lundi 4 juillet 2016

Taklimakan Rally, my two cents


Avant de passer à autre chose, voici une petite réflexion personnelle sur le Taklimakan Rally et le rallye-raid en général.


Mon impression générale, c'est que depuis Thierry Sabine, c'est toujours les mêmes gens qui organisent des rallyes : anciens cadres de TSO, anciens pilotes, anciens navigateurs... Tout ces gens manquent de recul : ils veulent recréer le "vrai" Paris-Dakar, point. Ca pose pas mal de problème. Le plus évident, c'est qu'ils se marchent dessus. Il n'y a pas n dizaines de concurrents amateurs. Les gens participent à un ou deux rallyes maximum, car ils ont souvent un boulot en parallèle. En plus, ces rallyes visent les pilotes des années 90-2000 et forcément, ils vieillissent. Et puis, il y a des questions géopolitiques. Dans les années 70, les raids passaient par l'Iran et l'Afghanistan. Puis on a trouvé d'autres terrains de jeu. Alors pourquoi s'acharner à rouler en Afrique ? Dans le sud Marocain, il n'y a qu'une ou deux routes déminées. Ensuite, il faut raser les murs en Mauritanie et au Sénégal, pour ne pas être une cible d'AQMI ! A quoi bon ?
L'avenir, c'est l'Amérique latine et l'Asie, qui sont beaucoup plus sûres. Au Brésil et en Inde, il y a des simili-raid avec des voitures de série. Pourquoi ne pas organiser de vraies compétitions, avec un règlement très libéral ? C'est comme ça que ça a commencé, en Chine : la première fois, les gens arrivent avec un 4x4 de série, puis certains se prennent au jeu et ils reviennent avec un proto. Regardez le Dakar : le plateau s'est enrichi avec les Duster, les SAM-Mercedes, les Foton... Car les Indiens et les Brésiliens ne se contenteront pas de regarder passer les voitures, contrairement aux Africains. Ca, nos organisateurs Français ont du mal à l'accepter. Ils veulent faire du franco-français, avec communiqués dans la langue de Molière et steak-frites au bivouac... Et après, ils se plaignent qu'en Chine, c'est communiqués en mandarin et nouilles sautées au bivouac ! Le renouveau du rallye passera par une internationalisation.


Le Taklimakan Rally ? Il n'a aucun intérêt pour Peugeot ou Mini. Par contre, il est intéressant pour les seconds couteaux et les privés. Ca peut être un bon moyen de garnir son palmarès (et son compte en banque.) Regardez SMG, Christian Lavieille, Carlos Sousa... Que seraient-ils sans la Chine ? Avec 2 000km de spéciales et 3 journées de repos, on a connu plus dur. Mais s'il y a davantage d'occidentaux, les organisateurs relèveront le niveau de difficulté. De toute façon, sur circuit ou sur piste, mon conseil aux Français, c'est qu'il vaut mieux disputer une épreuve de troisième zone, que de rester chez soi à attendre que les sponsors tombent du ciel...
Faire venir des Chinois ? Seuls quelques pilotes, comme Zhou Yong hier et Han Wei aujourd'hui, ont envie de faire carrière. Mais eux, ils veulent être payé pour courir. A l'avenir, peut-être qu'un constructeur Chinois, comme Great Wall/Haval et Riich, tentera l'aventure. Mais uniquement au Dakar (car l'épreuve est connue en Chine.) Les privés, eux, se sont cassés les dents sur le Dakar : trop cher, trop dur et surtout, trop d'anonymat. Participer à un clone de Paris-Dakar, pourquoi pas. Mais pas question de venir avec une voiture et une équipe. Vous vous souvenez du navigateur Malaisien de Byd ? En 2013, son pilote, Wei Hongjie, l'avait embarqué en Australie. Ils ont loué une voiture clef-en-main et ils se sont élancé sans 1km de reconnaissance. Donc, pour séduire les privés Chinois, il faut proposer un package incluant la voiture, l'assistance, l’hébergement, etc.

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