vendredi 25 février 2011

Renault Supercinq Bye Bye

Si j'ai bien suivi la leçon de Rétromobile 2011, la Renault Supercinq est désormais une "youngtimer". A fortiori cette ultime série limitée "Bye bye", produite à 2000 exemplaires fin 1996 pour clôturer la saga.

La R5 fut une idée de génie. Par sa configuration, très moderne pour l'époque, de citadine 3 portes avec hayon et traction avant (2 ans avant la VW Golf 1.) Par son côté caméléon: au gré des finitions, elle était luxueuse, sportive ou basique, féminine ou virile, etc. Et enfin, par sa bonne bouille. Ce n'était pourtant pas gagné, car elle était coincée entre la R4 et la R6, avec ensuite une R14 qui aurait du lui prendre des ventes sur les versions les mieux équipées... Au final, elle a fait le trou. Non seulement, elle a tué sa sœur-ennemi, la Peugeot 104, mais elle a tué la R6, a participé à la chute de la R14 et a marginalisé la R4.
En 1984, on disait que Renault avait eu un second coup de génie: faire une évolution en douceur; plus gros et plus carré. Comme VW avec la Golf 2. A l'instar de l'Allemande, la Supercinq a décontenancé ses fans. La Golf a pu se rattraper, faute de concurrentes crédibles et grâce à une stratégie marketing très agressive. La Supercinq n'a pas pu faire de même, car entre temps, Peugeot a lancé une arme de séduction massive, la 205. Pendant un temps, elles étaient au coude-à-coude. Puis la 205 s'est détachée.

En 1989, Renault a lancé la Clio (un patronyme qui marque une rupture avec les R5.) La Supercinq a alors joué les zombies. Il n'en restait plus que la version de base, avec un équipement réduit. Du low-cost avant l'heure. La Twingo aurait du la remplacer. Mais la micro-citadine plaisait surtout aux bobos, pas aux poches vides. Donc la Supercinq a poursuivi son chemin. Elle a permit de déverminer l'usine Slovène du constructeur (où sont actuellement produites la Clio Campus, la Twingo 2 et la Wind.)
La Bye Bye aurait du être un départ en fanfare, en fêtant au passage les 25 ans de la R5. Il n'en fut rien.

Aujourd'hui, je ne pense pas que la Supercinq soit vraiment collectionnable. Il n'y a pas de critères objectifs pour définir ce qui l'est ou pas. C'est davantage en fonction du rapport que les gens entretiennent avec et de sa place dans l'histoire. La 205 a permis à Peugeot de remonter la pente, elle a inauguré une identité visuelle de la marque et elle était assez mignonne. Du coup, les versions GTI sont devenues "collector, puis ce fut le tour de la version Rally et aujourd'hui, les versions Roland Garros et autres Lacoste accèdent à ce statut. Alors que la Supercinq, personne ne se retourne sur son passage. Je suis sur qu'il y a des GT Turbo et des Baccara qui ont été victimes des primes à la casse et leurs propriétaires n'ont eu aucun scrupule.

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