Mondial 2018 : 23. GAC

Le Mondial a fermé ses portes hier soir et moi, j'ai encore un stock de photos... Il va falloir accélérer...

S'il y avait bien un stand que je souhaitais voir, c'était celui de GAC. Le constructeur fête ses 10 ans et c'est LA marque qui a le vent en poupe parmi la pléthorique industrie Chinoise. Et qui est-ce-que je croise sur place ? Paul de Boitier Rouge ! L'un des seuls (je peux les citer de nom) à vraiment s'intéresser à GAC...

Pour commencer, voici le dernier-né : le SUV GS5.
A l'origine, le Guangzhou Automobile Group n'est qu'un énième constructeur de poids-lourd et d'autocars.
Au milieu des années 80, PSA est furieux d'avoir été écarté d'un gros appel d'offres pour produire une berline avec SAIC (ils avaient pourtant soudoyé les officiels avec des CX !) En guise de lot de consolation, PSA se voit proposer une joint-venture avec GAG, alors totalement inexpérimenté dans les voitures. Pour PSA, la Chine est juste un "pays émergent" et il y installe une chaine d'assemblage de 504 (breaks et pick-up) et de 505 (berlines et breaks.) Les Chinois se plaignent de la condescendance des Français. Ces derniers, eux, se plaignent du manque de compétence de leur partenaire. Accessoirement, ils ont lancé une 504 pick-up double-cabine (!) sans les prévenir...
La production ne dure que de 1988 à 1991. A cette date, PSA débute une autre joint-venture, avec DongFeng. Des 505 invendues auraient trainées en concession jusqu'en 1996... Là, Honda a une idée. Le législateur Chinois interdit aux Japonais de créer des joint-ventures. En revanche, il ne dit rien sur le fait de reprendre une joint-venture... Il rachète les parts de Peugeot dans Guangzhou-Peugeot, qui devient Guangzhou-Honda et produit des Accord. Quelques années plus tard, Toyota se fiance à FAW. Néanmoins, même vers 2000, les joint-ventures ne produisent qu'un seul modèle (et souvent, dans une seule motorisation.) Pour pouvoir produire la Camry, il doit se trouver un second allié : GAG. La Camry est un best-seller et GAG commence à exister sur le très touffu marché Chinois.
En 2007, GAG décide de se lancer sous ses propres couleurs. Au salon de Guangzhou (Canton), il dévoile des concept-cars réalisés par le mystérieux Torino Design. Fiat cherche alors un nouveau partenaire. NAC, son allié historique, a mis tous ses moyens techniques et financiers sur la reprise de MG. GAG est approché. La joint-venture tarde à obtenir un feu vert. Par contre, GAG négocie la plateforme et le 2,0l de l'Alfa Romeo 166. En parallèle, il rachète ChangFeng, un constructeur de Pajero sous licence, qui avait un projet de berline. Grâce à tout cela, il peut lancer sa première berline, la Trumpchi (sur base Alfa, donc.) Pour des raisons évidentes, la marque devient "GAC" (Guangzhou Automobile Company) et non plus GAG.
En quelques années, GAC s'offre Gonow et Zhongxing, pour mieux absorber leur savoir-faire. Il se diversifie dans les SUV, investi dans des motorisations et on le voit exposer à Detroit. C'est le troisième constructeur "pur" derrière Haval/Great Wall et Geely, mais devant Byd. Un vrai succès pour une entreprise d'état. Et il est donc, avec SAIC, l'un des champions de Pékin.

Comme d'autres Chinois, GAC songe à l'occident. Une grande offensive se dessine pour 2020 et il vient tâter le terrain à Paris. Son arme, c'est le très luxueux SUV GS8.
Il expose également le monospace GM8. Avec ses captain seat à l'arrière avec écran de TV, c'est le cas typique du déplaçoir pour VIP Chinois. Ca, on en est loin, du Landwind... Là, on a des véhicules modernes et très bien finis. Surtout, GAC a les moyens financiers et industriels pour aller en Europe. Sans oublier un calendrier à long terme. Reste à y faire homologuer ses voitures et à bâtir un réseau. A mon avis, il attendra la seconde vague de véhicules, vers 2020...
Tout ce que j'ai écris, je le savais avant de visiter le stand. Finalement, je n'y ai pas appris grand chose...

Pour le fun, ils exposent aussi ce concept-car futuriste, l'Enverge.

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