mercredi 15 mars 2017

Peugeot 305

Ceci est une Peugeot 305 (phase 2) fourgonnette. Une vision fréquente quand j'étais petit, mais aujourd'hui. Et bien que trentenaire, elle n'a pas encore le statut de youngtimer...

Le PSA de 1982 valait bien le British Leyland de 1976. Des marques qui se tiraient volontiers dans les pattes (Citroën/Peugeot/Talbot vs Austin/Morris), un bilan financier désastreux, des syndicats à cran et presque maoïstes, des produits démodés voire ringards (Visa 1, LN/LNA, 604 vs Marina, Allegro...), des icônes en perte de vitesse avec une difficulté pour se projeter au-delà (2cv vs Mini), etc. L'erreur de BL fut de miser sur l'access premium pour tenter d'améliorer son image (avec la Rover SD1.) Le projet de citadine fut repoussé et son budget revu à la baisse. L'Austin Metro n'arriva qu'en 1980, uniquement en 3 portes et sans gros moteur. PSA fit l'inverse. Il mis tout sur la Peugeot 205 avec d'emblée une 5 portes et rapidement, la GTI. Le haut de gamme fut laissé en friche pendant une génération de voitures.
Aujourd'hui, je trouve que PSA se félicite trop vite de son plan "push to pass". La réalité de l'automobile, c'est que l'inertie est très importante (entre la définition d'une politique, la construction d'une usine, le développements de nouveaux produits, sans oublier le temps qu'un modèle s'installe et qu'on examine ses chiffres de vente...) FCA et JLR commencent seulement à goûter les fruits de restructurations opérées il y a près de 10 ans. Carlos Tavares est arrivé chez PSA en 2014. Ce qui signifie que le 3008 et la DS7 sont encore des produits définis par Philippe Varin. Quant à l'Alpine A110, elle est très typée Tavares ! Le problème c'est que les marchés, ils ne veulent pas qu'on leur parle de 2025 ou même de 2020. Donc PSA évoque son "push to pass" à l'imparfait, alors que le "back in the race" est encore au présent de l'indicatif...
Pour en revenir à la 305, la 205 fut un choc et les plus jeunes ne peuvent pas comprendre ce qu'elle a représenté pour PSA. Sans elle, comme British Leyland, le groupe aurait implosé. Le scénario sur la table, c'était une fusion Peugeot-Renault (que les analystes appelaient de leurs vœux) ; Citroën et Talbot subissant le sort d'Austin et de Morris... Puis il y eu la 205. Depuis, PSA vit dans l'attente d'une nouvelle voiture providentielle (cf. les attentes autour de la 308.) Sauf qu'en 1983, la 205 avait une vraie différenciation par rapport aux autres citadines. La Supercinq n'arriva vraiment qu'en 1985. La Fiesta, la Metro et la Polo n'étaient proposée qu'en 3 portes. Seules la Corsa et la Uno étaient vraiment sur le même positionnement. On voit bien qu'aujourd'hui, l'offre est beaucoup plus vaste et surtout, que les constructeurs ont peur de leur ombre. Et tant que PSA ne prendra pas de vrais risques, il ne pourra pas obtenir de vrais résultats...

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