce sera de l'argent facile. La MG3 est arrivée alors que le réseau Chevrolet UK était livré à lui-même. MG a ainsi pu revenir dans les villes. "Mon" concessionnaire de Brighton fait surtout des Škoda et des Mazda. Vu l'épaisse couche de poussières et de fientes de pigeons, ça faisait longtemps que personne n'a voulu monter dans son démonstrateur. Les autres MG3 sont vendues comme des occasions récentes, à l'extérieur de la concession.


Jeudi 16, les premiers SUV GS vont débarquer. Comme d'habitude, MG compte sur des tarifs très agressifs pour convaincre. L'objectif, c'est de créer un cercle vertueux : convaincre davantage de concessionnaire de prendre un panneau, avoir ainsi davantage de visibilité, donc davantage de notoriété, donc inciter les concessionnaires à sauter le pas, etc. Reste que SAIC manque d'ambition : une campagne de pub tous les deux ans, aucune évolution (alors que la MG3 va fêter ses 5 ans) et aucune stratégie sérieuse pour débarquer sur le continent. Si rien n'est fait avec le GS, MG restera une marque exotique.

mardi 14 juin 2016

Paris to Brighton


Le moyen de transport qui me fascine le plus, c'est... L'avion. En quelques heures, vous parcourez des distances formidables. Des distances qui demandaient auparavant des jours, voir des semaines. Surtout, prendre l'avion, aujourd'hui, c'est complètement banal. Alors que pendant plusieurs milliers d'années, l'homme osait à peine rêver de s'élever dans les airs... Mais bon, inconvénient N°1, c'est ultra-fliqué (néanmoins ça reste des passoires pour les terroristes) et une fois assis, vous avez droit à 0,5m3 d'espace vital. Accessoirement, vous ne voyez rien du paysage. Généralement, ça se limite à une épaisse couche de nuage entre vous et le plancher des vaches. En voiture, vous pouvez davantage apprécier le décor. Surtout, c'est vous qui êtes au volant. Un petit creux, une envie pressante ? Vous pouvez vous arrêter. Moi, j'adore effectuer de longues distances derrière le volant. Je ne sais pas décrire ce sentiment, mais c'est un des trucs que j'adore faire.


Donc, j'ai eu l'idée d'un Paris-Brighton en voiture. Nissan a accepté de me repasser leur 350Z. Une sacrée bagnole. Un road trip en 207 HDI, ça n'aurait aucun intérêt. Ce qui est marrant, c'est qu'en France, la Nissan attire les regards. A contrario, en Grande-Bretagne, non.
Au menu de ce road trip, un pèlerinage à Thruxton et un essai de MG3. Pourquoi Thruxton ? Parce que Mémoires des stands avait raconté une virée à Thruxton, pour assister à une épreuve de F2. C'était marrant de voir le tracé, au petit matin. Et puis, on est loin du Paul Ricard ! L'unique bâtiment en dur est tout petit. Le reste, c'est du préfabriqué. Il y a 10 ans, le BTCC était moribond. Ils se sont remis en question et ils se sont recentrés sur les fondamentaux : ouverture au public et limitation des coûts. En BTCC, le podium, c'est une benne de camion, aménagée spécialement, au milieu du paddock. Pas de zone VIP. Pas besoin de 15 badges pour voir les pilotes. Régulièrement, le BTCC s'offre des présentations statiques dans les villes environnantes. En prime, il embarque les disciplines qui passent en ouverture. Quand une sanction tombe, les teams l'acceptent. La communication est abondante, avec des photos de qualités. Et c'est curieux, avec tout ça, le BTCC -et ses courses en ouverture- font le plein.
Alors qu'en France, on a des gens qui se croient plus malins que tout le monde (et le disent tout haut.) Des gens qui proclament qu'il est urgent de ne rien changer (heureusement que France Télécom a arrêté le minitel, sinon le 3615 FFSA serait toujours là...) Des gens adeptes du yaka-fokon (parce que le problème, il est toujours chez les autres.) Et des Calimero au volant. Mais on a des championnats circuits tristes à pleurer. Peut-être qu'il y a un lien de causalité...

dimanche 12 juin 2016

Euro-Jet


Une autoroute bouchonnée. Une scène habituelle dans la région Parisienne. Ce Scania salement amoché passe à côté de moi. De loin, j'ai juste vu "Euro-Jet". J'ai alors imaginé un jet-truck qui rentrait d'une démonstration qui a mal tournée... J'imaginais une piste de dragster, de nuit. C'est la dernière animation de la journée. Le speaker au taquet : "ET POUR FINIIIIIR, VOICI l'EUROOOOO-JET ! ON l’APPLAUDIT BIEN FORT !" Les spectateurs massés autour de la piste ont dégainé leurs portables. Le jet-truck est sur la piste, cerné de mécanos. Les minutes passent, mais une turbine, ça ne se réveille pas comme ça... Enfin, des flammes sortent du réacteur. Maintenant, il faut régler la puissance. Encore de longues minutes. Les enfants, fatigués, veulent s'en aller. Puis, enfin, le camion bouge jusqu'à la ligne de départ. Au ralenti. Le pilote augmente la puissance. Les feux s'allument sur la piste. Rouge. Rouge. Rouge. Rouge. Vert ! Le véhicule part comme un boulet de canon. Tout se passe très vite. Une petite erreur et le jet-truck vire trop à gauche. Le pilote coupe les gaz, mais c'est trop tard. La barrière de sécurité sert de tremplin. Le jet-truck effectue un demi-tonneau. Il retombe sur le flanc droit. Et sur son élan, il termine sa course sur le toit. Certains spectateurs sont horrifiés. D'autres, qui ont filmé, songent déjà au prix auquel ils pourront vendre leur vidéo...

Sauf que ce n'est pas un jet-truck. Google m'a appris que c'est un camion "normal" appartenant aux Transports Tarelles. Le machin jaune (un équipement agricole ?) n'est pas un réacteur. Donc pas d'histoire de dragsters. Il a tapé côté passager. J'espère que le conducteur n'a rien.

samedi 11 juin 2016

Godzilla et millier de visiteurs

J'ai été invité au shooting photo de la Nissan GT-R millésime 2017. Une sacrée opportunité ! Ce jour-là, il y avait une manifestation. J'ai mis 20 minutes pour faire les 100 derniers mètres. Mais j'avais la banane, parce que j'ai vu "Godzilla" ! N'est-elle pas superbe ? C'est le genre de voitures impressionnantes, même à l'arrêt. En plus, elle est bleue, or c'est ma couleur préférée...

A part ça, je viens de dépasser le milliers de vues sur mon blog, 6 mois après son ouvert. Sachant qu'il y a environ 400 articles (un gros tiers de mon Skyblog a été transféré), cela fait 2 vues en moyenne par article ! L'article le plus vu, Le truc violet, a 17 vues et j'ai 0 commentaire. Même mis en sommeil, mon Skyblog génère davantage de trafic. J'espère donc que le deuxième millier de vues arrivera plus vite et que le bouche à oreille va fonctionner. En attendant, je vous invite à cliquer sur les liens (par exemple ici) et à donner vos impressions.