Rétromobile 2018 : 4. Youngtimers Magazine

Je vais grouper un peu. Sinon, dans six mois, j'y suis encore ! Nous voici donc sur le stand de Youngtimers Magazine, dont j'ai retenu deux voitures : la Venturi 260 SPC et la Matra Bagheera Courrèges.

J'adore les Venturi et je ne manque pas de photographier celles que je croise. Ici, c'est une 2.80 SPC. Produite en 1991, c'était l'ultime évolution de la 260 avant le passage au pot catalytique.

Venturi est sans doute né trop tôt ou trop tard.
Trop tard, car le projet initial, c'était un coupé à moteur 4 cylindres (celui de la Golf GTI, puis de la 505 Turbo injection.) Dans les années 60-70, ça aurait été possible. Comme Jidé/Scora, Venturi aurait pu vivoter avec une petite dizaine de voitures par an. Claude Poiraud et Gérard Godfroy auraient pu créer un coupé très artisanal, avec un moteur Renault ou Simca... Dans les années 80, les grands constructeurs étaient moins enclins à vendre des éléments à des tiers. Surtout en France. La clientèle voulaient une voiture plus aboutie et les normes imposaient des volumes pour être rentable. Poiraud et Godfroy n'étaient pas des industriels ou même des entrepreneurs, voilà pourquoi ils ont vite été écartés de leur propre projet.
Trop tôt ? Oui, car pour être rentable, Venturi aurait du davantage exporter. Environ un tiers des Venturi furent exportées. Ce qui était pas mal pour un constructeur très franchouillard. Il a manqué au constructeur un importateur passionné, capable de vraiment prendre en main le constructeur dans son pays. Comme aujourd'hui Kazuho Takahashi, ce fou Japonais de Lotus, qui n'hésite pas à perdre de l'argent avec sa danseuse (sa holding Verno Tokai -voitures d'occasion, concessionnaires Honda et immobiliers- équilibre les comptes.) Sur la période 1985-1995, l'Europe, c'était l'Europe des Douze. Et encore, la péninsule Ibérique et la Grèce n'existaient pas, économiquement. Le marché se limitait à l'Allemagne, la Suisse et le Benelux. De mémoire, il n'y a même pas eu de Coupé à conduite à droite. Si le constructeur avait existé plus tard, il aurait pu profiter de l'ouverture de l'Est et de la Méditerranée, sans parler de l'Asie... Après tout, vers 1992-1993, Venturi était proche des volumes d'un Aston Martin ou d'un Lamborghini. Regardez où ils sont aujourd'hui...
A quelques mètres, il y avait une Matra Bagheera Courrèges. Encore une voiture trop Franco-française. C'était l'inconvénient de s'atteler à Simca. Les Britanniques ne connaissent pas du tout Matra. Au même titre que les Français sont passés à côté de Bristol ou que pour nous, l'histoire d'AC s'arrête à la Cobra...

Vu de 2017, les délires de Courrèges semblent un peu kitsch. L'esthétique des années 70, c'était souvent du grand n'importe quoi. Comme toutes les époques, d'ailleurs. Il y a toujours des excès. Je n'ai pas de nostalgie pour telle ou telle période. Moi, j'ai de la nostalgie pour l'ambition que l'on avait autrefois. Car la Matra Bagheera Courrèges, c'était de l'ambition. L'ambition de faire un coupé classe, portant la griffe d'un grand couturier ; une alliance qui dura jusqu'à la Murena et le Rancho. Et on en parle encore plus de 40 ans après.
Alors que l'E-Mehari Courrèges, c'était de l'improvisation. Une alliance opportuniste entre une voiture qui ne se vendait pas et une maison à bout de souffle. Et quatre mois plus tard, on l'a déjà oublié.

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