A New Blitz is born !

Petite pause dans mon compte-rendu du Tour Auto 2021. Place à l'une des grandes nouveautés de l'automne : l'Opel Astra.

La présentation débute par un historique accéléré de la marque. Tout d'abord, un grand bi ; l'occasion de rappeler les origines d'Opel et surtout, son histoire pré-GM.

La 4 PS, alias Laubfrosch (grenouille arboricole, à cause de sa couleur.) Elle marqua l'installation de la marque comme constructeur généraliste, dans les années 20.

La Kadett de 1936 est le point de départ de la lignée actuelle. Le nom "Kadett" fut utilisé en Europe Continentale jusqu'au début des années 90.

Pour info, Louis Renault a assisté à sa présentation, au salon de Berlin. Hasard ou coïncidence, la firme au losange sorti deux ans plus tard une Juvaquatre qui lui ressemblait furieusement...

Les cousines Vauxhall des Kadett D et E s’appelaient déjà "Astra". En 1991, dans un souci d'unification des appellations (après avoir unifié les gammes), la remplaçante de la Kadett prit le nom d'Astra. Dans les années 90, Opel vendait environ 1,5 millions de voitures en Europe, chaque année. Parmi lesquelles 500 000 Astra.

Il y avait du choix : 3 portes, 4 portes, 5 portes, break (Caravan), cabriolet (fabriqué par Bertone) et camionnette (Astravan.) A la génération suivante, il y eu même un coupé en plus !

Pas de longues palabres. L'animatrice a à peine le temps de dire bonjour, que l'on lance le magnéto de la présentation.

Mesdames et messieurs, voici donc l'Astra L.

L'enjeu est de taille. En 20 ans, Opel a divisé ses ventes par deux. 4e constructeur européen en 2010, le blitz pointe désormais au 11e rang. L'Astra n'y est pas étrangère : ses ventes ont été divisée par trois en vingt ans. Malgré un titre de Voiture de l'année, la génération sortante fut très discrète. En conséquence, le nombre de sites de production n'a cessé de diminuer, passant de cinq (hors Vauxhall et Cabriolet -assemblé par Bertone-), à un seul site, Rüsselheim.

Le redressement d'Opel doit passer par une remontée des ventes de son best-seller déchu.

Uwe Hochgesurtz succède à Michael Lohscheller (alias "Jean Bloguin") comme PDG d'Opel. L'Astra est donc un héritage de son prédécesseur et un héritage de PSA. Charge à Hochgesurtz de lui trouver une place au sein de Stellantis.

Le nouveau-venu en profite pour indiquer qu'Opel réalise des profits (avec environ 5% de marge), y compris en 2020. Il rappelle que la marque électrifiera entièrement sa gamme en 2024 et qu'elle ne fera plus que du VE en 2028. Par ailleurs, un retour en Chine (via une filiale à 100%) est prévu.
Du reste, le PDG voit Opel comme une marque responsable, inclusive, proposant de la "voiture allemande".

L'Astra 2022 est basée sur la plateforme EMP2, utilisée notamment par la DS4. La longueur et la hauteur restent identique, par contre, elle gagne 5cm en largeur. Elle sera uniquement disponible en 5 portes. Néanmoins, elle profitera de motorisations essence, diesel et "blackened hybrid" (1), en attendant une Astra-e 100% électrique en 2023.

Le tarif débutera à 22 465€.

Les carnets de commande seront ouverts en octobre. Les premières livraisons auront lieu à la fin de l'année.A ce propos, voici un clip sur Rüsselheim.

Autrefois, les compacts 5 portes étaient des voitures destinées aux actifs (par opposition aux 3 volumes "de papa".) Aujourd'hui, les classes moyennes se tournent vers les SUV. D'ailleurs, les constructeurs font tout pour les positionner en "access premium".

Quid de la place des compacts en 2021 ? Mark Adams, le vice-président du design, nous fait un tour du propriétaire. L'Astra reste fidèle à son concept de voiture basse (alors qu'au même instant, Renault dévoile une Megane "SUVisée".) Signalons également la livré bicolore, jusqu'ici plutôt réservée aux SUV.
Par contre, comme pour aligner les lieux communs, il nous fait le coup de la signature visuelle "reconnaissable" (Opel Vizor), des ailes musclées "qui lui donnent de la personnalité" et de l'arrière sculpté. Le tout, avec la qualité du "made in Germany".

Mariella Vogler nous parle justement de cette "qualité allemande". Avec un souci du détail et une précision d'assemblage.

Pas d'infos sur les équipements. Par contre, elle évoque le Pure Panel : l'écran du cluster et de l'interface multimédia occupent l'essentiel de la planche de bord. La prochaine étape, ce sera sans doute un écran unique couvrant tout l'espace, comme sur l'EQS.

Le constructeur rappelle ensuite ses dernières nouveautés.

Le SUV Grandland est l'autre nouveauté Opel du second semestre 2021. Il est produit depuis peu, à Eisenach et les livraisons débuteront sous peu.

Au salon de Francfort de Munich, Opel va également exposer sa Manta Elektromod. Il s'agit d'une Manta électrifiée et disposant de l'Opel Vizor, ainsi que du Pure Panel. Elle avait servi à teaser ces éléments, que l'on a retrouvé depuis sur les Grandland et Astra.

L'occasion pour Mark Adams d'évoquer le futur SUV Manta-e, planifié pour 2025.

Globalement, ce furent 17 minutes très creuses. L'avantage-compétitif de cette Astra (au-delà de ce "made in Germany" répété tel un mantra) ne saute pas aux yeux.
Un reproche commun à nombre de nouveautés, à cause de la frilosité des constructeurs. Or, l'Astra est cornerisée ; il faudrait davantage renverser la table.

Il y a actuellement une valse des dirigeants, dans l'automobile. Contrairement à Luca di Meo ou à Thierry Bolloré, Uwe Hochgesurtz a l'air satisfait du travail de son prédécesseur. Plus encore que chez les autres, on ne perçoit pas un cap, une vision. C'est de l'autosatisfaction, alors que les chiffres montrent qu'il y a le feu chez Opel.
Et dans un Stellantis à quatorze marques, personne n'est incontournable...

(Captures d'écrans d'Opel.)

(1) Il s'agit bien sûr de "plug-in hybrid", dit avec l'accent allemand, cf. Bentley.


Commentaires

  1. Quiconque ayant utilisé des Opel récentes sourira à l'idée de finition de qualité ou encore de leurs systèmes électroniques (radar de recul par exemple).

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