Partir.

Je reviens d'une pause de deux semaines.

J'étouffais à Paris. J'avais l'impression d'être un aigri, un misanthrope. Chaque papier était un "je n'aime pas ceci, je n'aime pas untel..." Et je ne parle même pas des hectolitres de fiel sur les réseaux sociaux... Un ronchon avec un fait de gloire : avoir participé au Taklimakan Rally, dans une Chine occidentale interdite aux étrangers et pleine de dangers. Mais ça commence à dater ; la photo est écornée à force d'être sortie du portefeuille...

Alors j'ai eu envie de partir. Loin. Loin de tous et de tout. Spirituellement et géographiquement. J'avais le temps et les moyens ; donc aucune excuse valable. La Chine, encore une fois. Je n'étais même pas là pour fêter mes 39 ans. Quel pied de nez à cette civilisation de la fête permanente ! D'ailleurs, Twitter, Facebook et Blogger y sont censurés ; donc plus de fiel ! Me voici donc, un matin à l'aéroport de Shanghai-Pudong. Shanghai, c'est la Chine en mode "facile", avec des gens qui parlent anglais et des ordis qui "enjambent la grande muraille" ! A peine le temps d'immortaliser cette Roewe 550 et cette Byd F3 EV (notez la plaque dégradée, du blanc au vert, réservée aux électriques), puis je sautais dans un autre avion. Direction, Zhengzhou. Depuis le Taklimakan Rally, j'avais deux, trois contacts sur place. Autant d'histoires inédites à raconter. Et inédites y compris en Chine ! Pour autant, rien n'était figé. Lorsque des proches me demandaient ce que j'allais faire, je répondais que je n'en avais aucune idée. Le matin du départ, je n'avais même pas de lieu où dormir ! Onze jours d'improvisation permanente. Dix jours à flatter mon égo, car mes interlocuteurs étaient enchantés de rencontrer ce "doctor Joest, award winning novelist, journalist, racer" venu de si loin pour parler d'eux...
Parfois, il faut savoir sortir de son petit confort, d'autant plus qu'avec internet, on peut facilement et rapidement trouver des points de chute.

Pour ceux qui n'auraient pas compris le titre, c'était ce qu'il y avait d'inscrit sur le capot de la R4 des frères Marreau, lorsqu'ils disputèrent le tout premier Dakar, en 1979. C'était le slogan de Elf. Je pensais que Julien Clerc en avait fait la musique de la pub, mais son titre Partir date de 1983. Je vous laisse donc avec ces mots écris par Jean Loup Dabadie et chantés par Julien Clerc :
Depuis l'enfance
Je suis toujours en partance
Je vais je vis
Contre le cours de ma vie
Partir, partir
On a toujours
Un bateau dans le cœur
Un avion qui s'envole,
Pour ailleurs
Mais on n'est pas à l'heure 
Partir, partir
Même loin de quelqu'un
Ou de quelqu'une
Même pas pour aller chercher fortune
Oh partir sans rien dire
Vivre en s'en allant

Commentaires

  1. J'espère que vous avez pu voir des choses intéressantes à Zhengzhou.

    Il y a un grand marché de l'occasion au nord de la ville. Lorsque j'y suis allé en 2016, il y avait une Nissan Cedric Y33 Gran Turismo, une SsangYong Chairman rallongée, une Ferrari 599 GTB China Edition, un 4x4 Isuzu sur base de pick-up TF, un Dadi Musso et une Hongqi CA7228 délabrée. Ainsi que d'étranges bus convertis en fourguons. Il y a qu'à ZZ où j'en ai vu autant.

    Pour les plaques vertes à SH (et dans une dizaine d'autres villes), elles sont utilisées pour les véhicules électriques et plug-in hybrides (沪A-Dxxxxx pour les EV et 沪A-Fxxxxx pour les PHEV).

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