jeudi 28 juillet 2016

Rab' d'étoiles

En sortant de la Nuit à la belle étoile Mercedes, je suis tombé sur cette SLS AMG. La vitrine illuminée derrière faisait un beau contre-jour. Le propriétaire de la supercar savait-il qu'à quelques mètres de là, Mercedes organisait une fête ?
Et pour changer des Allemandes, voici du muscle yankee : une Chevrolet Camaro, aux couleurs de Bumblebee. Avec un badge Transformers sur le flanc gauche.

La nuit à la belle étoile


Deux jours après, le Grand Palais est métamorphosé. Les chariots-élévateurs ont laissé place aux Mercedes et les monteurs, aux visiteurs. Et la journée se termine par la Nuit à la belle étoile.


Le bac philo, c'était il y a deux mois. C'est dommage car j'ai un sujet : "Comment être un constructeur premium et parler d'exclusivité, lorsque vous avez vendu 1 871 511 véhicules en 2015 ? Comment définir son univers et son cœur de métier avec une gamme qui compte trente modèles ? Comment être crédible à la fois dans l'access premium (avec la Classe A), dans le sport (avec AMG) et le luxe (avec Maybach) ? Comment conserver une image allemande, alors que vos centres de R&D et vos usines sont largement décentralisées ?" Ce ne sont pas des questions rhétoriques. Je me demande réellement c'est qu'est Mercedes en 2016 et vers quoi il tend.


En attendant, je me promène parmi les véhicules. Ma petite fierté, c'est de voir les gens baver devant l'AMG GT et de penser : "Vous osez à peine la toucher. Alors que moi, je l'ai conduite il y a deux semaines ! Sur le circuit Bugatti, qui plus est ! Nananère !"


Et puis, il y a les anciennes... La C111 et la 300SL sont des voitures qui me donnent toujours des frissons. Ca manque quand même de berlines. Que serait Mercedes sans la W114, la W123, la 200/300 (W124) ou la 190 ? C'est vrai que pour les Français, c'était surtout des voitures de taxi ou d'Allemands en short en goguette... Les Américains rêvaient de produire des berlines premium en quantité industrielles. Mais ils ont négligé l'export. Les Cadillac et Lincoln étaient pensées par et pour la clientèle américaine. Pour l'Europe, ils misaient tout sur les généralistes. Avec la W114, puis la W123, Mercedes a envahi le marché de l'access premium. Des voitures statutaires, luxueuses et increvables. Aujourd'hui, dans 90% du globe, ce qui vous pose un "gars qui a réussit", c'est d'arriver en Mercedes devant la maison de ses parents. Alors que même aux Etats-Unis, rouler en Cadillac, ça fait péquenot !


Le seul point noir de la soirée, ce sont les VIP. Ils ont fait un coup de "red carpet", un tour avant l'ouverture au public, puis ils se sont enfermés dans le carré VIP. Ils ont peur de quoi ? Ils ne veulent pas croiser les gens qui achètent leur musique, vont voir leurs films  ou remplissent les tribunes des stades où ils jouent ? Malheureusement, c'est un phénomène de plus en plus répandu. Beaucoup négocient leur temps de présence à la minute près... Je me souviens d'un musicien, à une autre soirée, qui a bien du regarder 20 fois sa montre durant le dernier morceau ! Et à l'heure H, beam me up, Scottie ! Une autre fois, c'était un basketteur qui participait à une animation. Il a répondu à l'animateur par monosyllabes, puis il a fait trois lancer-francs (en loupant deux) et ciao ! Et un jeune pilote... Je tombe sur lui dans le paddock, alors qu'il vient de gagner sa première course en automobile, je pense tenir l'interview du siècle ! Et lui, casquette vissée sur le crâne, qui ne me regarde même pas : "Aïe yam verie appie, ze compétichion waz pouching ard, butte ze car waz verie goude and I ouinne." (Je précise que c'était un francophone.) L'année suivante, dans une discipline supérieur, il s'impose. J'arrive avec deux minutes de retard en salle de conf' (j'avais une excuse : j'ai regardé la course depuis l'allée des stands) et il avait déjà disparu ! Son patron avait l'air limite agacé : "Oui, il est rentré à l'hôtel. Là, nous, on range ses affaires." Et deux ans plus tard, je reçois un communiqué : "[pilote] vous invite à [endroit] afin de parler de Zboobie, son nouveau sponsor." Ah oui, quand il a un truc à vendre, il est plus bavard... Mais c'est ballot, je n'ai pas trop envie de lui faire de la pub.
Les personnes publiques (artistes, sportifs, mais aussi politiques) sont cons d'agir comme ça. Le public n'est pas dupe. Seuls les fans hardcore sont content d'entrapercevoir une star pendant 0,1 seconde. Les autres, ils tutoient certaines stars sur Twitter ou Facebook ; ils n'hésiteront pas à descendre en flèche les célébrités atteintes de melonite ! Vous voulez du bad buzz ? Vous voulez que les gens n'achètent plus vos chansons, ne viennent plus voir vos films ou ne vous applaudissent plus au stade, continuez ! A l'autre bout de l'échelle, il y a Jean Ragnotti. Lui, après son tour de chant, il descend dans la foule, il blague, prend la pose, signe des autographes, etc. A Rétromobile 2013, il a fait 30 minutes de rab' ! Et pour rejoindre sa loge, il prend le chemin des écoliers... Ah, si seulement il y avait plus de Jean Ragnotti...

lundi 25 juillet 2016

Les belles étoiles


J'ai pu assister aux tous premiers préparatifs de l'exposition "Les belles étoiles". Ca m'impressionne toujours, de voir des structures prendre forme, d'entendre les coups de perceuses et de maillet, le ballet des chariot-élévateurs. On vit dans un monde aseptisé, loin des usines. On a trop souvent l'impression que tout arrive déjà monté, par génération spontanée (sauf les meubles Ikea.) On ne rend pas assez hommage à ces gens de l'ombre qui montent, soudent et assemblent, pour notre bon plaisir.


En attendant, il n'y avait pas encore de Mercedes au Grand Palais. Du moins, à l'intérieur. Mercedes, ça me fait penser à la F1. Ca y est, Lewis Hamilton a pris les commandes du championnat. A la régulière, un troisième titre consécutif -le quatrième de sa carrière- lui semble promis. De ce que je sais, "Hamster" possède un égo surdimensionné. A mon avis, son ambition, c'est de balayer Michael Schumacher des livres d'histoires; que le recordman de victoires, de titre et de podium, ce soit lui. Le nombre de titre est incompressible : pour battre Schumacher, l'Anglais a besoin d'au moins 4 ans. 4 ans... D'ordinaire, face à un pilote dominateur, la FIA bricole le règlement. Cela avait permit de mettre un terme à l'ère Schumacher/Ferrari, puis à l'ère Sébastian Vettel/Red Bull. Sauf que la FIA n'a plus la main. Les motoristes lui disent : "On a investi des milliards dans nos power unit, on veut désormais les amortir." La fourniture est tendue ; le moindre départ de motoriste serait une catastrophe. Et il n'y a personne prêt à sauter le pas à court-moyen terme. Les vieilles lunes Alfa Romeo et Audi/Porsche, je n'y crois pas. Donc stabilité réglementaire. Donc poursuite du cavalier seul d'Hamilton jusqu'en 2020 ! En prime, les pilotes fonctionnent par bandes (même s'ils ne s'entendent pas forcément.) Fernando Alonso, Jenson Button, Kimi Raikkonen, Nico Rosberg et Vettel prolongent parce que les autres prolongent. Le jour où l'un d'eux part, les autres partiront la saison suivante. Juste parce qu'ils auront l'impression d'être cernés de jeunes.
Au moins, on voit émerger des Français. J'ai été déçu par la génération Romain Grosjean-Jean-Eric Vergne-Charles Pic. La suivante fera-t-elle mieux ? Pierre Gasly a compris que c'est son heure. Daniil Kvyat est en difficulté chez Toro Rosso. Le Français a décroché deux victoires en GP2, histoire de se montrer. En son temps, Antonio Felix da Costa n'avait pas su réagir. A mon avis, encore un succès et il y aura une STR12 avec son nom sur le côté ! Estéban Ocon, lui, il a ses entrées chez Renault (dont le N°1, Frédéric Vasseur, est son patron en GP3, puis en DTM) et chez Mercedes (qui le surveille depuis le GP3.) Je le vois bien chez Renault en 2017. Tom Dillmann est rapide et il pourrait prétendre à un baquet... Mais il a les poches trouées. Je le conseillerais de viser la Super Formula et de se mettre au Japonais intensif. A défaut de F1, il pourrait devenir le nouvel André Lotterer... Brandon Maïsano, il a explosé en plein vol, l'an dernier. Idem pour Amaury Bonduelle. Giuliano Alesi est ridicule en GP3. Je lui conseillerais de faire de la Carrera Cup ou de l'Audi Sport TT Cup, pour viser derrière le BTCC ou le DTM. Je pense que ça correspondrait mieux à son style de pilotage. Alesi Jr risque de perdre sa motivation s'il effectue une autre saison comme ça. La révélation 2016, c'est Antoine Hubert. Il était pas mal en FR 2.0 et il s'est réveillé en F3. S'il bétonne sa fin de saison, il mériterait de passer en GP3.

samedi 23 juillet 2016

Histoires d'A

L'autre jour, j'ai croisé deux voitures qui n'ont pas grand chose en commun, sinon qu'elles portent des patronymes en "A" et que leurs marques respectives ont disparu.

La première, vous l'aurez reconnue, c'est une Austin-Healey 3000. Elle est légèrement coursifiée, avec échappements latéraux et longues-portée. A mon avis, le propriétaire ne sort pas tous les jours avec. Sauf à prévoir de remplacer souvent les longues-portée...

C'est le moment de notre point habituel sur MG. Rien de très, très neuf : un concessionnaire dans le Yorkshire, 70 exemplaires du GS vendus durant les trois premières semaines et l'embauche de deux designers. Ce n'est pas une boutade ; ce sont vraiment les dernières actus. Ca et une campagne de pub sans relief pour le GS. A mon avis, pour que MG UK soit sur une rampe de lancement, ils doivent terminer l'année à 5000 véhicules. Ca serait un indice qu'ils vont sortir de la marginalité. Ca et de vraies nouveautés d'ici mi-2016 (et par "nouveauté", je n'inclus pas un set d'autocollants...)
Un Asia Motors Rocsta. C'est sûr qu'on se retourne moins sur son passage et pourtant... Asia Motors veut profiter du boum de l'automobile en Corée du Sud. Il passe un accord avec Kia et Fiat pour assembler la 124. Les kits sont assemblés chez Asia Motors, mais labellisés "Kia-Fiat". En parallèle, il lance le Rocsta, qui lorgne à la fois sur la Jeep CJ-7 et le Suzuki Jimny/Santana Samurai ! Il ouvre une deuxième usine. Cette fois, il bosse pour Dong-A (l'actuel Ssangyong), pour lequel il assemble des Fiat 130 et des Peugeot 604 (!) En 1979, l'état Coréen trouve que son secteur automobile est trop atomisé. Asia Motors implose : exit les Fiat 124 ; Kia récupère le Rocsta, son usine et le badge Asia Motors. Ssangyong récupère l'autre usine. Hasard ou coïncidence, il y produit une version sous licence de la CJ-7, le Korando (Korea can do.) En 1993, lorsque Kia arrive en Europe, Asia Motoors est dans ses bagages, d'où ce Rocsta. Néanmoins, en 1999, le constructeur est K.O. Hyundai, son repreneur, impose la dissolution de la sous-marque.

vendredi 22 juillet 2016

Peugeot 204 2000 !

En revenant d'AMG Live !, je suis tombé sur cette Peugeot 204. D'autant plus qu'il s'agit d'un des derniers exemplaires, avec calandre noire ! Après une après-midi de glorification de la puissance, de la modernité, de la technologie, c'est rigolo de tomber sur cette exacte antithèse : une voiture vieillotte, qui l'était déjà à sa sortie de chaine. Elle s'adressait à une clientèle conservatrice, peu soucieuse de performance. Pour draguer avec ça, il fallait sortir les rames ! Maintenant, les 204/304 berlines sortent un peu du purgatoire des "reprises 5000".

A part ça, depuis hier, j'ai dépassé le cap des 2 000 visiteurs. Un gros mois après celui des 1 000 visiteurs. Merci beaucoup, ô lecteurs. Le post du milliers de vues est le plus regardé. Par contre, les commentaires restent rares et visiblement, vous n'osez pas visiter les archives. Pourtant, elles sont désormais complètes jusqu'à fin 2014. L'occasion de (re)voir par exemple ma visite du stand Ferrari du dernier Mondial, avec Luca di Montezemolo en plein numéro de comedia dell'arte.

AMG Live !


Il y a quelques semaines, j'étais au Mans pour l'opération "AMG Live !" En gros, le coup de fil s'est passé comme ceci : "Bonjour, nous voudrions vous inviter à un évènement avec AMG et... - Oui !" Je n'ai même pas attendu la fin de la phrase !


Déjà, c'est au Mans. Le lieu est impressionnant, voir légendaire. D'ordinaire, les circuits sont au fond d'une allée ou au bord d'une route anonyme (comme Thruxton.) Vous roulez, vous roulez, puis vous tombez d'un seul coup sur une arche : "Bienvenue à..." Au Mans, non. Sur l'autoroute, une pancarte montre une silhouette de groupe C. Ensuite, pour entrer sur le circuit, c'est un chemin en spirale. La pression monte crescendo. D'autant plus que les 24 heures encore toutes récentes avaient laissés leurs artefacts. Vous pourriez presque encore entendre les rugissements des moteurs ou les commentaires du speaker. On était juste après la bataille, juste après la fête. Et on avait désormais (presque) tout le circuit pour nous...


On pouvait essayer les voitures que l'on voulait. Donc je ne me suis pas gêné : j'ai commencé par la GT S. Je n'étais pas le seul et AMG avait prévu une belle flottille de sa supercars. Je me suis senti un peu frustré : ça aurait été mieux sur un circuit avec davantage de lignes droites et surtout, des pneus plus performants. A peine a-t-on effleuré l'accélérateur qu'on tombe déjà sur un virage... Remarquez, prendre le volant d'une telle voiture était déjà un privilège en soit. Même pour un tour de pâté de maison, j'aurais été preneur ! Au moins, j'ai pu tester les différents modes et surtout, rouler près de 30 minutes.


Puis j'ai continué avec la S63 AMG cabriolet. Je m'attendait à une péniche... Et ça en était une ! A la limite, c'était plus rigolo que la GT S : l'arrière rechignait à passer les virages et malgré le couple de poids-lourd, il fallait pédaler pour atteindre les points hauts du circuit ! Quelques gouttes sont tombées et on a capoté, au ralenti, dans la ligne droite. N'était-ce pas le comble du snobisme ?


Ensuite, c'était le cours théorique sur la marque et ses produits. Dans le temps, la désignation correspondait à modèle (C, E, SL...) + cylindrée (en centaine de cm3.) Puis le marketing s'est glissé dedans. Les chiffres ne veulent plus rien dire et parfois, un même chiffre peut désigner deux mécaniques différentes, suivant le modèle !
Après cela, on a eu droit à un tour, en convoi. J'ai opté pour la SLC 45 AMG. Du peu que j'ai vu, elle semblait très aboutie. Alors qu'avec la SLK 55 AMG, à la moindre accélération, l'arrière ne demandait qu'à passer devant ! A mi-parcours, c'était changement de voitures. J'ai hérité d'une C45 AMG. Il pleuvait des cordes et après avoir perdu de vu le groupe, je ne pensais qu'à rattraper les autres, pour ne pas me perdre !


Ce genre d'évènement, c'est surtout utile pour connaitre le retour des "vrais gens". Les réactions des clients, sur l'opération comme sur les voitures, sont spontanées. Pour #FeelXE, après l'essai, les gens rentraient chez eux de suite, avec une gueule de dix pieds de long. Avec AMG Live, c'était sourires jusqu'aux oreilles et les gens restaient sur place quelque temps, ils buvaient un coup, discutaient, etc. Pas besoin de dépouiller les questionnaires de satisfactions !

mardi 19 juillet 2016

Caterham du matin... Chagrin ?


Une Caterham, vue au petit matin. Le propriétaire a opté pour un capotage partiel. Il faut dire que ce jour là, il devait faire 10° à tout casser...

Tony Fernandes semble s'être désintéressé complètement de Caterham. Sur son fil Twitter, il parle presque exclusivement d'Air Asia et des Queens Park Rangers.
C'est une histoire pleine de zones d'ombre. A mon avis, il voulait effectivement racheter Lotus Cars (est-ce pour ça que Litespeed l'a appelé ?) Puis il s'est noyé dans le marigot de Proton, entre interlocuteurs officiels et interlocuteurs officieux. Alors il s'est dit : "Pas de problème ! Je vais me créer tout seul mon "Lotus"!" A-t-il tenté de monter une boite ad hoc, avec le soutien de Renault Sport ? En tout cas, à l'été 2011, il rachèta Caterham et y déverse une pluie de livres sterling. Caterham n'était alors qu'un obscur artisan, connu seulement auprès des aficionados. En créant des structures en GP2 et en FR 3.5, il le rendit plus visible. Puis il rachèta une boite d'ingénierie afin de muscler les compétences techniques. En parallèle, il monta un réseau à l'international. Contrairement au Lotus de Dany Bahar, Fernandes évita le bling-bling et la dispersion. Mais ce n'est pas en regroupant des PME que l'on construit une grosse boite. La croissance a été trop mole et il y a eu le divorce avec Renault Sport/Alpine... En 2014, il en a eu ras-le-bol. Caterham F1 est revendu. La structure GP2 suit peu après. Je pense qu'il voulait aussi revendre Caterham Cars, mais le prix n'était pas intéressant. Surtout par rapport à ce qu'il y a investi.
Maintenant, j'espère que la marque va tranquillement grandir et qu'un jour, elle sortira enfin un modèle inédit.

lundi 18 juillet 2016

Jeff Koons en solde


Il s'en passe de belles, sur l'A86 ! L'autre jour, j'ai croisé cette drôle de BMW 316i (E30) tunée et coursifiée. Elle est décorée avec des filets de couleur qui m'ont immédiatement fait penser à la M3 Jeff Koons des 24 heures du Mans 2010... Sauf qu'ils étaient faits avec des rubans adhésifs et non de la peinture !

N'empêche, vu comment cette série 3 est allégée, elle doit être rigolote à conduire... Ca me rappelle la fois où j'ai piloté la 120d "Sprint motorsport"à Magny-Cours. C'est d'ailleurs la seule béhème dont j'ai vraiment pris le volant.


Pour rester dans le thème sportif, c'est l'anniversaire de la mort de Jules Bianchi. Il est tombé durant les commémorations de l'attentat de Nice. Il y a un lien entre les deux : le "thoughts and prayers". Philippe Muray avait défini le concept d'hyper-responsabilité : à chaque crise, à chaque catastrophe, il faut un coupable. C'est un bouc-émissaire, au sens biblique du terme ; la chèvre qui porte les péchés de la communauté et que l'on jette dans le vide. Par exemple, Bernard Madoff a incarné la spéculation financière débridée et il a payé pour cela. D'ailleurs, lorsqu'un coupable supposé démissionne, ne dit-on pas qu'il "prend ses responsabilités" ? Mais lorsque Muray est décédé, les médias étaient balbutiants. Désormais, chaque drame s'accompagne de mots-dièses, de profils Facebook, de "j'aime" et de "je partage". C'est un pic d'émotion. A celui qui ose critiquer, on lui répond que ce n'est pas le moment de polémiquer ; il faut respecter le temps du recueillement. Sauf qu'il n'y a pas de deuxième temps. L'actualité va vite et le surlendemain, la catastrophe est oubliée au profit d'une vidéo de chaton (ou de la dernière frasque de Kimi Raikkonen.) C'est souvent celui qui réclame le plus de "recueillement" qui en profite pour couler une belle chape de plomb. "Jules Bianchi a commis une faute de pilotage. L'enquête est terminée. Circulez, il n'y a rien à voir ! Et n'oubliez pas le tag "#JB17" !" C'est un cocktail redoutable. Plus de responsable, plus de mise en examen ; juste des minutes de silence. Aucun recul. Chaque année, on nous ressort les mots-dièses et les statuts du placard. "Prayers and Thoughts", "on pensera toujours à toi". Sauf qu'à l'heure des médias sociaux, l'éternité s'est sérieusement raccourcie ! Maria de Vilotta, elle a déjà épuisée son "toujours" ! L'Espagnole avait elle-même éclipsée Allan Simonsen. Et malheureusement, si demain, un pilote ayant davantage de palmarès que Bianchi III se tuait, le mot-dièse #JB17 fera long feu...

vendredi 15 juillet 2016

Panhard Dyna

Une Panhard Dyna Z. En 1950, en France, il y avait 6 généralistes, 6 marques de luxe, 3 marques qui tentent de redémarrer (Mathis, Licorne et Rosengart) et une dizaine d'artisans d'importance. 15 ans plus tard, avec la disparition de Facel-Vega et l'absorption de Panhard par Citroën, il ne reste plus que 4 généralistes, avec leurs obligés Alpine, CG, Matra et Sovam. 20 ans plus tard, en 1985, Talbot s'effondre et Matra passe un accord avec Renault ; seuls subsistent 3 généralistes. Et c'est un phénomène classique de concentration dans le monde industriel. Chaque décennie apporte son lot de disparitions de constructeurs. Mais à chaque fois, avec Rover, Saab ou Lancia, les gens semblent étonnés.

jeudi 14 juillet 2016

Faites de la musique (pas de l'auto)

Désormais, dans Paris, quand vous croisez un véhicule des années 60-70, il sert très probablement de décor pour un restaurant à thème. Comme c'était le cas de la R15 orange. Après la mode des Mexicains, des Cubains, du bio, voici le tour du "bistro". En gros, c'est l'ancienne carte d'un Courtepaille, mais avec des portions deux fois plus petite et des prix deux fois plus cher ! Pour rajouter au côté titi parisien, il vous faut une ancienne, comme ce Citroën Type H.
Moi, j'ai horreur de surpayer des plats que je pourrai faire chez moi ! J'ai voyagé un peu depuis l'an dernier. Au début, les prix des restaurants étaient si peu chers que ça m'étonnait et les portions, plus généreuses. Même dans les coins à touriste. J'ai du me rendre à l'évidence : ce ne sont pas les autres qui sont bon marché, ce sont les restaurateurs parisiens qui vous escroquent !

Accessoirement, ils squattent des places de stationnement. Ce Fiatou (avec jantes dépareillées) n'affiche pas le nom du resto devant lequel il est garé. Visez le logo Abarth sur l'aile.
Le 21 juin dernier, j'ai profité de la fête de la musique pour marcher dans Paris. C'était pathétique de voir ces restaurants identiques. C'est ça, le Paris bobo. Remarquez, si les cartes sont similaires, c'est qu'ils se fournissent tous probablement chez les mêmes fabricants de plats cuisinés. Car beaucoup de choses sont simplement réchauffées. Quand vous allez chez un routier, vous vous doutez qu'ils n'ont pas épluché les frites eux-mêmes, mais quand on vous fait payer 30€ un plat, vous êtes un peu plus exigeant...

Pour finir, une Peugeot 404 cabriolet. Comme les autres, elle a surtout eu une belle peinture. Les dessous ne doivent pas être jolis à voir... Ting ! Ah, je vous laisse, mon entrecôte à la sauce à l'huile de truffes est prête !

mercredi 13 juillet 2016

Le dernier album de Rose Royce (allégorie)

Une Rolls-Royce Silver Spur rouillée, rayée... Je l'ai prise sous son meilleur angle. Mais déjà, on peut voir que le Spirit of Ecstasy manque à l'appel, tout comme le second anti-brouillard. Une situation indigne d'une Rolls. Aussi indigne que le come-back de Rose Royce avec le producteur/clavier et des musiciens de seconde zone. Bien sûr, Rose, la chanteuse, est absente. Ca serait comme si un des membres de Blondie décidait de remonter le groupe et qu'il embauchait une chanteuse brune !

And now, for something completely different. Sur internet, on trouve tous les types d'informations et d'analyses sur l'automobile... Sauf des analyses sur le long terme. 99% des "analyses", c'est du descriptif. Machin ouvre une usine au Zboubland ; il compte cartonner sur le marché. Je viens d'entrer dans un McDo, je compte acheter un hamburger. Une stratégie, ça se prévoit sur le long-terme. Les constructeurs, ils ne songent pas à 2017 ou à 2018 ; leur horizon, c'est 2026. 10 ans. C'est le temps qu'il faut pour bâtir une usine et la faire tourner à plein régime. Leur planning pour 2021 est bouclé à la semaine près.
Il faut voir la gamme et les usines d'un site comme les pièces d'un jeu d'échec. La stratégie, ce sont les cases. Le siège, c'est le roi : il bouge à peine. Si un constructeur commence à poser des pièces dans un coin du jeu, c'est qu'il prépare une offensive. S'il a une tour ou un fou en mauvaise posture, il va chercher à les sauver et à les déplacer. A contrario, si ce n'est qu'un pion, il préférera le sacrifier pour concentrer ses efforts ailleurs. S'il déploie la moitié de ses pièces pour prendre un pion à l'adversaire, quitte à se mettre à découvert, c'est une mauvaise stratégie. Un vrai analyste ne doit pas dire "il pose son cheval en A5", mais anticiper le coup suivant , voir ce qu'il compte faire dans 10 coups. Sachant que comme aux échecs, les conditions évoluent. Rien n'est garanti : un produit qui fait un flop, une conjoncture économique qui se retourne, un partenaire qui fait faux-bond... Ca fait d'autant plus mal qu'il y a de l'inertie. Comme si le constructeur poussait ses pièces et qu'elles continuent d'avancer toutes seules pendant quelques tours. Songez à ceux qui lançaient des SUV à 200g de CO2 en pleine installation du bonus/malus... Personne ne fait cet effort de prévisionnisme à moyen-terme. Moi, j'essaye tant bien que mal. Parfois, je dis des conneries, mais souvent, j'ai raison. Je ne prétend pas avoir un cerveau supérieurement intelligent ; j'ai juste de la logique. Une prédiction ? Il y a peu, la Turquie semblait être un paradis : forte croissance économique et entrée quasi-assurée dans l'UE. Aujourd'hui, avec l'enlisement du conflit Syrien et son corollaire, le retour des tensions avec le Kurdistan, il a perdu de sa superbe. L'inquiétude grandit autour de sa stabilité. Plusieurs constructeurs produisent en Turquie des modèles destinés à l'UE. Or, les industriels ont horreur des incertitudes. Je prédis que les générations suivantes de ces modèles seront produits dans d'autres pays. On prend les paris ?

dimanche 10 juillet 2016

Le bikini Renault

En voyant cette publicité pour un bikini, j'ai été tout de suite happé par un détail : le losange sur le haut du bikini. Au point où pendant quelques millisecondes, j'ai cru à une pub Renault ! Un teaser pour un cabriolet ? Dans les années 70-80, on n'aurait pas hésité à se servir d'une femme dévêtue pour vendre une voiture. Mais on est en 2016 et les groupuscules féministes organisent des campagnes de boycott pour moins que ça... Le secteur de l'automobile est devenu hyper-consensuel. Donc plus de filles en bikini pour une pub.
En "dézoomant", j'ai vu que c'était une pub pour Calzedonia. Je me suis dit que je dois être un mordu au denier degré pour voir des logos de bagnole partout.

samedi 9 juillet 2016

McLaren estivale

Une McLaren spider. C'est la première McLaren que je vois "en vrai".

Il y a deux ans, j'avais écris un article sur le devenir de Ferrari, comment peut-il conjuguer élitisme et expansion. Dans l'automobile, aucune hiérarchie est gravée dans le marbre. McLaren se verrait bien en troisième homme, face à Ferrari et Lamborghini. Il a pour lui l'indépendance (Ferrari est lié à Fiat ; Lamborghini est encore plus lié à Audi), la légitimité et une politique commerciale très agressive. Après, une telle marque se bâti en plusieurs décennie. Il faudra donc attendre les années 2030 pour voir si vraiment, McLaren aura dépassé Ferrari en terme de prestige.

jeudi 7 juillet 2016

Présentation London Taxi TX5


J'ai reçu l'invitation en plein Taklimakan Rally, alors que je tapais un compte-rendu. Je me suis dit : "Si Geely sponsorise le buggy SMG et si London Taxi veut revenir en France, c'est qu'ils préparent une grosse offensive, non ?" Et bien non. Le RP de London Taxi ne savait même pas que le buggy a gagné le Taklimakan Rally. C'est pourtant le tout premier succès de Geely dans une coupe ouverte ! C'est dire la cohésion du groupe...


Cette présentation m'intéresse à plus d'un titre. Déjà, il y a le côté exotique du "black cab". Et London Taxi est dans une situation critique. Il n'est plus tout seul dans son pré-carré londonien. Parmi ses concurrents, Metrocab est aussi légitime que lui. Enfin, avant de partir, Boris Johnson a imposé aux taxis et aux bus de passer à l'électrique. La faillite de 2012 fut un signal fort pour LTC : il doit impérativement se renouveler, sinon il est condamné. D'où ce taxi électrique et le projet d'exportation.

Le TX5 me laisse une impression très mitigée. Le designer se vante de n'avoir pas fait du "kawai". Effectivement, le véhicule est massif, mais il manque de "wow". Le seul truc impressionnant, c'est qu'il a l'air plus compact, alors que de fait, il est plus long et plus haut.


London Taxi est venu avec deux vieux taxis. Voici un bon vieux FX4, alias Fairway ou Austin Taxi. J'étais allé en Ecosse en 1998 et 1999 et il y en avait encore pas mal dans les rues. C'était une anachronisme comme les Anglais les adorent...
C'est amusant de voir que les deux véhicules emblématiques de Londres, le Black cab et le bus à deux étages, sont désormais financé par les Chinois... Sur le court terme, le Brexit emmerde la Chine. La livre sterling va plonger, les échanges trans-Manche vont se compliquer (ce qui va impacter Byd, dont le QG européens est en Hollande) et surtout, son carnet d'adresse pour le lobbying est bon pour la poubelle. Jusqu'au prochain gouvernement, les entreprises chinoises ne savent pas qui aura les commandes à Londres et ce qu'ils veulent. A long terme, par contre, c'est un boulevard. Londres voudra se tourner vers les investisseurs extra-européens. Certains secteurs vont accuser le coup et il y aura des affaires à faire. La grande mode, c'est d'ouvrir un campus/centre de R&D. D'autant plus que ça donne droit à des subventions. SAIC, Geely/LTC et Changan en ont déjà un ; d'autres vont suivre. Les constructeurs chinois ont besoin de capacités en ingénierie et en design. Or, la Grande-Bretagne possède plein de PME dans ce domaine. Byd en profitera peut-être pour s'offrir Dennys-Atkinson et se renforcer dans les utilitaires. Par contre, je vois mal un Chinois s'offrir un artisan comme Ginetta ou Noble ; jusqu'ici, ils ont refusé d'avoir une "danseuse". Et si l'un des Japonais décidait de fermer une usine, un Chinois n'aurait aucun intérêt à la reprendre : les volumes sont insuffisants.


Le TX4, actuellement en production. Il y a quelques années, Asie Auto a tenté de le vendre. Je l'ai même conduit. Comme taxi, il est 10 fois mieux que ce qu'on trouve à Paris. Il est plus spacieux et il peut accueillir un fauteuil roulant. Sans parler de sa bouille. Oui, mais les chauffeurs indépendants veulent utiliser leur taxi comme voiture personnelle. En plus, le prix d'achat est trop cher. Enfin, il est trop prodigue en CO2 avec son vieux bouilleur VM...
A mon avis, le TX5 n'a pas d'avenir sur le continent comme taxi. Le potentiel, il est comme shuttle VIP, comme véhicule publicitaire ou dans les zones touristiques (comme les balades en 2cv actuellement proposées.) En tout cas, si LTC pense que les clients continentaux vont accourir dès qu'il sera en vente, il se met le doigt dans l’œil !

mercredi 6 juillet 2016

Cox dans un parking


Retour du bon vieux spotting. Pas de blabla, juste une photo. Une Volkswagen Coccinelle au look rétro (la lunette arrière trahit son vrai âge) et très poussiéreuse...


Ah et si vous aimez les Cox, (re)lisez mon essai d'une 1300...

mardi 5 juillet 2016

Jardin(s) avec Mazda

Retour à Paris. Dans le courrier, il y a une invitation de Mazda. Le concessionnaire où j'ai acheté ma MX-5 va déménager. Pour fêter ça, ils s'invitent dans l'exposition horticole-boboïsante Jardin(s), place de la Concorde. Oui, les photos sont floues. Mais après trois semaines en terre musulmane, le moindre verre de rouge me monte à la tête...

Ce genre d'opérations, ça permet de tâter le pouls de la clientèle. Visiblement, Mazda va mieux. Terminé, l'époque où le réseau rétrécissait à vue d’œil. Gros succès pour la MX-5. Une 1.5 SKYACTIV (moi, j'ai conduit la 2.0l nananère....) La phrase du jour, c'est : "On dirait la voiture de Magnum." Mouais, à part la nationalité, la position du moteur, le nombre de cylindre, l'architecture du toit... Les deux mêmes !
Il y avait aussi un CX-3. C'est juste un énième SUV compact de généraliste. Je ne vois pas de différenciation importante avec ses concurrents. J'attends le constructeur qui proposera un concept vraiment nouveau. Le concept post-SUV...

lundi 4 juillet 2016

Taklimakan Rally, my two cents


Avant de passer à autre chose, voici une petite réflexion personnelle sur le Taklimakan Rally et le rallye-raid en général.


Mon impression générale, c'est que depuis Thierry Sabine, c'est toujours les mêmes gens qui organisent des rallyes : anciens cadres de TSO, anciens pilotes, anciens navigateurs... Tout ces gens manquent de recul : ils veulent recréer le "vrai" Paris-Dakar, point. Ca pose pas mal de problème. Le plus évident, c'est qu'ils se marchent dessus. Il n'y a pas n dizaines de concurrents amateurs. Les gens participent à un ou deux rallyes maximum, car ils ont souvent un boulot en parallèle. En plus, ces rallyes visent les pilotes des années 90-2000 et forcément, ils vieillissent. Et puis, il y a des questions géopolitiques. Dans les années 70, les raids passaient par l'Iran et l'Afghanistan. Puis on a trouvé d'autres terrains de jeu. Alors pourquoi s'acharner à rouler en Afrique ? Dans le sud Marocain, il n'y a qu'une ou deux routes déminées. Ensuite, il faut raser les murs en Mauritanie et au Sénégal, pour ne pas être une cible d'AQMI ! A quoi bon ?
L'avenir, c'est l'Amérique latine et l'Asie, qui sont beaucoup plus sûres. Au Brésil et en Inde, il y a des simili-raid avec des voitures de série. Pourquoi ne pas organiser de vraies compétitions, avec un règlement très libéral ? C'est comme ça que ça a commencé, en Chine : la première fois, les gens arrivent avec un 4x4 de série, puis certains se prennent au jeu et ils reviennent avec un proto. Regardez le Dakar : le plateau s'est enrichi avec les Duster, les SAM-Mercedes, les Foton... Car les Indiens et les Brésiliens ne se contenteront pas de regarder passer les voitures, contrairement aux Africains. Ca, nos organisateurs Français ont du mal à l'accepter. Ils veulent faire du franco-français, avec communiqués dans la langue de Molière et steak-frites au bivouac... Et après, ils se plaignent qu'en Chine, c'est communiqués en mandarin et nouilles sautées au bivouac ! Le renouveau du rallye passera par une internationalisation.


Le Taklimakan Rally ? Il n'a aucun intérêt pour Peugeot ou Mini. Par contre, il est intéressant pour les seconds couteaux et les privés. Ca peut être un bon moyen de garnir son palmarès (et son compte en banque.) Regardez SMG, Christian Lavieille, Carlos Sousa... Que seraient-ils sans la Chine ? Avec 2 000km de spéciales et 3 journées de repos, on a connu plus dur. Mais s'il y a davantage d'occidentaux, les organisateurs relèveront le niveau de difficulté. De toute façon, sur circuit ou sur piste, mon conseil aux Français, c'est qu'il vaut mieux disputer une épreuve de troisième zone, que de rester chez soi à attendre que les sponsors tombent du ciel...
Faire venir des Chinois ? Seuls quelques pilotes, comme Zhou Yong hier et Han Wei aujourd'hui, ont envie de faire carrière. Mais eux, ils veulent être payé pour courir. A l'avenir, peut-être qu'un constructeur Chinois, comme Great Wall/Haval et Riich, tentera l'aventure. Mais uniquement au Dakar (car l'épreuve est connue en Chine.) Les privés, eux, se sont cassés les dents sur le Dakar : trop cher, trop dur et surtout, trop d'anonymat. Participer à un clone de Paris-Dakar, pourquoi pas. Mais pas question de venir avec une voiture et une équipe. Vous vous souvenez du navigateur Malaisien de Byd ? En 2013, son pilote, Wei Hongjie, l'avait embarqué en Australie. Ils ont loué une voiture clef-en-main et ils se sont élancé sans 1km de reconnaissance. Donc, pour séduire les privés Chinois, il faut proposer un package incluant la voiture, l'assistance, l’hébergement, etc.

Les bonus du Taklimakan Rally : 8. Pékin


Suite et fin de ces "bonus". Le retour s'étale sur 48h, c'est comme des sas. L'avion d'Aksu nous dépose à Urumqi. On retourne à notre point de départ pour une très courte nuit. Il s'est passé tellement de choses en trois semaines que mon premier séjour à Urumqi me semble si loin... Surtout, à l'époque, elle m'apparaissait comme une petite ville orientale. Mais après avoir vu d'autres villes du Xinjiang, j'ai désormais l'impression que c'est une grande ville occidentalisée !
Et au petit matin, on file à Pékin. Terminé, l'exotisme du Xinjiang, où nous étions les seuls étrangers ! Dans la capitale, notre faciès n'étonne plus. A l'hôtel, les réceptionnistes parlent anglais, le restaurant sert du café au petit déjeuner et il y a un McDo, ainsi qu'un KFC à un jet de pierre. On retourne à la civilisation ! Je regarde les autres clients en pensant : "Vous, vous ne connaissez pas la vraie Chine !"


C'est la première fois que je viens à Pékin. Je suis obligé de voir la Cité Interdite et la Place Tienanmen (faute de temps, la Grande Muraille devra patienter.) Sur le chemin, je croise cette Byd e6. Un monospace 5 places tout électrique. Byd essaye de le fourguer comme taxi aux occidentaux.


On est fin mai, ce qui correspond à la date anniversaire du printemps de Pékin. Donc la moitié de la place Tienanmen est fermée, la Cité Interdite est fermée et il y a un Robocop au m² : le pouvoir craint d'éventuelles protestations. Entre deux barrières et deux Robocop, j'arrive à prendre quelques photos. Puis je tombe sur ce camion de pompier Renault. Renault Trucks n'a pas de représentation officielle en Chine. Comment et pourquoi a-t-il été importé ? Mystère.

dimanche 3 juillet 2016

Les bonus du Taklimakan Rally : 7. Aksu

Après Yutian, le rallye se rend à la "montagne de Mazartag". C'était un point de passage de la route de la soie. Mais sur place, il n'y a rien. Même pas une montagne ! Ah si, il y a des détritus. Car les Chinois ne sont guère soucieux de l'environnement. Le rallye passe régulièrement ici et c'est l'unique bivouac en plein air. A chaque fois, les concurrents laissent leurs détritus sur place.
Les fils-à-papa d'Aksu viennent là pour assister à l'arrivée de l'étape. Hummer, Cadillac, Land Cruiser... Ils foncent tout droit sur les dunes, sans réfléchir, jusqu'à ce qu'ils s'ensablent. Les vrais concurrents font de même. Bien sûr, les buggy SMG et les quelques pilotes chevronnés arrivent à peu près dans les temps. Mais les autres restent englués dans les dunes. C'est là que je me suis dit qu'avec un minimum de cours pour "poser mes roues", je pourrais faire de belles choses au Taklimakan Rally...
Une LF125 de Lifan. Dans les années 90, Lifan a profité du boom des deux-roues pour amasser une fortune et se construire un réseau. Gag : leurs premières motos étaient vendues sous la marque Hong Da, ce que Honda n'avait pas trop apprécié... Aujourd'hui, le constructeur a racheté deux autres marques. Notez qu'elles produisent presque exclusivement des 125 : les motos de plus de 125cm3 sont interdites dans la plupart des villes et des campagnes.

 Nous, on ne dort pas sous la tente ; on pousse jusqu'à Aksu. La ville d'arrivée. Partant de là, on remonte le lendemain jusqu'à la dernière vraie étape. Dans un hameau, des gens réparent une tondeuse. Au fond, un vieux châssis-cabine ChangAn finit de rouiller. C'est l'un des derniers Suzuki sous licence, produit au début des années 80. Hélas, les mécaniciens n'ont pas conscience de son potentiel historique et il semble condamné.
La avant-dernière étape se terminait dans le lit asséché -et sablonneux-. Un jeune Oïgour me fait monter à l'arrière de sa Yamaha 125 pour une mini-virée. Il se fait prendre en photo par un autre Oïgour, puis j'immortalise mon guide. Plus loin, je retrouve le Hummer de la vieille. Des jeunes filles Han m'engueulent parce que je suis passé à côté d'elles en plein selfie !
Le soir, retour à Aksu. Sur le chemin du restaurant, on croise un Great Wall Hover π. L'Hover (devenu plus tard Hover H3, avec une évolution luxueuse H5) dispose d'un châssis séparé. Great Wall eu l'idée d'une version limousine, le π. Apparemment, il n'a pas convaincu. Pour les mariages, les Chinois adorent les limousines. Mais plutôt des Lincoln Town Car ou des Hummer. Pas une voiture chinoise !
Le lendemain, on va vers la dernière vraie étape, une boucle Aksu-Aksu. Sur le chemin, on croise ce break. Subaru Forester ? Non, c'est une Yema, sur base Austin Montego !
Quatrième et dernier jour à Aksu, avec la cérémonie du podium. Le site de l'arrivée est niché au milieu d'une ville nouvelle. Ce FAW Jiefang semble perdu. Sert-il à des animations ? En tout cas, il semble bien conservé. 
Le Jiefang ("Libération" en mandarin) fut le tout premier véhicule Chinois produit en grande série. Ce camion est une copie d'un camion soviétique, lui-même "inspiré" d'un Dodge. En 1949, la Chine était dévastée après un siècle de troubles. Le Jiefang fut utilisé à toutes les sauces : transport de troupe, pompiers, ambulances, transport de marchandises, prospection pétrolière, bucheronnage... C'était un instrument de propagande formidable pour un pays qui veut rattraper son retard. Aussi, il servit à masser troupes et civils dans les régions éloignées. Comme le Xinjiang.
Les valises sont dans le bus. On attend le signal pour partir. En attendant, j'immortalise cette Chery QQ pré-facelift. J'adore la qualité d'ajustement des panneaux de carrosserie... Chery aurait profité des trous d'air de Daewoo pour débaucher des ingénieurs coréens et obtenir des plans de la Matiz. Avec, il crée ce vil clone. L'ADAC l'a crashée : la voiture se ratatine jusqu'au pilier B ! Au moins, le conducteur et le passager ne souffrent pas...

samedi 2 juillet 2016

Les bonus du Taklimakan Rally : 6. Hetian

Après une autre journée de repos, on quitte Qiemo pour l'une des dernières étapes. Déjà. La ville-étape, c'est Yutian. Mais les infrastructures sont trop petites pour accueillir toute la caravane du rallye. Alors on dort à la ville suivante, Hetian. Encore une journée passée dans le bus. Et à 100km du bus, c'est la tempête de sable. J'ai pris ce cliché pour vous montrer ce qu'on voit (ou plutôt, ce qu'on ne voit pas.) Le bus avance à pas de loup. Mais on a de la chance. En sens inverse, les policiers ont fermé un tronçon (il y a des barages, dans cette zone du Xinjiang.) Les voitures font la queue, espérant que la barrière s'ouvre tôt ou tard. Un camion n'a pas vu les voitures arrêtées et il a fait un strike.
Hetian est une ville spécialisée dans les objets en jade. Mais comme souvent, on arrive tard (et la tempête de sable n'a pas fait nos affaires...) et on repart tôt. Donc, pas d'emplettes. Et pas beaucoup de "bonus". En partant, on voit au loin cette pub pour Eneos, sponsor du team Le Mans de Super GT. En plus, c'est la voiture de 2011...