dimanche 26 septembre 2010

Moment houllebecqien à Essen

Lors du record du monde d'Essen, on peut dire qu'on a été bien accueilli par 99% de la population. C'est toujours marrant de voir une vingtaine de petites voitures de sport, avec des conducteurs qui ont le sourire jusqu'aux oreilles et qui portent des bérets basque.

Reste le "1%". A savoir ce couple de retraités Allemand en Mercedes, pas content que l'on improvise un meeting sur le parking de l'hôtel.

Essen fait parti d'une ancienne région industrieuse de l'Allemagne, la Ruhr. La spécialité, c'était le charbon. Il faut se souvenir que dans les années 30, c'était une région stratégique. Puis les mines, jugées peu rentables, ont fermé.
D'habitude, les villes Allemandes sont pleines de building étincelants et des grosses cylindrées flambant neuves. Là, on avait plutôt l'impression que le temps s'était arrêté vers 1970. Les vitres de certains immeubles étaient murées ou taguées.

Les seuls clients de l'hôtel étaient des retraités Allemands et Belges venus voir les ruines de ce passé industriel. On pourrait presque parler de recueillement. Ambiance "tourisme de masse old school", avec voyages en autocar, hôtels en forme d'immeuble et buffets de charcuterie à volonté.

En face, il y avait nous, les propriétaires de MX-5. Depuis que j'ai cette voiture, tout le monde me dit: "Elle est belle, mais c'est dommage qu'elle n'a que 2 places." J'ai beau arguer qu'en 7 ans avec ma Fiesta, il ne m'est arrivé qu'une demi-douzaine de fois d'avoir plus d'un passager, rien n'y fait. Il y a un blocage psychologique sur le deux places. Comme si vous disiez: "Je veux me balader avec mon ami(e) et les autres, ils se démerdent." C'est presque anti-social. Ca a tué la Tigra Twin-top par rapport à la 206CC et ça va tuer la Wind.
La MX-5, c'est un concept assez boboïsant. Une voiture de sport relativement accessible. Le plaisir d'un roadster 2 places sans avoir à ouvrir le capot à chaque arrêt, comme avec un cabriolet Anglais. Une voiture japonaise conçue pour les Américains et un peu apatride.
Bref, c'est le tourisme de masse "new school", plus individualiste.

J'y avais fait allusion dans la première version de l'article, mais je l'ai effacé, car cela risquait d'être mal interprété.

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