mardi 5 mai 2015

D.R.

Un DR5, cousin Italien du Cherry Tiggo. J'ai été pas mal de fois en Italie ces dernières années, mais c'est le premier DR que je vois dans la rue... Et je l'ai croisé près de chez moi, donc en France.

En 2006-2008, il y avait eu un afflux de voitures chinoises. Les importateurs disaient "on va vendre tel véhicule [en France] à partir de telle date." Au début j'hurlais avec la meute. C'est vrai que le Landwind Xpedition ou le Shunghuan CEO étaient risibles. Pourquoi payer 18 000€ pour un 4x4 affreux, d'une marque inconnue, avec un moteur (essence) paresseux et prodige en CO2 ? Bien sûr, ce n'est pas avec ça, que le Chinois donnerait des insomnies à Renault. Mais il faut bien commencer quelque part. Après tout, c'était pas pire qu'un Kia Sportage ou qu'un Ssangyong Korando Family... Puis j'ai étudié la question. En fait, c'était surtout les seconds couteaux qui débarquaient dans les salons. Même en Chine, Shuanghuan, Chengfeng ou Jonway étaient marginalisés. Donc, ça ne tenait pas la route. Vous ne vous attaquez pas à l'Europe si vous vendez à peine 30 000 voitures par an sur votre marché national.
Et puis, les importateurs semblaient trop fragiles. Faire de la voiture chinoise, c'était un pari sur l'avenir. En attendant d'avoir des volumes, il fallait vendre des véhicules peu attractifs à une clientèle méfiante. Au mieux, cela représentait quelques centaines d'unités par an. Donc, il fallait une structure déjà établie, capable d'encaisser le coup. A contrario, les Asie Auto, Martin Motors et autres China Car Deutschland étaient des novices, peu capitalisés.

L'un des seuls projets qui me semblait alors cohérent, c'était DR. 1) Contrairement aux autres, il existait avant et il avait pignon sur rue en Italie. 2) Il était associé à Chery, alors N°1 des marques "pures". 3) Chery lui livrait des kits, qui étaient relookés et assemblés en Italie. Au passage, DR y implantaient des Fiat Multijet (plus en phase avec la demande.) 4) Il proposait des SUV compacts et des citadines. Sachant que sur une citadine, le client est davantage prêt à partir à l'aventure, pourvu que le prix soit bon.
J'avais vu les DR au salon de Bologne 2008, puis à Genève 2009 et à Genève 2010. Les voitures avaient l'air correctement finies. DR songeait même à exporter.
Puis il y a eu la crise italienne et le marché s'est effondré. Depuis 2012, DR donne l'impression de tourner au ralenti. D'autant plus que Chery (qui a lui-même des difficultés) le voit comme un client, point. Evidemment, les DR n'ont jamais franchi les Alpes.

La moral, c'est que le premier qui vendra des voitures chinoises en France va en baver. Même s'il a de bons produits, comme DR. Et c'est pour ça que depuis 4, 5 ans, il n'y a plus aucune annonce dans l'hexagone.

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