Toyota Hiace par Massdi au 1/64e
Massdi est un énième fabricant Chinois qui s'est spécialisé dans le 1/64e. Comme la plupart de ses compatriotes, il n'a pas vraiment de focale sur tel type de véhicule.
Cet Hiace a été créé avec l'imprimatur officielle de Toyota.
Au risque de radoter, la miniature est superbe. Avec des détails comme le pourtour des vitres, les clignotants ou les jantes. Sans oublier les teintes, typique de la Chine des années 80. Un Hiace jaune avait été proposé lors de l'HEC 2026.
Dans les années 80, Toyota commercialisait le Hiace en France. Pour une raison inconnue, j'ai longtemps cru que "Hiace" se prononçait "hi-atché", à l'Italienne. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que c'était l'acronyme de "High Ace".
D'ordinaire, je suis nostalgique. Mais pour les miniatures, ce qu'on fait aujourd'hui est largement mieux que ce que l'on faisait hier !
Les fabricants Chinois semblent s'être donné le mot pour reproduire les utilitaires légers de la Chine des années 80-90. Plusieurs modèles sont déjà annoncés pour les prochains mois.
Un fourgon ou une camionnette, ce n'est pas très sexy. Mais souvent, à l'arrière-plan, ils cachent de sacrés aventures industrielles. Car dans la Chine des années 80-90, rien n'était simple...
Un Toyota Hiace made in China ? Oui, c'est celui de Jinbei. Il date de la toute fin des années 90 et surtout, il est basé sur la génération suivante.
L'inscription sur la boite n'est que le nom chinois du Hiace. Sachant que Toyota n'a ouvert des joint-ventures, en Chine, qu'au début des années 2000.
Je n'ai jamais prétendu avoir la science infuse. Quand on ne sait pas, il faut chercher !
L'histoire débute non pas à Jiangdu, mais à Tianjin, plus au nord.
Après avoir fait un tour des industriels Japonais, l'état Chinois créa la China Automobile Corporation (CAC.) La CAC mettait en relation les constructeurs, avec des usines de camions...
En 1953, la Chine ouvrit sa première usine de camion, la First Auto Works. Il réalisa très vite que c'était insuffisant pour faire face aux besoins du pays. D'où l'ouverture d'une seconde usine, puis d'une troisième... Lors de la Révolution Culturelle, cela faisait bien d'ouvrir une usine de camions. C'était le genre de projets qui vous posait un délégué du PCC ! Le moindre garage PL était qualifié d'usine de production de camions.
Pour l'anecdote, en 1992, la Chine changea ses normes de numérotation. Le JD622 prit le nom de JB6470. A cette occasion, il gagna un badge "Nushen", en lieu et place du badge Toyota.
A l'époque, les écoles de commerce et de gestion commençaient tout juste à éclore. Dans les zones rurales, comme le Jiangsu, la plupart des gens avaient à peine été au lycée. Il faut aussi rappeler que sous Mao, l'entreprenariat, c'était un satan de droite ! Vingt ans plus tard, beaucoup de gens avaient du mal à changer de logiciel. En 1994, la Jiangdu Automobile Modification Works devint ainsi le Nushen Group. On l'a dit, Nushen n'était qu'un assembleur. La marque disposait à peine d'un logo et son réseau de vente ne dépassait pas le Jiangsu. Tandis que ChangAn, Huali, Wuling et d'autres se muaient en constructeurs, d'envergure nationale. La production de JB6470 plafonnait à 2 000 unités par an, alors que la concurrence dépassait les 10 000 unités par an et ce n'était qu'un début...Grâce à des capitaux de Macao, l'usine de minibus de Tianjin reprit vie. Sous le nom de Sanfeng, elle assembla des Hiace Custom, plus luxueux. Ironie de l'histoire, Nushen assembla des véhicules de son ex-rival, sous le nom de JB6430.
Gu Xiulian avait été mutée comme ministre de l'industrie chimique. Heureusement pour Nushen, en 1993, le très actif Xu Baolin fut nommé maire de Dinghuo. Grâce à lui, Nushen obtint un contrat d'assemblage de Chevrolet Lumina APV... Mais ils étaient livrés sans moteur. Du coup, Nushen les équipa du 2,2l FAW (d'origine Chrysler !)
Hélas pour Nushen, tout alla de pire en pire. Xu Baolin aimait bien l'argent. Il fut mis en examen, puis condamné pour corruption. Le constructeur se retrouva livré à lui-même. Isolé dans le Jiangsu, il n'intéressait pas les hommes d'affaires Hong-Kongais ou Taïwanais, qui investissait dans les grandes villes.
Nushen devait produire des Hiace de la quatrième génération. Mais a priori, il servit de coquille vide pour expédier l'outillage chez Jinbei. Ainsi, comme Jinbei avait acheté le matériel à un autre, il pouvait produire ses minibus sans verser un centime à Toyota...
Nushen tenta alors de revenir à la carrosserie industrielle. En 2001, JAC racheta l'entreprise. Pour ce constructeur d'utilitaires moyens et lourds, c'était un bon complément d'activité. En 2012, JAC Nushen devint constructeur d'autocars. Malheureusement, entre temps, JAC avait effectué une diversification ruineuse dans l'automobile. JAC a dû louer, puis vendre, ses usines de voitures à NIO. Il a largement réduit la voilure dans les utilitaires. Après des années d'inactivité, Nushen fut rayé registre du commerce en 2018.
Pour l'anecdote, des anciens de Nushen ont fondé Yuemai Outdoor, qui fabrique des tenues de camouflage et diverses équipements (tentes, gilets pare-balles...) pour paramilitaires.






















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