mercredi 29 juin 2016

Dealership à Turpan : 2. Landwind


Cet ancien concessionnaire Jiangling-Landwind est dans un état encore pire que l'ex-concessionnaire Zhongxing ! C'est bien simple, il n'en reste plus que les barrières, ainsi que le panneau à l'entrée !


Ouvrir un concessionnaire, il y a une dizaine d'années, en Chine, c'était se jeter dans le vide. A fortiori en prenant un panneau chinois. Bien malin celui qui pouvait prédire qui serait où dans deux ans. Une trentaine de constructeurs disposait d'une usine flambant neuve, de projets de modèles et d'un plan pour conquérir l'Europe. Le marché des utilitaires légers était ultra-atomisé, avec des acteurs locaux et des produits bas de gamme. Jiangling a été l'un des premiers à comprendre que le marché allait se consolider avec des acteurs nationaux et une montée en gamme. Landwind (une émanation de Landwind) fut l'un des premiers constructeurs de SUV de moyenne gamme. Ford a pris une participation dans Jiangling et l'a forcé à se rapprocher de ChangAn (avec lequel il dispose d'une joint-venture.) Landwind se trouve un distributeur en Europe. Il se diversifie avec un monospace ChangAn rebadgé et une poursuite sous son nom de la Fiesta 4 portes. L'avenir lui souriait. Puis les rêves ont fait long feu. Le monospace et l'ex-Fiesta ont été des bides. En Europe, le buzz se change en bouse après le crash-test du X-Pedition. Au moins, contrairement à ses confrères Polarsun, ChangFeng-Yangtze, Fuqi, Jinbei-Mianyang, Shuguang ou Wanfeng, il n'a pas sombré. Avec le X8, plus moderne, il a pu traverser la tempête.
Aujourd'hui, Landwind est l'un des rares "pur player" chinois du SUV. Le marché s'est encore écrémé avec l'absorption de ChangFeng, Gonow et ZhongXing par GAIC. Par contre, il doit faire face aux productions des généralistes (dont ceux de ChangAn.) Or, Landwind n'a ni l'avantage de la notoriété, ni celui des produits. Il n'a pas suivi Great Wall/Haval dans la course à l'armement. Et comme ChangAn, il exporte peu. Landwind manque donc de perspectives.


En France, c'est rare que l'on rase un bâtiment, y compris un bâtiment industriel. On préfère restaurer, réaffecter, réaménager. On ne compte plus les MJC et les salles de concert installées dans d'anciennes usines. Les publicités peintes directement sur les murs (bouillon Kub, Byrrh...) sont de plus en préservées.
En Chine, il n'y a pas de notion de "patrimoine récent". On déconstruit, on rase. L'ancien est perçu comme obsolète. D'ailleurs, lorsqu'ils construisent un gros truc, ce n'est pas dans l'optique qu'il soit encore là dans trois siècles. Alors ils emploient des matériaux bon marché, ils effectuent le minimum d'entretien. Comme ça, au bout de vingt ans, ça tombe en ruine et ils n'ont aucun scrupule à démolir.

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